Communiqué de presse

Interview de Pip Hare

Vendée Globe, Seuls autour du monde
Dès le vendredi 23 octobre sur france.tv et mardi 10 novembre à 21.10 sur France 2

Pip Hare, skippeuse britannique ayant participé au Vendée Globe et à la série documentaire Vendée Globe, Seuls autour du monde revient sur son expérience générale de skippeuse, et précisément au Vendée Globe 2024.


 

Questions réponses : 

Comment vivez-vous généralement la transition entre la vie sociale et la solitude en mer ?

C’est une transition brutale, mais j’adore partir en mer. Il y a une immense différence entre se sentir seul et être seul puisqu’on choisit de l'être. C’est un choix que je fais car je sais combien c'est captivant de mener seule un bateau aussi puissant qu’un IMOCA. 

Le retour après la course est toujours assez difficile : il y a tellement de bruit et de gens qui sollicitent votre attention. C’est ça, le plus dur.

Pourriez-vous décrire l'évolution entre votre découverte de la voile et votre départ pour le Vendée Globe ?

J’ai découvert la voile à 16-17 ans, et ai voulu en faire mon métier. J’habitais dans le centre du Royaume-Uni, trop loin de la mer et sans aucune opportunité de naviguer près de chez moi. 
J’ai donc déménagé dans le sud de l’Angleterre où j’ai décroché un apprentissage dans une école de voile, puis mon brevet de skipper.

J’ai pu me professionnaliser ensuite, partout dans le monde avec une équipe. Avant monter ma propre équipe, en solitaire.

J’ai commencé à courir pour mon propre compte à l’âge de 35 ans. Je me suis installée en France, je m'entraînais en Classe Mini et participais à deux Mini Transat. Pendant un temps, j’ai couru en double en Class40 sur les bateaux d’autres marins, puis je suis arrivée sur le Vendée Globe.

Comment prend-on conscience que la navigation en solitaire va devenir une partie intégrante de sa vie ?

Je le savais, c’est tout. 

Comment est ce qu’on concilie sa vie personnelle autour de cette profession ?

C’est difficile, et je pense que c’est encore plus dur pour les femmes. 

A la suite de mon divorce, j’ai appris à vivre différemment : je suis devenue indépendante et je peux compter sur des amitiés incroyables qui me soutiennent.

Qu’est-ce qui vous traverse l’esprit quand vous passez trois mois seule sur un bateau ?

Tout et rien à la fois. On est occupé à penser en permanence au bateau et à la course.

Quand on a un moment à soi, seule sur le pont, sous un tapis d’étoiles, j'aime que la nuit soit si noire qu’on ne distingue plus le ciel de la mer… alors on réalise la magnificence d'être en vie et d'accomplir ce que l'on fait. 

On vous a vue démâter et abandonner la course. Que se passe-t-il entre ce moment-là et votre retour à terre ?

C’était tellement dur à accepter. Sur le plan pratique, ce n’était pas le plus difficile : j’ai coupé les haubans pour me libérer, monté un mât de fortune, puis il a fallu faire route vers la côte.

Le plus difficile, c’était la dimension mentale, puisqu’une fois tirée d’affaire, j’ai traversé un trou noir pendant 24 heures où je ne voulais parler à personne, à pleurer et à me haïr, rongée par la culpabilité et la honte. 

Mais après une journée pareille, j’ai compris qu’il fallait me reprendre en main et ne pas rester dans cet état. 

J'ai eu la chance d'être soutenue par les foules qui avaient pu me suivre sur ma chaîne YouTube « The Slow Boat to Melbourne », qui sont venues m'accueillir et m’aider. 

C’était extraordinaire.

Retrouvez le dossier de presse du documentaire ici. 

Propos recueillis par Yolan Lamétrie.