Anaon
NOTE D'INTENTION DE DAVID HOURREGUE, LE REALISATEUR

David Hourrègue rêve de cinéma depuis son plus jeune âge. Autodidacte, il finance lui-même ses premiers courts-métrages puis se dirige vers Paris pour poursuivre et développer sa carrière.
En 2015, il réalise la série CUT sur l’île de La Réunion. Il va apprendre à y produire de la qualité sur une durée de temps réduite. Il enchaîne en 2017 sur une adaptation de la série norvégienne SKAM avec SKAM FRANCE, première série France.tv Slash.
La série réalise un triomphe.
France Télévisions lui propose alors de superviser une série adaptée du roman d'Emile Zola GERMINAL, qui rassemble près de 5 millions de téléspectateurs. Il enchaîne avec alors RIVAGES en 2023, série fantastique qui rencontre également son public en battant des records sur la plateforme france.tv.
Avec ANAON, il poursuit dans le fantastique en embrassant des thématiques qui lui sont particulièrement chères.
ANAON fait partie de ces rendez-incontournables dans une carrière : une série fantastique bien écrite qui s'assume, dans le paysage audiovisuel français, c'est rare et forcement excitant créativement. Rajoutez à cela des producteurs exigeants, précis et passionnés, Alexandre BOYER et Antoine SZYMALKA de Tetra Media Fiction et un Auteur/créateur talentueux, Bastien DARTOIS aussi désireux de voir naitre son univers que de voir d'autres sensibilités et visions venir l'enrichir, je ne pouvais que me plonger à corps perdu dans cette aventure. Avec ces trois formidables rencontres, j'avais la conviction que malgré les contraintes d'un budget serré, je disposerai de toute la confiance et du soutien indispensable pour que le projet puisse trouver une identité forte. Et chaque jour depuis m'a conforté dans cette idée. A bien des égards, j'ai vécu avec le tournage de cette série la meilleure expérience de ma carrière.
Comme Wendie, j'ai connu très jeune la disparition d'un de mes parents. J'ai vécu les jours d'après, les difficultés à se reconnecter au parent restant, cette violente envie de m'envoler loin pour mieux fuir ma douleur, sans en avoir le pouvoir. Et j'ai accueilli cette tendresse qui finit par tout guérir, ces fous rires improbables mais salvateurs. Je me suis efforcé d'insuffler dans ANAON, au-delà de l'exercice du genre que j'adore, cette résonance personnelle. Réaliser ANAON exigeait également de déployer la grammaire de nos cauchemars les plus enfantins. Tout comme les personnages, le public ne doit jamais remettre en question la réalité de ce qu'il observe. J'y retrouve l'ADN même de mon métier, faire croire à ce qui se déroule d'autant plus quand c'est terrifiant ou extraordinaire. Pouvoir solder mon héritage au cinéma d'Amblin fut un exercice particulièrement réjouissant.
Pour que la magie opère, il fallait enfin une équipe qui excelle et des comédien-ne-s pleinement investis qui acceptent à leur tour d'y croire totalement. Retrouver Guillaume Labbé après Rivages était une évidence. Trouver en Capucine Malarre la Wendie de mes rêves fut une bénédiction. Sans compter toute la merveilleuse troupe d'interprètes qui les entoure. Chaque jour de tournage sur ANAON fut une expérience merveilleuse et je le dois aussi grandement à leur talent et à leur confiance.
Enfin, j'avoue une ambition secrète. Il y a peu, j'intervenais dans des collèges autour de Germinal et j'étais choqué par cette impression partagée que plus rien d'inattendu ne pouvait survenir. En enfant cinéphile des années 80, j'ai grandi dans une ère où Spielberg réussissait à nous faire croire qu'un enfant pouvait cacher dans sa chambre un extraterrestre. J'aimerais qu'ANAON, à son niveau, puisse raviver l'envie de croire que le monde ne s'arrête pas aux frontières délimitées par un smartphone. Retrouver et défendre l'idée même de merveilleux, faire reculer de quelques pas le cynisme ambiant et amener un ado à regarder les épaisses forêts bretonnes en se disant « Et si ?... ». Si la réussite est visée mais toujours incertaine, cet espoir et cette superbe histoire à raconter en furent le meilleur terreau.
David Hourrègue