Le 8 mars 2024, la France inscrit dans sa constitution la liberté des femmes à avorter. Notre pays serait devenu l’exemple à suivre en ce qui concerne les femmes à disposer de leur corps ?
Alors, pourquoi, en 12 ans, le nombre de centres IVG a-t-il baissé de 40% ? Et pourquoi, en ville, seulement 3% de généralistes et de gynécologues réalisent des IVG ? Pourquoi se sent-on toujours honteuse, fautive, alors que 72% des femmes qui avortent sont sous contraception ? Et pourquoi nous a-t-il fallu un film pour que nos amis, nos mères même nous parlent de leur IVG ?
Nous avons enquêté, écouté et suivi, celles et ceux qui, tous les jours, s’engagent et œuvrent pour maintenir l’accès à l’IVG sur notre territoire. Nous avons écouté les militantes historiques du MLAC (Mouvement de Libération pour l’Avortement et la Contraception), celles qui aux côtés de Simoine Veil, ont rendu possible la légalisation de l’avortement en 1974. Et puis, nous avons écouté celles qui ont avorté au cours de leur vie. Pas difficile de les trouver, une femme sur trois avortera au cours de sa vie en France.
Accès inégal et manque de moyens, double clause de conscience brandi par les médecins pour refuser de pratiquer l’IVG, en particulier après 12 semaines de grossesse, méthode médicamenteuse de plus en plus imposée aux femmes, les laissant avorter seules, chez elles, par voie basse : 50 ans après la loi Veil, l’IVG reste toujours un soin médical à part. Un droit où s’impose le plus souvent la loi du silence. Où est donc la parole de celles qui ne regrettent pas, mais qui vivent dans leur corps et dans leurs émotions, une expérience rendue d’autant plus difficile par la culpabilité et la honte ?
Il est temps pour les militantes historiques des années 70 de passer le flambeau à leurs petites-filles militantes d’aujourd’hui. “IVG : Histoire(s) de combattantes” est un film d’enquête - incarné, engagé - qui mêle l’intime et le politique pour démasquer les barrières encore bien présentes en France en 2024 pour avoir accès à l’IVG, sans délai, sans jugement et sans douleur. Le combat contre le pouvoir médical vertical et le patriarcat continue.
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