France, il était une fois demain
La transformation de quelques grands paysages de France d’ici à 2100
La palmeraie du Mont-Saint-Michel
Huit siècles ont été nécessaires pour édifier l’abbaye du Mont-Saint-Michel au milieu des marais. Un siècle pourrait suffire au climat pour tout changer. Ce serait comme un nouveau paysage de France. En devenant plus chaud et plus humide, la Normandie pourrait devenir propice à d'autres cultures. On ne ferait plus pousser des pommes mais des noix de coco…
Le Mont Saint-Michel demain
Les bons clients
Le pont de Normandie et la vallée de la Seine
Le Pont de Normandie et la vallée de la Seine demain
Les bons clients
Dans moins d’un siècle, l’estuaire de la Seine pourrait être submergé. Et l’on verrait apparaître une véritable mer intérieure sous les aubans du pont de Normandie. Les modèles scientifiques sont précis. L’eau devrait monter jusqu'aux bords du relief. Quand on y songe, elle ne fera que reprendre sa place naturelle, car la vallée de la Seine était le lit d'un fleuve ancestral, creusé au temps géologique. Cette plaine était le chemin naturel de l'eau bien avant notre existence. Alors, demain, si le fleuve vient à reprendre son lit, les générations à venir s’adapteront au fil des années pour s’installer sur les reliefs voisins.
Etretat
La côte de Normandie, finalement, est plus rassurante. De somptueuses falaises calcaires protègent depuis toujours nos terres. Pas de risque d'inondation ici.
C'est une véritable muraille contre laquelle l'océan vient buter. Seulement voilà, ces falaises ne protègent pas nos villes côtières, comme Étretat. Quand l’eau va monter, on imaginera sans-doutes de grandes digues pour protéger nos maisons… un combat sans doute vain, car on n'arrête pas un océan. Alors que faire ? Imaginer Étretat demain nous demande de penser différemment. Plus que de lutter contre la montée des eaux, peut-être faudrait-il au contraire choisir de s’adapter en laissant la mer prendre une nouvelle place... et déplacer les maisons inondables sur les collines.
Etretat demain
Les bons clients
Chambord
Le château a plus de 400 ans. Vu du ciel, il paraît presque neuf. On le restaure à l'identique depuis l'époque de François 1er. Comme si on voulait que rien ne change. Pourtant, si les pierres restent, le paysage, lui, changera. Avec la tropicalisation du climat, on ne connaitra plus le froid en hiver dans la Loire.
Et Chambord pourrait enfin disposer d’une immense... orangeraie. C’était le rêve des rois. Ils étaient charmés par ces agrumes qui ne poussaient qu'en Méditerranée.
Tous les châteaux avaient une orangerie. Demain, les espèces exotiques pourraient pousser en plein air.
La cité Vauban de Gravelines et le marais audomarois
Chambord demain
Les bons clients
La cité Vauban de Gravelines et le marais audomarois
De nos jours, la cité Vauban de Gravelines, près de Dunkerque est à quelques kilomètres de la mer. En 2100, elle pourrait devenir une île, comme Vauban l’avait souhaité en son temps. On y vivrait différemment… les terres alentours, celles du marais audomarois pourraient redevenir - comme avant les travaux des moines bâtisseurs - une étendue d'eau peu profonde entre terre et mer. Sur presque 50 kilomètres, le paysage pourrait alors ressembler à un archipel comme il en existe au Danemark ou aux Pays-Bas. Au fil des générations, on délaisserait les maisons les plus souvent inondées. Personne n'aime abandonner sa terre ! Mais c’est ainsi que l’on s’adapterait à ce nouveau monde. Tout serait à repenser. En 2100, les aéroglisseurs pourraient remplacer nos voitures. Cela se pratique déjà dans d’autres régions de lagune.
La cité Vauban de Gravelines et le marais audomarois
Les bons clients
Dunkerque
Dunkerque avait été bâtie sur des dunes, face à l’océan. La montée des eaux pourrait la rendre insulaire. Une véritable Venise du Nord ! On y retrouvera la signature des grandes villes de cette région avec leur architecture de brique, mais la végétation se ferait plus luxuriante. Du fait de la montée des eaux, on convertirait certaines rues en canaux. Le beffroi de l’hôtel de ville pourrait dominer le grand canal. Dans un siècle, le climat des Hauts-de-France pourrait s'approcher de celui de notre actuel Sud-Ouest. On aménagerait les lieux de vie sur les quais et cela ne changerait pas la fête. On pourrait faire des quartiers de la Victoire et du Grand Large des éco-quartiers. Mieux encore, ceux des mariniers et de l'ancienne zone portuaire nous réserveraient une surprise : on entrerait dans une véritable ville flottante…
Dunkerque demain
Les bons clients
Les champs de blé de la Beauce
La Beauce est la région céréalière la plus connue de France. Ici l’agro-industrie a imprimé sa marque partout dans le paysage. Pour faire passer nos machines, on a effacé les forêts, nivelé la terre. C'est l'origine même du mot paysage. En travaillant la terre, on a rendu le « pays sage ». Notre agriculture est sous contrôle. Dans nos moissonneuses, les ordinateurs pilotent les semis et les coupes. Mais le climat, lui, nous échappe. Et si la révolution agricole de demain n'était pas tout simplement de redonner une place à nos paysans et des arbres à nos paysages ? Ce qui pourrait nous sauver, serait… de replanter des arbres dans nos champs. Cette pratique s'appelle l'agroforesterie. L’ombre des arbres protège les parcelles du rayonnement solaire. Et leur feuillage aide à conserver l’humidité de l’air. C'est une solution naturelle pour réduire l'évaporation du sol.
