« Découvrir la maison de ces artistes ou de ces légendes est une invitation, une rencontre, un voyage. Nous allons entrer dans leur intimité de femme ou d’homme, revenir à la source de leurs créations, et partager avec eux quelques moments de leur vie. »
« Je veux faire ce que je veux. Je veux jouer la pantomime, même la comédie. Je veux danser nue, si le maillot me gêne et humilie ma plastique. (…) Je veux sourire à tous les visages aimables, et m’écarter des gens laids... Je veux chérir qui m’aime et lui donner tout ce qui est à moi dans le monde : mon corps rebelle au partage, mon cœur si doux et ma liberté ! »
Les vrilles de la vigne
Colette est certainement l'écrivaine la plus photographiée et la plus effrontée du XXᵉ siècle ! Malgré l'époque, malgré son sexe. Colette s'invente une vie sans souci des convenances. La soixantaine de livres et les quelque 2 000 articles de presse qu'elle laisse derrière elle sont l'écho de sa liberté de ton. Mais par où commencer pour raconter une telle vie ?
Par la maison d'enfance de Gabrielle Sidonie Colette qui se trouve à Saint-Sauveur-en-Puisaye, village bourguignon de quelques centaines d'âmes.
Pour Colette ce n'est pas un simple décor, c’est la terre nourricière où elle apprend à dévorer le monde par les sens, à braver les codes et les interdits.
Colette dort dans la plus petite chambre de la maison, au-dessus des écuries. Impossible d’y accéder sans traverser la chambre des parents. Une bonne façon pour Sido de garder un œil sur sa petite dernière. Colette, le nez collé à l’unique fenêtre de sa tanière, observe souvent son jardin d’en face, mais les deux autres autour de la maison forment son terrain de jeu. Lieu d'éveil des sens, de l'imaginaire, du rapport au vivant. Les racines de Colette puisent là, dans cette terre argileuse.
« J'aimais tant l'aube, déjà, que ma mère me l'accordait en récompense. J'obtenais qu'elle m'éveillât à trois heures et demie, et je m'en allais, un panier vide à chaque bras. C’est sur ce chemin, c’est à cette heure que je prenais conscience d’un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier souffle, le premier oiseau, le premier soleil... » Je revenais à la cloche de la première messe. Mais pas avant d'avoir mangé mon saoul, pas avant d'avoir, dans les bois, décrit un grand circuit de chien qui chasse seul, et goûté l'eau de deux sources perdues, que je révérais. »
Avec la voix d'Agnès Jaoui pour les citations de Colette
Et avec la participation de :
Frédéric Maget, directeur de la maison de Colette
Cléo Sénia, coautrice et interprète du spectacle Music-hall Colette
Cindy Bourand, guide conférencière à la maison de Colette
Samia Bordji, responsable du centre d’études Colette