Communiqué de presse du 03/11/2026

Malraux, la poésie de l’action

La case du siècle
Dimanche 22 novembre à 22.50 sur France 5 et sur france.tv

La France commémore cette année le cinquantenaire de la disparition d’André Malraux, le 23 novembre 1976, et le trentième anniversaire de son entrée au Panthéon. France Télévisions accompagne la commémoration de cette grande figure intellectuelle et républicaine dont la voix, la vie, l’œuvre singulières et l’empreinte immense se redécouvrent dans le documentaire inédit André Malraux, la poésie de l’action, réalisé par Alix Maurin, proposé sur france.tv et sur France 5 dans La case du siècle.

Ce documentaire tout en archives raconte la construction politique et intellectuelle
d'un jeune autodidacte qui a su s’inventer un destin.
Un itinéraire tout sauf rectiligne. D’une tentative de vol de statues au Cambodge
vont naître une conscience et un engagement politique. A un combat antifasciste
de premier plan dans l’entre-deux guerres succède après 1945 un engagement
sans failles et jusqu’au-boutiste aux côtés de De Gaulle.
Dans le récit de cette trajectoire en apparence contradictoire mais à la cohérence
intime, c’est un Malraux aussi ambivalent qu'attachant qui se révèle. Voleur,
affabulateur, mégalomane, l’homme n’en a pas moins pris le risque de faire des
choix tout au long de sa vie. Et il a toujours eu le courage de ses opinions, n’hésitant
pas à mettre sa vie en jeu pour défendre ses convictions.
Mais son engagement ne se limite pas à l’action. L’écrivain n’est jamais loin, pour
qui les mots sont là pour transcender la réalité et qui veut se faire le mémorialiste
de son temps. C’est ainsi, à travers photos, images cinématographiques et
audiovisuelles, mais aussi à partir d'extraits d’entretiens, de carnets de notes et de
correspondances d’André Malraux que le film dessine le portrait de cet homme
complexe, tout à la fois acteur et prosateur du XXe siècle.

Note d'intention

C’est le Malraux d’après 1958 qui s’est imposée dans la mémoire collective : un
homme vieillissant, auteur d’un discours a priori mémorable, mais tellement imité
avec force trémolo dans la voix qu’il en est presque devenu caricatural.
Difficile dès lors de comprendre comment cet homme a pu être le modèle de
l’intellectuel engagé qui a entraîné des générations entières de jeunes gens sur le
chemin de leurs choix politiques. En découvrant le jeune homme, nous avons mieux
compris, et autant le dire, un peu ressenti, l’admiration qu’il a pu susciter, avec toute
la distance évidemment que nous ont donné le temps passé et les nombreux
travaux biographiques qui se sont penchés sur le cas Malraux. Comment en effet ne
pas être fasciné par son audace, sa culture, sa liberté d’esprit ? Et, alors
qu’aujourd’hui l’action politique ne semble être guidée que par un pragmatisme
érigé en valeur cardinale, où les mythes comme les utopies sont devenus des gros
mots, comment ne pas être impressionné par son choix de l’engagement, physique
autant qu’intellectuel, guidé par le refus de se satisfaire du monde tel qu’il existe ?
Il nous a paru que Malraux méritait d’être redécouvert, dans un portrait nuancé, où
il ne serait ni héros, ni traître, mais un homme, avec ses failles et ses faiblesses, qui
s’est frotté au réel, bien conscient du péril qu’il y avait à venir dans l’arène et
l’assumant. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de nous attarder plus
particulièrement sur la période d’avant 1945, la plus romanesque.
La période de sa jeunesse est primordiale, années de construction dans ce contexte
si particulier de l’après Première Guerre mondiale, entre dérision et tragédie, où se
forge son imaginaire d’adolescent puis de jeune adulte et où s’élabore le moteur
de ses engagements. Le Cambodge est une révélation. Passionné d’art, mais parti
pour se refaire une santé financière en dérobant des statues khmères, il découvre la
situation coloniale et s’élève contre l’oppression. Il devient ensuite un des leaders
intellectuels de l’antifascisme en France, puis un combattant sincère aux côtés des
républicains pendant la guerre d’Espagne. Le second conflit mondial est évidemment un tournant, qui scelle sa rupture avec le Parti communiste et le conduit à une relation dévouée à De Gaulle.
Dans les ponts tracés entre ces différentes époques, nous voulons faire ressentir
l’énergie et le charisme décrits par ceux qui ont croisé sa route en ressuscitant
notamment ces talents de tribun qui l’ont propulsé au-devant de la scène et dont
les traces avant 1958 ont malheureusement disparu. Mais il nous importe aussi de
montrer, à travers ses carnets de notes, que l’écrivain n’est jamais loin de l’homme
d’action, l’observateur de l’homme engagé.
Ce portrait, nous le voulons aussi irrévérencieux que Malraux pouvait parfois l’être
lui-même. Car on risquerait de passer à côté du personnage si on ne faisait pas
connaître, en plus de sa profondeur et sa sincérité, sa fantaisie, derrière les masques
parfois austères qu’il a arborés. Des extraits d’entretiens avec André Malraux,
soigneusement choisis, nous montrent toute cette palette. Mais nous n’hésiterons
pas à le contredire, à pointer ses mensonges, à souligner sa vanité. Et dresser ainsi
la figure complexe d’un homme qui a généreusement partagé sa « poésie de
l’action » autant par ses actes que par ses œuvres, et même, ses arrangements avec
la vérité.

