100 ans de ski
De Chamonix aux Arcs dans les Alpes, de St Lary Soulan dans les Pyrénées à Super Besse dans le Massif Central, ce film inédit d'ICI Auvergne-Rhône-Alpes et ICI Provence-Alpes-Côte d'Azur, proposé dans la case La France en beau, raconte à travers la trajectoire de quatre familles de montagnards, ce siècle du ski qui a transformé leur vie et magnifié nos hivers. Un récit qui illustre autant l’avènement du tourisme et de la société de consommation que la perception visuelle du dérèglement climatique.
Le 25 janvier 1924, les premiers Jeux d’hiver s’ouvrent aux pieds du Mont Blanc, à Chamonix, la Mecque de l’alpinisme. Certes, il y a plus d’épreuves de patinage que de ski et c’est surtout de ski de fond dont il s’agit, mais c’est bien une nouvelle épopée qui commence. Le ski va magnifier nos hivers et transformer la vie dans nos montagnes.
A Chamonix, la famille Chappaz incarne les pionniers de ces premières stations villages où apparaissent les remontées mécaniques. A 103 ans, Olga est la mémoire et la doyenne du ski français, l’une des premières monitrices et celle qui inventera le flocon, la première gratification des écoles de ski.
Après la deuxième guerre mondiale, c’est une autre ambition qui anime la montagne, celle de donner à chacun le droit d’accéder à ces loisirs venus du froid. Cela aboutit à la conception de la station de Courchevel, une station « ex nihilo », sortie de terre et qui servira de modèle étalon à toutes les autres.
Puis, ce sera le « plan neige » voulu par le Général de Gaulle pour concurrencer l’Autriche et la Suisse. Des millions de tonnes de béton coulées et des milliers de pylônes métalliques transforment ces paysages d’altitude en un temps record. Architectes et urbanistes conçoivent de grands ensembles, parfois contestés. D’un coup de remontées mécaniques, des millions de citadins devenus skieurs accèdent sans effort aux plus hauts sommets désormais accessibles.
A Courchevel et aux Arcs, l’épopée de la famille Blanc raconte l’éclosion de ces stations de deuxième et troisième génération et de ces familles de bergers et d’agriculteurs devenus moniteurs de ski, gérants d’hôtels et de stations. C’est l’or blanc, le « snowbusiness » d’où émergent des champions dans tous les massifs. Illustration dans la station pyrénéenne de St Lary avec Isabelle Mir, figure charismatique de la génération 68 et des jeux de Grenoble. Années d’insouciance, durant lesquelles les classes moyennes tentent de prendre part au rêve et aux plaisirs de la glisse qui ne cesse de se réinventer : monoski, snowboard, ski paraboliques…
Mais à ces « cinquante glorieuses » du ski, à cette époque dorée, succède celle plus angoissante du réchauffement climatique et des fermetures de stations malgré la neige de culture. A Super Besse, dans le Massif central, si le ski a permis à la famille Falgoux de changer de destin, de profiter de cette nouvelle économie touristique durant cinq décennies, aujourd’hui, tout est en sursis…
Les domaines de basses altitudes et de moyenne montagne sont en première ligne. N’annoncent-elles pas déjà la fin du ski ? Cette épopée, si belle, si réjouissante n’aura-t-elle duré qu’un siècle ?… Une parenthèse enchantée.