Musiques d'Outre-mer : entre héritage et ambition internationale
Dans un monde où les musiques voyagent sans frontières, la scène ultramarine, foisonnante et singulière, reste trop souvent méconnue au-delà de ses rivages.
Du shatta caribéen au debaa des femmes soufies de Mayotte, en passant par le gwoka, le bèlè, le maloya ou le kaneka calédonien, les musiques ultramarines dessinent un paysage sonore d'une richesse exceptionnelle. Chaque territoire y apparaît comme un laboratoire de fusion, où traditions et influences contemporaines — reggae, rap, musiques électroniques — se mêlent en une identité vivante, marquée par l'empreinte d'une histoire complexe.
Pourtant, derrière cette vitalité, les fragilités sont profondes. Si la musique est la pratique culturelle la plus partagée en Outre-mer, elle évolue dans un écosystème quasi inexistant. Absence de conservatoires, de filières professionnelles structurées, de bureaux de production, de salles de répétition. Les artistes manquent d'espaces pour travailler, de compétences locales pour les accompagner et de relais dans l'Hexagone, où les programmateurs restent peu curieux des scènes ultramarines. Un paradoxe saisissant, illustré par l'ouverture en 2025 du conservatoire de Martinique, alors que le projet germe depuis les années 1980.
Même constat quand il s'agit pour un artiste de trouver une maison de disques. Très peu de labels sont implantés dans les territoires, et en dehors des périodes de festivals, ces derniers ne se déplacent que très rarement pour aller chercher de nouveaux talents.
À ces obstacles s'ajoute une question fondamentale, celle du respect des droits en tant qu'auteur. Les sociétés de défense des artistes, telles que la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) ou la Spedidam (Société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes de la musique et de la danse), disposent d'une présence limitée dans ces territoires. L'obstacle n'est pas simplement géographique, il est aussi financier, les frais de déplacement vers l'Hexagone étant entièrement à la charge de l'artiste.
Dès lors, quelles sont les conditions d'émergence et de reconnaissance des musiques ultramarines sur la scène mondiale ?
Kassav', groupe emblématique et pionnier de l'internationalisation du zouk, a prouvé qu'une musique née en Outre-mer pouvait conquérir le monde. Son héritage peut-il aujourd'hui servir de tremplin et d'inspiration pour une nouvelle génération d'artistes ultramarins en quête de reconnaissance internationale ?
Siti Daroussi, en collaboration avec les rédactions du Réseau des 1ère, reviendra avec ses invités, en plateau et en duplex, sur les principaux défis auxquels les artistes ultramarins sont confrontés : structuration des filières, accès aux marchés internationaux, visibilité médiatique, stratégies de diffusion et positionnement artistique. Il s'agira également d'identifier les leviers permettant de faire émerger une nouvelle génération capable de s'imposer durablement à l'échelle globale.
Au-delà de la musique, le magazine Outre-mer, et si on bougeait les lignes ? propose une réflexion sur les dynamiques culturelles, les enjeux de représentation et la place des territoires ultramarins dans l'économie créative mondiale. Un sujet d'autant plus actuel qu'il coïncide avec la parution de la première étude sur la consommation musicale aux Antilles-Guyane et les enjeux d'industrialisation de la filière qui l'accompagnent.
Invités en plateau
Bertrand Dicale, journaliste et critique musical, spécialiste de la chanson française
Jean-Claude Naimro, compositeur, musicien et arrangeur, membre du groupe Kassav'
Bamby, chanteuse
Invités en duplex de La Réunion et de la Polynésie française
- Christine Salem, chanteuse, figure du maloya
- Teanuanua Paraurahi, artiste et animateur radio
Inédit
52 min
Présentation
Sitianlati Daroussi
Rédaction en chef
Bruno Sat
Direction de l’information
du pôle Outre-mer
Laurent Corteel
Willy Bracciano
Direction des rédactions de Malakoff
Jean-Claude Samyde
Production
France Télévisions
2026