Le pôle Outre-mer de France Télévisions dévoile le palmarès de la 8e édition du Fifac
Du 6 au 10 octobre 2026, Saint-Laurent du Maroni a vécu au rythme de la 8e édition du FIFAC, le Festival international du Film documentaire Amazonie-Caraïbes. Cinq jours durant, le festival a réuni des films venus de toute la région, du Pérou à Haïti, en passant par Cuba, l’Équateur et la Guyane. Mémoire des peuples autochtones, histoires de migrations, violences intimes et collectives, menaces sur l’environnement, jeunesse et création... les documentaires programmés ont donné à voir des réalités souvent invisibles, dans leur diversité de langues et de regards. À l’issue de la cérémonie de clôture, tenue ce samedi 10 octobre au Camp de la Transportation, les différents jurys et le public ont rendu leur verdict.
♦ GRAND PRIX FIFAC – FRANCE TÉLÉVISIONS
Longs-métrages en compétition
Uyariy
Après les troubles sociaux au Pérou et le massacre du 9 janvier 2023 à Juliaca, des artistes des Andes péruviennes nous font découvrir, à travers leur musique, la région de Puno et son histoire — une terre historiquement ravagée par la répression et les soulèvements autochtones.
Un film de Javier Corcuera • Production Quechua Films • 90 min • 2025 • Pérou, Espagne
♦ MENTIONS SPÉCIALES DU JURY
Longs-métrages en compétition
Double citoyen
Un documentaire à la fois drôle et touchant sur la tentative, quelque peu réticente, d’un père d’aider sa fille à retrouver sa citoyenneté haïtienne — quitte à rouvrir un passé qu’il pensait avoir laissé derrière lui. La réalisatrice Rachelle Salnave entreprend un voyage profondément personnel avec son père, Édouard Salnave, afin de mettre à l’épreuve l’amendement de 2012 de la Constitution haïtienne autorisant la double nationalité. Mais la démarche s’avère loin d’être simple.
Un film de Rachelle Salnave • 75 min • 2025 • États-Unis, Haïti
Résurgence
J’avais à peine 10 ans lorsque j’ai vu mon père, aujourd’hui décédé, agresser ma mère. Au fil du temps, cet événement est devenu un sujet tabou au sein de ma famille. Après avoir passé trois ans à étudier à Cuba, je retourne auprès de ma mère avec l’envie de briser ce silence interdit et de sortir de l’oubli le nom d’un homme à la fois admiré et haï. Il en ressort une histoire familiale qui se dévoile à travers un dialogue intime entre un fils et sa mère sur la violence des hommes — celle de mon père, celle d’une société —, et sur la violence que je crains de trouver également en moi-même.
Un film de Feguenson Hermogène • Production Sanosi Productions, Fastforward, France Télévisions • 50 min • 2026 • Haïti, France
♦ PRIX DEMAIN DU PÔLE OUTRE-MER DE FRANCE TÉLÉVISIONS
Quand l’or devient poison
En Guyane française, sur les rives du fleuve Maroni, les Amérindiens wayana voient leur mode de vie ancestral menacé par la prolifération de l’orpaillage illégal. Malgré les opérations militaires et les engagements de l’État, les « garimpeiros », orpailleurs clandestins, continuent d’exploiter l’or dans la forêt amazonienne, sur les rives du fleuve Maroni, contaminant les eaux au mercure et détruisant l’environnement.
Ce documentaire propose une immersion dans ce territoire reculé à travers le regard de Michel Aloïké, chef coutumier du village de Taluen. Nous suivons la vie quotidienne des habitants, les opérations des forces armées, les analyses des scientifiques, les réunions diplomatiques et les combats juridiques engagés contre l’État français.
Un film de Franck Chassagnon • Production 5° Nord Productions, AVM, Canal+ • 52 min • 2026 • France
♦ MENTION SPÉCIALE DU JURY DU PRIX DEMAIN
El Río de los Espíritus
À bord d’un canoë solaire, Luciano parcourt le territoire de son peuple dans l’Amazonie équatorienne. Son territoire est menacé par une « route fantôme » et les divisions qu’elle engendre. Face à cette situation, Luciano rêve et navigue, invoquant les esprits de la rivière, et va à la rencontre de son peuple pour lui proposer de nouvelles formes de résistance.
Un film du Colectivo Tawna (Sani Montahuano, Boloh Miranda) et Nase Lino Sumpinanch • 60 min • 2025 • Équateur
♦ PRIX DU MEILLEUR COURT-MÉTRAGE
Nan Ginen
Une famille cubaine d’origine haïtienne rend hommage à la déesse Erzulie, mettant ainsi en lumière les souvenirs enfouis et l’histoire tragique des travailleurs migrants haïtiens au milieu des ruines de l’industrie sucrière cubaine.
Un film de Feguenson Hermogène • Produit par Berline Charles • 22 min • 2025 • Cuba, Haïti
♦ PRIX DU JURY LYCÉEN
Longs-métrages en compétition
Résurgence
J’avais à peine 10 ans lorsque j’ai vu mon père, aujourd’hui décédé, agresser ma mère. Au fil du temps, cet événement est devenu un sujet tabou au sein de ma famille. Après avoir passé trois ans à étudier à Cuba, je retourne auprès de ma mère avec l’envie de briser ce silence interdit et de sortir de l’oubli le nom d’un homme à la fois admiré et haï. Il en ressort une histoire familiale qui se dévoile à travers un dialogue intime entre un fils et sa mère sur la violence des hommes — celle de mon père, celle d’une société —, et sur la violence que je crains de trouver également en moi-même.
Un film de Feguenson Hermogène • Production Sanosi Productions, Fastforward, France Télévisions • 50 min • 2026 • Haïti, France
♦ PRIX DU PUBLIC
Jeunes sans limite, de la Guyane à l’Opéra de Paris
À Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, Samuel Fania accompagne des jeunes issus de quartiers défavorisés à travers sa compagnie, Jeunes Sans Limites. Avec la danse, il leur offre un cadre où grandir et s’épanouir. Lorsque l’Académie de l’Opéra national de Paris les invite à créer un spectacle à l’Opéra Bastille, deux mondes que tout semblait opposer se rencontrent. Le film raconte ce corps à corps entre la Guyane et Paris à travers la danse. De part et d’autre de l’océan, les corps trouvent dans la danse un langage commun qui interroge l’Histoire, l’héritage et les frontières.
Un film de José Ramirez Romero et Jules Bonnel • Production Les Films du Sillage & Opéra national de Paris, France Télévisions • 52 min • 2026 • France
Le Fifac (Festival international du Film documentaire Amazonie-Caraïbes) s’inscrit dans la politique de soutien de France Télévisions aux festivals documentaires en Outre-mer, dans la continuité du Fifo (Festival international du Film documentaire océanien) qui se tient en Polynésie depuis 2004, et du Fifoi (Festival international du Film de l’océan Indien) à La Réunion depuis 2024. Avec l’ambition de valoriser la création documentaire de la région et de dynamiser les filières de production locales, le Fifac s’inscrit comme un rendez-vous professionnel incontournable, qui contribue au rayonnement et à la promotion des programmes de l’Amazonie et de la Caraïbe.