Une histoire d’amour, il ne faudrait jamais pouvoir l’oublier…
Il était une fois une histoire d’amour entre Jeanne et Arthur. Une histoire parfaite. Parfaite jusqu’à ce que Jeanne demande à Arthur d’aller acheter du lait et un timbre. C’était pourtant simple à retenir.
Dans l’intimité feutrée de son univers aux tons poudrés, Oublie-moi déploie d’abord les codes rassurants d’une romance contemporaine. Arthur, séducteur maladroit mais attachant, a su charmer Jeanne qui cultive avec malice une tendre résistance. Ces deux êtres dessinent ensemble une harmonie parfaite, comme les fragments complémentaires d’un même tout.
Puis, insidieusement, de subtiles failles lézardent cette perfection : Arthur s’égare dans l’insignifiant, la mémoire lui échappe par bribes… Alzheimer s’infiltre dans leur existence et ébranle l’édifice amoureux. Puisant son inspiration dans In Other Words de Matthew Seager, l’œuvre devient alors un raz-de-marée émotionnel : tandis que la pathologie engloutit progressivement les protagonistes, elle emporte aussi les spectateurs dans son sillage dévastateur.
Loin de tout sentimentalisme facile, cette chorégraphie à deux voix trouve sa justesse dans l’interprétation subtile de Marie-Julie Baup et Thierry Lopez. À chaque seconde, ils maintiennent l’équilibre fragile d’un amour qui résiste, malgré l’inexorable.