Jungle urbaine

Jungle Urbaine

 

Les réalisateurs des huit films proposés nous font danser au rythme de l’universalité des situations et c’est ce cinéma au cœur de la ville que France.tv vous propose : huit films, dont un comprenant six courts-métrages. Tout cela, à partir du 14 octobre sur france.tv

 

Désireux de montrer les aspects cachés des métropoles, des réalisateurs sont allés poser leur caméra en ville et se font peintres de sa réalité en filmant toutes sortes d’histoires où les personnages, de nature disciplinée ou conquérante, s’adaptent et font de la cité leur terrain de jeu. À l’écran comme dans la vie, on se retrouve, s’identifie, et on découvre.

 

 

 

Lancé en 1965 par le cinéaste Barbet Schroeder, Paris vu par est un film à sketchs emblématique de la Nouvelle Vague. Six courts-métrages signés Godard, entre authenticité et expérimentation, ou encore Jean Rouch, Claude Chabrol, Jean Douchet, Éric Rohmer et Jean-Daniel Pollet. Six histoires, six Paris différents, et un cinéma original en rupture avec les codes traditionnels d’alors.

Les rendez-vous de Paris (1995) transporte le téléspectateur dans des rues parisiennes comme on aime à les imaginer, résonnant d’amour et de ses aléas, et cela à travers un triptyque d’histoires. Des instants de vie, émouvants, parfois palpitants. Nombreux y sont les thèmes évoqués : de la séduction amoureuse jusqu’aux doutes, en passant par la manipulation.

Dans Kansas City (1996), le réalisateur Robert Altman se souvient de son enfance dans sa ville natale, ville de tous les dangers. Le film se passe en 1934, au beau milieu des Années folles, et débute dans l’atmosphère d’une mégapole avant l’heure, le tout sur fond de jazz, de guerre de gangs et d’effondrement du rêve américain. Une histoire de kidnapping et de chassé-croisé amoureux.

Tokyo ! (2008), c’est une ville, trois cinéastes aussi hétéroclites que ses protagonistes, et trois chapitres librement inspirés par la singularité de la capitale japonaise. Un concept original signé Leos Carax, Bong Joon-Ho et Michel Gondry, qui créent chacun une histoire, des intrigues et se questionnent sur la nature du genre humain.

Après Still Life, Lion d’Or à Venise en 2006, Jia Zhangke raconte la transformation d’une cité ouvrière de Chengdu en complexe d’appartements de luxe dans 24 City (2008). Entre nostalgie du socialisme pour les anciens et désir de réussite pour les plus jeunes, on voyage entre les récits de trois générations à la philosophie différente.

Quatre ans plus tard, en 2012, Édouard Deluc nous fait vagabonder avec Mariage à Mendoza : un road-movie au caractère singulier, à l’image de ses deux personnages principaux. Ces derniers ont quatre jours pour rejoindre la ville de Mendoza, en Argentine ; quatre jours naturellement semés d’embûches, et qui se termineront par une courte mais appréciable apparition de Benjamin Biolay.

En 2012, avec Gimme The Loot, Adam Leon pose sa caméra de l’autre côté de l’Atlantique, à New York, loin des gratte-ciel de Manhattan. Pour son premier film indépendant, le réalisateur nous emporte dans un tempo frénétique, entre rivalités de gangs et petites combines de deux jeunes graffeurs. Ils sont prêts à (presque) tout pour s’imposer dans les rues de la Grosse Pomme grâce à leur art, trop peu convenable pour certains. Un film qui ne manque pas, tout autant que son duo d’acteurs, de charme ni d’énergie.

Si l’on connaît bien les quartiers populaires de New York, on connaît moins son quartier le plus cosmopolite : le Queens, avec ses communautés très diverses, tant au niveau ethnique que culturel. Dans In Jackson Heights (2015), on s’immisce au cœur d’un barrio, mais surtout d’un territoire unique au monde, où l’on parle pas moins de cent soixante-sept langues.

Echo Park L.A. dépeint quelques mois de la vie d’un quartier hispanique de Los Angeles en pleine mutation, mais surtout l’étape importante que constitue la quinceañera d’une jeune fille, fête symbolique de la communauté hispanique. Une histoire qui aborde des sujets comme l’exclusion et la différence. Un film intense, dont on ne sort pas indifférent.

Les derniers jours d’une ville dessine le portrait d’une ville qui s’embrase, d’un monde arabe en plein trouble. Le vent de la révolution en Égypte emporte tout, mais pas les souvenirs, que le jeune réalisateur essaie de capturer, avec mélancolie. Il y parvient en saisissant la beauté, malgré la dureté de la situation. Des mots et des images touchants, qui interpellent et témoignent d’une volonté de faire écho au monde.
 

Margaux Karp