Biographies

Alix Maurin, Auteure-réalisatrice
Alix Maurin est auteure et réalisatrice.
Historienne de formation et diplômée en sciences politiques, elle a collaboré à
une vingtaine de films documentaires avant de passer à la réalisation. Les
thématiques historiques, notamment l’histoire sociale, et la question de la
mémoire l’intéressent tout particulièrement. Parmi ses réalisations, Gueules noires,
Coeurs verts (France 3 AURA, Elda Productions), une histoire croisée des Verts de
Saint-Etienne avec celle des ouvriers et des mineurs de la région, Grock, ombres et
lumières d’un clown de légende (ARTE GEIE, Screenshot Productions) ou La vallée,
la chimie et les hommes, sur l‘histoire d’un territoire industriel au sud de Lyon
(France 3 AURA, Elda Productions). Elle a également co-réalisé Mendès la France
avec Yves Jeuland (France 5, Zadig Productions).

Vivien Meltz, auteur
Vivien Meltz est auteur, réalisateur et script-doctor de films documentaires.
Il a récemment co-réalisé Groënland l’Eldorado des glaces (Arte GEIE, Temps Noir)
avec Jean-Yves Cauchard.
Auparavant, il a été producteur au sein de la société Hauteville Productions (de
2017 à 2023). Il y a accompagné des projets éclectiques, principalement dans le
domaine de l’histoire et de la science, notamment Le Village de Bamboula (Y. de
Montgrand & F.Tchernia, France 3 Pays-de-la-Loire et France 2) ; Des Femmes au
service du Reich (C.Ratiney, ARTE) ; Le Blob, un génie sans cerveau (J. Mitsch,
ARTE) ou Le génie des arbres (E. Nobécourt, France 5).
Dans une précédente vie, il a aussi été assistant-réalisateur auprès de Claude
Ventura (Les Garçons de Rollin, France 3 ; Fitzgerald/Hemingway - Une question de
taille, France 5).

Documentaire
64 minutes inédit

Écrit par 
Vivien Meltz et Alix Maurin

Réalisé par
Alix Maurin

Raconté par
Elissa Alloula de la Comédie Française

Documentaliste
Marie-Hélène Barbéris

Graphisme
Yoann Crez

Musique originale
Guillaume Le Hénaff

Produit par 
Emmanuel François

Une production 
Brotherfilms

Avec la participation de
France Télévisions,
du CNC,
de TV5 Monde,
du Ministère des Armées et des Anciens Combattants, secrétariat général pour l'administration. Direction de la mémoire, de la culture et des archives.
Année 2025.


Direction éditoriale du pôle Savoirs de France Télévisions
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