Explications du réalisateur et auteur, de son coauteur géologue et du producteur

Arnaud Guérin : « La France est la première destination touristique au monde grâce à son histoire naturelle. Quand vous regardez un paysage, vous regardez aussi une architecture qui est liée à la nature des sols et des roches. Quand vous regardez les produits du terroir qui font la richesse et la renommée de notre territoire, c’est l’expression de la nature du sol avec le génie humain qui a développé des savoir-faire. »


Michael Pitiot : « On a trouvé un terrain entre ce que la science dure impose et ce que je dois moi traduire, avec intelligence, pour le public dans des plans spectaculaires. Je voulais réaliser un documentaire qui allie connaissance et entertainment. »


Thibaut Camurat : « Les moyens techniques de ce projet sont à la mesure de son ambition : 22 graphistes ont œuvré durant six mois pour produire plus de 25 000 images donnant naissance à 76 plans truqués plus vrais que nature. Grâce à eux, les frontières du temps sont abolies. »

Comment est née l’idée de ce projet ?
Michael Pitiot :
L’histoire de ce voyage en France est une idée venue d'Arnaud. Il a eu envie en tant que géologue de raconter ce que lui voit en permanence et ce que les néophytes ne voient pas.  Comme s’il y avait une catégorie d’humains qui, lorsque on leur montre la tour Eiffel, ne peuvent pas s’empêcher de dire qu’il y a très longtemps, il y avait ici une lagune aux eaux chaudes et peu profondes… Je me suis dit, si j’avais les « lunettes Arnaud Guérin », je verrais comme lui. Et ç’a été le point de départ du film. 
 

Que vouliez-vous démontrer  à travers ce film ?
Michael Pitiot :
La France, les Français, nous sommes héritiers d’une histoire naturelle immense dont on ne peut se détacher. On ne peut pas dire que ce n’est que le fait de 150 ans d’histoire industrielle et scientifique. Ce n’est pas vrai. C’est le cadeau de la Terre à toute une nation.

Arnaud Guérin : La France est la première destination touristique au monde grâce à son histoire naturelle. Quand vous regardez un paysage, vous regardez aussi une architecture qui est liée à la nature des sols et des roches. Quand vous regardez les produits du terroir qui font la richesse et la renommée de notre territoire, c’est l’expression de la nature du sol avec le génie humain qui a développé des savoir-faire. Regardez un plateau de fromage, c’est de la géologie. Regardez une carte des vins en France, c’est de la géologie.

Thibaut Camurat : L’homme habite sur cette planète depuis très peu de temps à l’échelle géologique. Dans l’histoire naturelle de la Terre, on arrive – pour faire une analogie sportive – dans le temps additionnel, à la toute dernière minute du match, pour ne pas dire à la dernière seconde. Et donc, avec ce film, on prend conscience que l’homme est tout petit par rapport à la grande histoire de la planète. Ce film met en perspective la place de l’homme par rapport à la grande histoire naturelle.
 

Comment avez-vous construit le film ensemble ?
Comment s’est passé le travail collaboratif ?
Michael Pitiot :
Ça m’intéresse de savoir que tout ce qu’on met dans ce film vient de l’état actuel de la science. On n’est pas dans un imaginaire pseudo scientifique. Toute l’histoire que je raconte est fondée sur les connaissances d’Arnaud Guérin. Parfois, mes idées dépassaient les limites de ce que la science disait, de sa rigueur. On a donc trouvé un terrain entre ce que la science dure impose et ce que je dois moi traduire, avec intelligence, pour le public dans des plans spectaculaires. Je voulais réaliser un documentaire qui allie connaissance et entertainment. 

Arnaud Guérin : Ce film a été à l’origine de beaucoup de débats entre Michael Pitiot et moi. Entre la science pure et sa vision d’artiste qui est une vision d’évocation. Mais chacun avait l’intelligence globale du projet et on a toujours trouvé des solutions qui allient la science et le cinéma.
 

Parlez-nous des effets spéciaux…
Thibaut Camurat
 : Les effets spéciaux sont une des grandes promesses de ce film. L’idée était de créer des plans inédits où le présent et le passé se rencontrent. Nous avons eu recours à des techniques du cinéma comme la modélisation en trois dimensions et le matte painting, qui consiste à superposer des plans tournés dans des décors différents. Cela permet de créer des plans anachroniques comme Chambord dans un lagon ou les Champs-Élysées dans la mangrove. Les moyens techniques de ce projet sont à la mesure de son ambition : 22 graphistes ont œuvré durant six mois pour produire plus de 25 000 images donnant naissance à 76 plans truqués plus vrais que nature. Grâce à eux, les frontières du temps sont abolies. 

Au fil des réunions avec Arnaud Guérin et Michael Pitiot, j’ai compris qu’on allait pouvoir produire ce film en tournant le passé lointain de la France dans des décors naturels qui existent encore sur la planète. C’était essentiel pour garder la dimension documentaire du film. On a par exemple tourné le passé de la Bretagne en Nouvelle-Zélande, le passé corallien des pays de la Loire sur la Grande Barrière de corail au nord de l'Australie. Quant aux périodes glaciaires de la France, elles ont été tournées en Islande. Ça a été une démarche systématique que de trouver à l’appui de la science des lieux qui sont aujourd’hui ce qu’était la France il y a des millions d’années. 

Laurence de Faria
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