Théo Curin nous dévoile les coulisses de son émission Théo le Taxi.
Le stress et la préparation avant les rencontres
Je suis quelqu’un d’assez timide ; j’ai toujours un peu d’appréhension avant une interview ou une rencontre. Paradoxalement, je prends beaucoup de plaisir à échanger avec les gens, à les écouter et à leur poser des questions. Parce que je prends chaque échange très au sérieux, je passe au-dessus du stress.
Compte tenu du fait que nous tournons parfois jusqu’à six émissions par jour, j’essaie de bien me reposer avant les jours de tournage. Le matin, j’arrive au bureau de la production et je me prépare avec l’équipe. Je relis mes questions et mes fiches pour la première interview, puis tout s’enchaîne très vite. Nous commençons à 9 heures et nous finissons vers 19 heures.
Ma priorité consiste à ce que les invités ne ressentent pas ma fatigue. Je les reçois comme s’il s’agissait du tout premier tournage de la journée. Je retrouve ainsi des similitudes avec la natation, car ces deux activités exigent une bonne hygiène de vie.
Des invités aux horizons professionnels très divers
Il est nécessaire de s’adapter. Nous parlons de la carrière et de l’actualité de l’invité, mais ce qui m’intéresse davantage, c’est de connaître leur vie, leur enfance, les difficultés qu’ils ont surmontées et comment ils sont arrivés là. Par ailleurs, nous avons une équipe incroyable de journalistes qui font un gros travail de recherche d’informations. Ensuite, ensemble, nous rassemblons toute la documentation et trouvons une ligne directrice pour chaque interview.
Chaque rencontre est bouleversante. Je m’estime très privilégié de pouvoir vivre ces moments avec toutes ces personnes. J’apprends beaucoup sur elles et sur la vie. Souvent, arrivés à destination, les invités me disent : « Ah, c’est déjà fini ! » Signe qu’ils ont passé un bon moment.
Les surprises
Mes moments préférés pendant les rencontres sont les surprises, qui font référence à des moments importants de la vie des invités et amènent généralement une discussion. L’idée est de les surprendre et de les sortir de leur zone de confort, d’autant plus qu’ils enchaînent souvent les interviews.
L’échange avec Nicolas Karabatic en est un exemple magnifique. Nous avons longuement conversé et, lorsque je lui ai montré la vidéo de son coach, il est devenu simplement Nicolas. Pour dévoiler la vraie personnalité des invités, il faut, je crois, les émouvoir et briser ainsi la coquille qui les protège.
Les trajets en voiture
Ma famille habite en Lorraine, dans l’est de la France, donc j’avais besoin d’une voiture pour vivre tout simplement comme je le voulais : pouvoir partir de Paris et aller à la campagne. J’ai obtenu donc mon permis directement à 18 ans. Je voulais l’avoir le plus vite possible pour être autonome.
Je conduis réellement pendant les émissions : nous ne sommes ni sur une remorque ni dans un studio. Nous faisons des boucles dans Paris et, pour des raisons de sécurité, je suis escorté. Un véhicule reste derrière moi pour assurer la sécurité. Le producteur de l’émission et la rédactrice en chef se trouvent également dans un van devant moi, où ils ont un retour leur permettant d’écouter et de voir ce qui se passe dans ma voiture. Toutefois, je ne m’occupe pas de l’itinéraire : je me place juste derrière le van afin d’être attentif à 100 % à l’invité.
À mon avis, la force du programme réside dans la légèreté du dispositif, qui change de celui des autres émissions. Dans la voiture, il n’y a ni cadreur ni cameraman, seulement une caméra GoPro qui s’attache au pare-brise. Autrement dit, nous sommes vraiment seuls. Je trouve également que les trajets en voiture sont propices à la discussion. Nous sommes dans un endroit clos, au calme, où le paysage circule autour de nous. Cela aide à réduire les barrières.
Théo le taxi est une émission où il n’y a pas vraiment de règles et qui me permet de révéler ma personnalité. Je peux être très sérieux et, en même temps, complètement déjanté.
Bien plus qu’un conducteur : un chauffeur de taxi
Aujourd’hui, il m’arrive de prendre un taxi et de dire aux chauffeurs : « Savez-vous ? Nous avons un peu le même métier », ce qui les fait rire. J’ai toujours aimé échanger avec eux : ils ont beaucoup d’anecdotes à raconter, car ils rencontrent énormément de monde dans leur quotidien. J’ai beaucoup de respect pour ce métier : la conduite est épuisante et il faut demeurer concentré, d’autant plus qu’ils ont notre vie entre leurs mains.
Les épisodes incontournables
L’interview avec Nikola Karabatic, comme évoqué précédemment, représente bien l’univers de Théo le taxi et permet de mieux connaître le grand champion.
De la même manière, j’ai eu la chance de recevoir l’immense actrice Marina Hands. Elle parle doucement, dégage à la fois classe et douceur, et aborde sa carrière avec tellement de recul, sans aucune prétention. Immense actrice et immense femme.
Propos recueillis par Rosa Quispe
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