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LE MONDE EN FACE - MARINA CARRERE D'ENCAUSSE

MARDI 5 JANVIER 2021 À 20.50
FLIQUEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES
MARDI 5 JANVIER 2021 A 20.50

FLIQUEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES

Ce mardi, Le monde en face, présenté par Marina Carrère d'Encausse, propose le documentaire "Fliquez-vous les uns les autres" réalisé par Olivier Lamour.

Partout en France, petites et grandes villes s’équipent de caméras pour mieux surveiller les citoyens ou les protéger, selon que l'on soit pour ou contre ce type d'installation.

Alors que le Parlement débat actuellement du projet de loi sur la sécurité globale qui encourage le développement de ces techniques : légalisation des drones, diffusion en direct des caméras piétons des forces de l'ordre vers les centres d’opération, accès accru aux images de la vidéosurveillance pour les polices municipales, ce documentaire révèle comment cette surveillance s’est imposé depuis quelques années sans véritable débat ni évaluation de son efficacité.

Si, il y a vingt ans, l’installation de caméras faisait polémique, aujourd'hui, rien de tel. Les citoyens en redemandent et l’Etat, de son côté, incite à multiplier les moyens de surveillance comme en témoigne  le "Livre blanc de la sécurité" récemment dévoilé par le ministre de l'Intérieur qui souhaite des expérimentations en matière de reconnaissance faciale, afin éventuellement d'en autoriser l'usage.

Des petites aux grandes villes, les professionnels du secteur de la télésurveillance mènent le bal, dans un environnement devenu très favorable. Quelques rares villes résistent. Des citoyens et des associations donnent l'alerte : quel coût pour quels résultats ? Les caméras ne permettraient, a posteriori, de résoudre que de 1% à 3% des enquêtes. Un ratio assez faible comparé aux sommes engagées. L’efficacité en temps réel, pour empêcher des délits, serait quasi-nulle. Quant à la dissuasion, elle reste difficile à mesurer. 

En interrogeant des installateurs, des gendarmes, des policiers municipaux, des élus, des sociologues, des citoyens concernés ainsi que des voix critiques ce documentaire décrit ces nouveaux comportements individuels et collectifs pour répondre à ces questions : que nous disent les nouveaux usages de notre rapport aux libertés individuelles ? Quelle société sommes-nous en train de fabriquer ?

 Ce documentaire a été réalisé avant l'attentat de Nice du 29 octobre 2020.

 

Durée : 70' > Un film réalisé par Olivier Lamour > Auteurs : Olivier Lamour et Michel Henry > Sur une idée de Béatrice Vallaeys > Produit par Morgane > Avec la participation de France Télévisions > Inédit

 

Marina Carrère d'Encausse

Après la diffusion du documentaire, Marina Carrère d'Encausse proposera un débat avec quatre invités : Michel Henry, co-auteur du documentaire, Laurence Budelot, maire de Vert-Le-Petit (Essonne), Olivier Tesquet, journaliste à Télérama, spécialiste du numérique et Martin Drago, juriste, association La Quadrature du Net (association de défense des libertés numériques)

 

 

Michel Henry est journaliste depuis 1984. Pendant 30 ans, il a travaillé à Libération en s’intéressant aux questions de société, justice, faits divers, politique, sport...
Depuis 2016, il a mené des enquêtes pour Mediapart (Football Leaks) et Les Jours. Il est l’auteur de quatre livres : sur Marion Maréchal Le Pen, l’OM, la légalisation des drogues et l’affaire Agnelet/Agnès Le Roux. Il a coécrit le récit autobiographique de Cédric Herrou, éleveur de poules qui accueillait des migrants dans la vallée de la Roya.
 

Olivier Lamour a travaillé pour la presse écrite (Libération, Le Figaro, Le Point, l'Express, Les nouvelles littéraires, etc) et la radio (France Inter, France Culture). 
Depuis les années 90, il réalise des documentaires pour la télévision en participant, notamment, à l’aventure franco-Belge du « cinéma direct » avec l'émission Strip Tease . 
Depuis « Halte au vol » et « RATP, Resquilleurs Attention Tout se Paie ! » (1996), où «Loup, y es-tu ? » (1996), « Maryflo » (1997 à 2004), et « Huntsville, la colonie pénitentiaire » (2001, Grand Prix du festival du film d'Histoire de Pessac), ses films témoignent du désir insatiable de sécurité de nos contemporains.