Ça commence aujourd'hui
Problèmes de sommeil : comment peuvent-ils espérer s'en sortir ?
26 octobre à 13.55
Dormir devrait réparer. Pour eux, la nuit ou même la journée sont devenues un piège. Terreurs nocturnes, somnambulisme, narcolepsie, hypersomnie : ces troubles du sommeil bouleversent les corps, épuisent les vies sociales, fragilisent le travail, les études, les relations, et laissent souvent ceux qui en souffrent face à l’incompréhension.
Depuis l’enfance, Camille enchaîne les nuits agitées : elle parle en dormant, hurle, se lève, déambule, hallucine et vit aussi des terreurs nocturnes qui la laissent épuisée au réveil. Certaines crises l’ont menée dans des situations aussi inquiétantes que dangereuses, entre gestes violents, fugues nocturnes et scènes surréalistes dignes d’un film d’horreur. À 23 ans, elle vit avec la peur de ce que son corps peut faire pendant qu’elle dort. Le plus dur, dit-elle, c’est cette fatigue permanente qui lui donne l’impression de passer à côté de sa jeunesse.
Depuis toujours, Lionel redoute le moment d’aller se coucher, car la nuit est pour lui un véritable champ de bataille. Ses terreurs nocturnes déclenchent des scènes de panique extrême où il hurle, suffoque, appelle au secours et croit littéralement mourir. À bientôt 50 ans, il vit ce calvaire seul, sans solution efficace malgré des années de consultations et d’examens. Son immense détresse vient aussi de là : les terreurs nocturnes chez l’adulte sont rares, peu connues, et il a le sentiment d’être prisonnier d’un trouble que personne ne comprend vraiment.
Pendant des années, Soheila a cru qu’elle était simplement “anormale”, paresseuse ou incomprise, alors qu’elle souffrait d’une narcolepsie avec cataplexie. Depuis l’enfance, le sommeil la rattrape partout : en cours, en examen, au travail, jusqu’à bouleverser complètement sa scolarité, sa vie sociale et son rapport à elle-même. À cela s’ajoutent les cataplexies, ces moments où son corps lâche brutalement sans qu’elle perde conscience. Aujourd’hui encore, malgré le diagnostic, les traitements et la reconnaissance du handicap, elle doit apprendre à vivre avec une maladie invisible qui lui vole une partie de sa vie éveillée.
Erine dormait tellement qu’elle pensait d’abord que tout le monde vivait comme ça. En réalité, elle souffre d’une hypersomnie idiopathique qui la pousse à dormir jusqu’à 18 heures par jour, au point de rater ses cours, s’isoler socialement et même provoquer un accident de voiture. Le diagnostic a enfin mis un nom sur cette fatigue écrasante qui lui dévorait l’existence en silence. Si un traitement lui a permis un temps de retrouver une vie presque normale, ses effets secondaires l’obligent aujourd’hui à revoir encore une fois tous ses projets.
Durée : 01:09 heure(s)