
Communiqué de presse
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D’où vient notre laine ? De la tonte de nos moutons ? Pas exactement… Et notre coton, dans quel pays pousse-t-il aujourd’hui ? Hugo Clément enquête sur nos vêtements en fibres naturelles et découvre que la France regorge de laine vierge et de vieux tissus en coton recyclable qui partent à la poubelle. Quelques entrepreneurs se battent pour les sauver et les transformer en nouveaux vêtements.
Édito de Hugo Clément, journaliste
Ces derniers mois, j’ai été frappé de voir des avions atterrir tous les jours en Europe depuis la Chine remplis de vêtements de sites spécialisés comme Shein et Temu. Je me suis demandé : comment produit-on une telle quantité d’habits ? À Sur le front, nous avons décidé de nous intéresser aux matières naturelles les plus répandues dans nos armoires, le coton et la laine.
Pour la laine, je pensais tout simplement qu’elle venait des moutons élevés pour le fromage et la viande. Eh bien, pas du tout : j’ai rencontré des éleveurs français qui ne savent pas quoi faire de la laine de leurs moutons. Il y a tellement peu de débouchés qu’ils sont contraints de la jeter, quel gâchis ! Tout ça parce qu’on a perdu les compétences de la tonte et de la transformation de la laine pour le textile en France. En réalité, la laine de nos pulls vient en grande majorité de l’autre bout de la planète, en Australie. On a donc voulu voir dans quelles conditions ces moutons à laine vivent et ce qu’on a découvert est hallucinant. Ces animaux ne ressemblent pas à l’image du mouton qu’on a tous en tête, ils sont sélectionnés génétiquement depuis des décennies pour produire toujours plus de laine. Plus de laine, ça veut dire plus de peau. À cause de ces transformations, ils sont très souvent mutilés à la naissance. Les éleveurs australiens ont pour habitude de couper la peau qui dépasse des parties génitales des agneaux pour prévenir les infections. Heureusement, une poignée de passionnés en France essaient de relancer des élevages français plus respectueux des animaux.
Et pour le coton, je pensais qu’il venait des États-Unis ou de Chine. Mais j’ai découvert qu’un nouveau pays a jeté son dévolu sur cette culture : le Brésil ! L’année dernière, le pays en est même devenu le premier exportateur mondial. Je suis allé voir sur place et j’ai découvert que le coton que l’on porte est cultivé sur les mêmes terres que le soja. Ces champs sont imbibés de produits chimiques : nous avons assisté à des épandages de pesticides par avion sur des milliers d’hectares. J’ai aussi vécu une scène digne d’un film-catastrophe : des salariés agricoles, vêtus de combinaisons qui préparent des mélanges de produits toxiques dans d'énormes cuves pour les épandre sur les cultures de coton. Il y a pourtant une solution : récupérer le coton de nos vieux vêtements pour fabriquer de nouveaux habits en coton ! Ça existe déjà et il faut absolument le développer, le généraliser. On a des gisements énormes de vieux vêtements en France dont on ne sait plus quoi faire. Ceux qui essayent de développer cette filière ont besoin de soutien.
Des séquences exceptionnelles
Des vieux vêtements donnés finissent dans des décharges

Une partie des vieux vêtements que vous lavez, pliez, repassez précautionneusement et que vous déposez dans les ressourceries finissent… jetés. Et enfouis en décharge. Depuis que les pays africains acceptent beaucoup moins de surplus européens, il n’y a plus assez de débouchés pour les centaines de milliers de tonnes qu’on jette chaque année.
Australie : des moutons mutants pour produire toujours plus de laine…

La plus grande partie de la laine que l’on porte en France vient d'Australie. Les éleveurs ont peu à peu modifié la race de moutons mérinos pour qu’ils produisent toujours plus de laine. Si bien que lorsqu’ils ne sont pas tondus, leur vie est en danger. Encore pire, la plupart sont mutilés à la naissance. Pour produire beaucoup de laine, ils ont énormément de plis de peau : on leur coupe à vif le surplus de peau de la zone génitale pour prévenir des infections. Cette pratique est interdite partout dans le monde, sauf en Australie.
… Tandis que la laine des moutons français finit à la poubelle

C’est une ressource naturelle qu’on a sous la main, mais les éleveurs ne savent pas quoi en faire. Nous avons tellement abandonné la filière de valorisation de la laine qu’elle est désormais jetée, la plupart du temps. Au lieu de rapporter de l’argent aux éleveurs, c’est devenu un fardeau pour s’en débarrasser. Mais quelques combattants se battent pour relancer la laine française !
On essaye de limiter nos importations de soja du Brésil pour ne pas déforester… mais on fait venir de plus en plus de coton !

Le coton, c’est le nouvel eldorado des producteurs de soja brésilien. Ils en cultivent de plus en plus dans des conditions impressionnantes : nous avons assisté à des épandages de pesticides par avion dans ces plaines à perte de vue.
Récupérer le coton de nos vieux vêtements pour faire de nouveaux habits, c’est possible et ça existe déjà

Et si on utilisait les 600 000 tonnes de vêtements qu’on jette chaque année pour en faire de nouvelles tenues ? C’est le pari fou de cette entreprise qui recycle des vieux jeans troués pour en faire du nouveau textile. Ça marche et ça crée des emplois !
Des combattants
Marie Waniowski

Cette amoureuse des animaux se bat avec l’ONG Quatre Pattes contre la mutilation des agneaux élevés pour la laine en Australie. Marie nous alerte sur cette pratique cruelle et méconnue. Elle veut convaincre les marques de mode d’arrêter d’utiliser la laine issue de ces élevages.
Thomas Ebelé

Devant une pile de vieux vêtements, Thomas Ebelé ne voit pas de futurs déchets mais une précieuse matière première ! Le cofondateur de SloWeAre, un label engagé pour une mode éco-responsable et éthique, se bat pour développer le recyclage de nos vêtements en France pour les transformer en de nouveaux habits.
Julien Tuffery

Cet ingénieur de formation a décidé de reprendre l'entreprise familiale de fabricants de jeans. Dans les Cévennes, il s’est lancé dans un projet ambitieux : relancer un élevage de moutons mérinos français ! Nous suivons Julien dans sa première récolte de laine pleine de promesses.

Présentation
Hugo Clément
Production
Winter Productions
Production
Régis Lamanna-Rodat
Hugo Clément
Rédaction en chef
Pierre Grange
Réalisation
Félix Seger
Unité documentaire
Antonio Grigolini
Amandine Picault
Benoît Raio de San Lazaro
À voir sur
francetv.preview
Les épisodes de Sur le front sont disponibles dans la collection france.tv nature