Communiqué de presse
Jacqueline Manicom : une voix pour les femmes
Documentaire Archipels

Jacqueline Manicom : une voix pour les femmes

Documentaires et magazines
52 min
Logo France 3 outre mer la 1ère

Jacqueline Manicom fait partie de ces personnalités qui devraient figurer dans les manuels d’histoire, mais dont pourtant personne ne connaît le nom. Cofondatrice du premier centre de planning familial des Outre-mer, membre active du Mouvement de libération des femmes (MLF) et du secrétariat national de l'association Choisir la cause des femmes, ses engagements sont aussi nombreux que cruciaux. Pourtant, le parcours de cette sage-femme et militante proche de Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi a été effacé du roman national. Portrait d'une femme et de ses combats, à la frontière de l'intime et du politique.

Originaire de Guadeloupe, Jacqueline Manicom grandit au sein d’une famille modeste, témoin impuissante des vingt grossesses de sa mère en deux décennies, dont dix enfants ne survivront pas. Contrainte d'assumer les responsabilités familiales et de veiller sur ses frères et sœurs, l’aînée de la fratrie renonce à son rêve de devenir médecin. Mais sa vocation d'aider les autres ne faiblit pas. Devenue sage-femme, elle décroche son premier poste à l’hôpital Bichat, en région parisienne, au cours de l’année 1958. Une profession qui changera le cours de sa vie. Dévouée et attentionnée, Jacqueline Manicom mettra au monde plus de six mille bébés durant sa carrière.

À Paris, elle tombe rapidement enceinte d’un interne rencontré sur son lieu de travail. Leur union se heurte au refus catégorique de sa belle-famille, qui impose le divorce. Face à ce qu'elle considère comme du racisme, la jeune femme portera ce traumatisme pendant de longues années. 

De retour en Guadeloupe, c’est une révolte viscérale qui la pousse à fonder sur son île le tout premier centre de planning familial des Outre-mer en 1964. Pour cette femme engagée, la lutte pour l’IVG et la contraception, aussi essentielle soit-elle, ne représente que la partie émergée de l’iceberg. Pour émanciper totalement les femmes, il faut révolutionner la façon dont celles-ci sont globalement perçues et traitées, et tout particulièrement dans le milieu médical. 

Remariée à un professeur agrégé de philosophie, cette militante infatigable côtoie les grandes figures du féminisme comme Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi. En 1972, Jacqueline Manicom intervient en tant que témoin de moralité au célèbre procès de Bobigny, et plaide pour le droit à l'avortement. Figure de proue du combat pour les droits sexuels et reproductifs, elle consigne son expérience dans deux livres, Mon examen de Blanc et La Graine : journal d'une sage-femme, où elle expose les carences du système médical et la souffrance des femmes en couches. 

Ses engagements ne seront pourtant jamais reconnus à leur juste valeur. Née femme, pauvre et racisée, celle qui aura passé chaque minute de sa vie à lutter pour les droits des femmes ne parviendra pas complètement à faire reconnaître les siens, et mettra fin à ses jours le 22 avril 1976. 

Près d’un demi-siècle après, à travers la voix et les images, Jacqueline Manicom se raconte. Grâce aux témoignages exceptionnels de ses proches et de personnalités publiques, dont la journaliste et écrivaine Claude Servan-Schreiber et le médecin et homme politique Jacques Bangou, retour sur le combat d’une sage-femme, autrice et militante féministe, oubliée de l'Histoire. L'occasion de replacer cette pionnière au centre du récit national français.

Inédit

52 min

Écriture et réalisation
Martine Delumeau

Production
Incognita Doc

Avec la participation de
France Télévisions

Directeur des contenus
du pôle Outre-mer
Laurent Corteel

Directeur adjoint des contenus, 
en charge des documentaires
Sophiane Tilikete

Responsable de programmes
Gabrielle Lorne

2026