Les champs de blé de la Beauce demain
Les bons clients
Chartres
La ville pourrait compter trois fois plus d'habitants d’ici 2100. Elle disposerait d'un grand hôpital, d'une université, d'un palais de justice et des pouvoirs publics nécessaires. La nouvelle Chartres serait toujours dominée par sa cathédrale. La vieille ville pourrait même rester assez similaire à celle d’aujourd’hui. Le centre construit en pierre naturelle devrait rester frais l'été. En revanche, tout autour, la ville changera de visage. Sans l'énergie du pétrole, il sera impossible de construire les nouveaux quartiers en béton comme autrefois. S'il fait bon vivre à Chartres demain, c'est aussi que l'on sera plus proche des écoles et des commerces. Car dans un monde sans pétrole, plus rien ne pourra être trop loin de nous. La proximité reprendra tout son sens. Ce que l'on importait, on le produira sur place. Ce que l'on exportait, on le vendra localement.
Chartres demain
Les bons clients
Paris : l’Arc de triomphe, les Champs-Élysées, le Champ-de-Mars et la promenade nature du périphérique
L’Arc de triomphe au centre de Paris est la place de toutes les victoires françaises. C’est surtout devenu aujourd’hui un immense rond-point routier… le triomphe de la voiture ! La fin du pétrole signifiera la fin de la voiture, comme on la connaît. La fin des embouteillages sur le périphérique de Paris. En un sens, cela pourrait presque devenir une bonne nouvelle. On pourra ensuite commencer à écrire une nouvelle histoire. Celle de la végétalisation de nos villes. Les feuillages protègeraient nos rues des pics de températures. Mais ce qui serait révolutionnaire serait le retour de la vie dans la rue ! À Paris, un quart de la superficie de la ville est occupée par des avenues et des rues. Cela représente des milliers d'hectares ! Demain, on pourrait en convertir une partie à l'agriculture de proximité. On ferait du maraîchage, des arbres fruitiers ou même des céréales. Et on se souviendrait que le Champ-de-Mars, devant la tour Eiffel, désignait autrefois une terre agricole. Et on retrouverait le plaisir de vivre en centre-ville...
Paris : l’Arc de Triomphe, les Champs-Élysées, le Champ-de-Mars et la promenade nature du périphérique demain
Les bons clients
Les Alpes
Le massif alpin, c’est un paysage à part en France. Mais c'est un paysage en sursis.
Combien de temps encore pourra-t-on contempler ces neiges éternelles ? Les montagnes des Alpes se réchauffent deux fois plus vite que partout ailleurs en France. La fonte est inévitable. Dans peut-être moins d'un siècle, le changement climatique fera naître un tout nouveau paysage. Nos montagnes vont perdre l'essentiel de leurs glaciers permanents. En fondant, nos sommets vont se vider en totalité de leurs eaux. Difficile de se représenter la fonte d'un massif qui compte 550 glaciers, comme autant de réservoirs ! À quoi ressembleront les Alpes en 2100 ? Et si on réussissait à réinventer nos vallées ? L’histoire nous montre qu’à chaque changement dans cette région, on s’est adapté. On a su déplacer nos villages, changer nos modes de vie. Et nos montagnes ont toujours été habitées. Elles le seront encore en 2100, différemment.
Les Alpes demain
Les bons clients
Carcassonne
Vivre à Carcassonne en 2100 pourrait se révéler assez simple. A condition de renoncer à tout climatiser. Ce qui changera en premier sera la rivière. L'Aude connaîtra de longues périodes sèches pendant l’été, faute de neige et de pluie.
Il faudrait alors favoriser la végétation urbaine pour retenir l’eau et faire de l’ombre dans les rues. La ville prendrait l’allure d’une oasis ! Des doubles toitures et des terrasses végétalisées pourraient protéger les maisons du rayonnement. Ces techniques anciennes ne seraient pas les seules. Les maisons pourraient être équipées de vitrages à haute technicité, peut-être à énergie positive.
La technologie ne sera pas absente. Mais c’est dans nos modes de vies qu’il faudra chercher des solutions. Carcassonne a 3000 ans et n’a jamais cessé d’évoluer.
Ce patrimoine, c’est notre histoire, on aura à cœur de le conserver. Alors, pour les années à venir, vivre ici nous demandera de nous adapter au climat plutôt que de lutter contre lui.
Carcassonne demain
Les bons clients
Marseille
A Marseille, en 2100, on préférera végétaliser cette grande ville qui manque d'espaces verts. On convertira des rues et on pourrait même reconstruire la passerelle du Vieux-Port. Comme dans toutes les villes de France, on s'y déplacera à l’ombre d’un couvert végétal adapté à un nouveau climat. Demain, on réinventera les quartiers denses de la cité phocéenne. On fera peut-être de nos vieilles tours en bétons des quartiers nord des lieux de culture éphémère. Car au fond, les arts résistent toujours mieux à l'érosion que le béton.
Marseille demain
Les bons clients
La mangrove de La Grande-Motte
Les immeubles de La Grande-Motte émergeraient d’un océan de verdure : la mangrove de Camargue... La fameuse station balnéaire de l’Hérault, qui doit son style aux pyramides précolombiennes du Mexique, prendrait un air de cité perdue au cœur de la jungle. Une mangrove, par son réseau de racines, a le pouvoir de ralentir l'érosion des côtes. Demain, ces arbres pourraient préserver la Camargue tout entière de la submersion. Et nous, on pourrait fêter ce cadeau naturel…
La mangrove de La Grande-Motte demain
Les bons clients