Les coulissses

Apocalypse
Hitler attaque à l’Ouest 1940 et à l’Est 1941-1943

Les coulisses

LES ARCHIVES

À travers son réseau international de 300 fonds d’archives, les équipes de recherches de CC&C (5 documentalistes) ont exploré dans le détail plus de 50 sources, dont une quinzaine de cinémathèques détenant des films amateurs. Pour réaliser ces quatre épisodes, plus de 400 heures de films d’archives et près de 1 400 documents iconographiques ont été nécessaires.

Un travail extrêmement méticuleux qui fait la richesse de la collection Apocalypse en proposant des archives rares et inconnues.

APOCALYPSE : HITLER ATTAQUE À L’OUEST

Les recherches dans les fonds d’archives amateurs ont permis de mettre en lumière le cinéaste amateur Fernand Bignon dont les images sont conservées par Normandie Images. Installé à Gisors en tant que photographe professionnel, il va filmer toute la période de 1939 à 1945 avec sa caméra 8 mm. On y suit sa famille qui continue à vivre au gré des événements, comme sa fille Jacqueline, 10 ans, qui fait sa communion en plein exode, en mai 1940. Il ira même jusqu’à filmer l’arrivée des Allemands à Avranches caché depuis une fenêtre, témoignage exceptionnel de l’Occupation.

Retrouvées en 2016 et récupérées par l’Imperial War Museum de Londres, les films amateurs du lieutenant Philip Roderick Hall offrent un témoignage rare de l'évacuation de Dunkerque filmée du HMS WhiteHall. Ils montrent aussi le courage et l’humour à toute épreuve des soldats anglais faisant la roue ou des exercices d’équilibristes sur le pont de leur navire de guerre.

APOCALYPSE : HITLER ATTAQUE À L'EST

Les archives exceptionnelles de MIRA (Mémoire des images réanimées d'Alsace) ont pu illustrer le sort tragique des « malgré-nous », ces Alsaciens et Mosellans incorporés de force dans l’armée allemande. André Muller est l’un d’eux et, avec sa caméra amateur, il filme ses derniers instants en famille. On le voit faire le salut militaire avant d’embrasser sa mère et sa sœur. Envoyé sur le front de l’Est, il meurt de la tuberculose au camp de prisonniers d’Orsk, en Russie, au printemps 1944.

En Allemagne, les archives Agentur Karl Höffkes possèdent une collection de films amateurs de soldats allemands qui ont filmé leur vie sur le front et la très grande violence à l’œuvre dans les territoires de l’Est. Un film en particulier, terrible, montre une extermination de Juifs arborant l’étoile jaune, pendus dans la forêt, les pantalons baissés comme une ultime humiliation.

LES RECHERCHES HISTORIQUES

Le montage et le commentaire sont effectués en étroite collaboration avec deux historiens spécialistes de la Seconde Guerre mondiale : Georges-Henri Soutou, l’un des plus grands historiens français, membre de l'Institut de France et professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Paris-Sorbonne, et Ivan Cadeau, chef du bureau Terre du service historique du ministère de la Défense, expert dans le domaine des stratégies opérationnelles de la Seconde Guerre mondiale.

LA RESTAURATION ET LA COLORISATION

Toutes les archives montées dans les épisodes d’Apocalypse font l’objet d’une restauration minutieuse avant sa mise en couleur. Image par image, cette restauration efface les usures du temps (rayures, taches…) et permet d’obtenir une qualité la plus optimale possible. Plus de 700 heures de restauration ont été nécessaires pour ces deux opus.

Marque de fabrique d’Apocalypse depuis le premier épisode, qui a d’ailleurs révolutionné le genre du documentaire d’histoire, Isabelle Clarke et Daniel Costelle sont très soucieux de cette remise en couleur. Une documentation pointilleuse est effectuée par les équipes de CC&C, avec l’aide d’historiens et experts de la période en question, pour documenter image par image les couleurs de chaque plan d’archives. Chaque détail est passé au crible : uniformes des soldats, engins et matériels militaires, bâtiments, vêtements des protagonistes, intérieurs, objets, décors naturels… Une technique de colorisation inventée il y a quinze ans par CC&C et François Montpellier. Son équipe met en couleur, image par image, environ 700 plans par épisode. Un travail titanesque qui demande près de trois mois d’investissement d'environ dix personnes pour chaque épisode.

LE SON

La plupart des archives montées sont muettes, raison pour laquelle un colossal travail de sound design est effectué pour redonner vie à ces épisodes et recréer l’ambiance de l’époque. Chaque mouvement ou bruit dans les archives vont alors être montés à partir de prises de son d’origine par Olivier Beaufret et Léon Rousseau. C’est grâce à ce travail très pointilleux que le spectateur se retrouve immergé au cœur de la guerre dès la première image.

Les mixages en 5.1 et en stéréo font l’objet d’une attention particulière. Un travail très méticuleux est réalisé pendant de longues semaines pour obtenir une qualité cinéma. 

L’ÉQUIPE

Ce sont plus de 60 personnes qui sont impliquées au cours de la fabrication de chaque épisode d’Apocalypse pendant près de deux ans. Un workflow et une post-production hors norme pour une série documentaire.

Comme pour les autres saisons, Mathieu Kassovitz prête sa voix à la série, avec toujours autant de plaisir. Une fidélité qui crée une relation proche avec le public, renforçant l’identité de la série.

UNE RÉUSSITE FRANÇAISE

Apocalypse est la série documentaire historique la plus vendue au monde, diffusée dans plus de 200 pays et adaptée dans plus d’une vingtaine de langues. Lauréate de nombreux prix, elle a renouvelé les codes du documentaire d’histoire. 

C’est un succès made in France : la production, le montage, la colorisation, la restauration, la post-production sont intégralement effectués en France, en employant plus d’une soixantaine de collaborateurs.

Le style Apocalypse (documentaire sans interviews tout en archives remises en couleur, un sound design moderne et une narration percutante alliant à la fois les petites et les grandes histoires) est devenu aujourd’hui une référence, repris dans le monde entier, faisant la fierté de ses auteurs, de toute l’équipe de production et de France Télévisions, diffuseur historique.