ANOTHER SILENCE
CINEMA

Another silence

Mardi 18 juin 2019 à 20h05 - sur Guadeloupe la 1ère

Marie, la quarantaine, est officier de police à Toronto et mène une vie paisible avec sa famille. Un soir, Joshua, son mari, et leur fils, Nicky, sont brutalement assassinés dans leur voiture.
Assez vite, Marie fait le lien avec Pablo Molina, un trafiquant de drogue argentin qu’elle a arrêté quelques mois plus tôt.
Désespérée mais portée par sa soif de vengeance, Marie part en Argentine sur les traces du meurtrier.

 

Avec : Marie-Josée Croze (Marie), Ignacio Rogers (Pablito), Tony Nardi (Tony), Benz Antoine (Joshua), Aaron Parry (Nicky), Alison Louder (Kate), Andrew Johnston (Paul Gogarty)...

 

Another silence

Un film de Santiago Amigorena

Genre : Thriller, Drame

Durée : 1 h 30 min

Année : 2011

Nationalité : France, Canada, Argentine, Brésil

 

Une coproduction Gloria Films, Les Films du Rat, Arte France, Max Films, Rizoma & Zarlek Producciones, Teleimage, Yellow Cab Studios

 

Avec la participation de CANAL+ et le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, Centre national du cinéma et de l'image animée  - SODEC-QUEBEC, Crédit d'impôt Cinéma et Télévision - Téléfilm Canada - Canadian Film or Video Tax Credit - INCAA - ANCINE

ANOTHER SILENCE

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Et qu’avez-vous ressenti à la découverte du scénario ?
J’ai tout de suite été touchée par l’économie de mots de ce scénario et le fait qu’il ne cherche par aucun moyen à séduire le spectateur. Il y a peu de dialogues, peu de descriptions. Le scénario est autant dans l’économie que le film. Il y a quelque chose de métaphysique dans ce qu’a écrit Santiago Amigorena et on se demande vraiment quel sera le résultat final à l’écran une fois qu’on a terminé sa lecture. Je me demandais par exemple comment on allait réussir à faire croire aux spectateurs que cette fille qui semble ne pas avoir d’émotion puisse passer aussi brutalement à l’action. Il y a peu de personnages féminins proches de Marie au cinéma. Ce sont plutôt des rôles d’hommes à la Clint Eastwood ou à la Alain Delon du SAMOURAÏ : des serpents à sang froid. Mais je trouvais justement intéressant et excitant de le tenter. Et cela a décuplé mon envie de le faire.

Comment avez-vous travaillé sur ce rôle en amont du tournage ?
J’ai pensé à la douleur, à la blessure, à l’injustice. Donc à des choses assez abstraites en me disant qu’on verrait comment cela se traduirait sur le plateau. En fait, je n’ai jamais l’habitude de travailler en amont sur les films sauf lorsqu’il s’agit de prendre un accent particulier ou de devoir apprendre des choses techniques comme la danse ou un instrument de musique… En plus, sur ANOTHER SILENCE, ça me semblait à la fois compliqué et un peu vain de tenter d’imaginer les choses en amont. Et au final, cela s’est vraiment beaucoup joué avec les acteurs sur le plateau. Par exemple, sur la scène où je retrouve le copain de Pablito et où je m’approche de lui pour qu’il m’indique où le trouver, j’ai vraiment joué en réaction à la façon dont mon partenaire a interprété cette scène et sorti son arme.

Comment avez-vous envisagé ce personnage une fois sur le plateau et comment êtes-vous parvenue à jouer cette incroyable dureté et violence intérieure qui émanent d’elle ?
C’est drôle parce qu’alors que j’ai l’habitude de travailler beaucoup sur les métiers de mes personnages, je n’ai ici jamais joué le côté flic de Marie. Pour moi, son métier était secondaire par rapport au fait qu’elle soit à ce point brisée. Ce qui est important est ce qu’elle vit. Or sa vie bascule pour devenir une sorte de tragédie grecque.

Et qu’est-ce qui différencie la tragédie du simple drame ?
Dans la tragédie tout est tellement extrême qu’on est anesthésié. On ne pense même plus à ce qu’on fait, on agit machinalement. C’est pour cela que, dans ce film, le chemin compte plus que le but. Marie ne pense plus au fait qu’elle va aller tuer celui qui a assassiné son mari et son fils. Si tel était le cas, elle pourrait changer d’avis mais c’est une donnée intégrée et elle y va. Cette tragédie l’a en fait coupée de toute sensation. Et cela devient presque un bonheur pour elle d’avoir mal à la tête ou d’avoir faim parce qu’elle parvient enfin à ressentir quelque chose. En fait, une question n’a jamais cessé de me traverser tout au long de ce tournage : «comment revient-on à la vie ?». Et je pense en fait qu’on y revient par les sens… La scène de l’enterrement auquel Marie assiste la sort ainsi pour la première fois, un temps, de sa torpeur. Elle trouve ça beau car elle voit soudain la mort sous un jour totalement neuf. Elle qui est si économe en mots depuis la mort de son mari et de son fils arrive même à le formuler. Elle est tellement KO debout qu’elle dit tout haut ce qu’elle pense à l’intérieur et ce qu’elle tairait sans doute dans une situation normale. En fait, tout au long du film, Marie doit retrouver la vie. Et cela ne peut passer que par des électrochocs, comme lorsqu’elle passe à deux doigts de se faire tuer.  Mais le talent de Santiago est de ne jamais commenter ce qu’elle fait pour parvenir à retrouver la vie, juste de montrer. ANOTHER SILENCE est le genre de film dans lequel on plonge. La part psychologique reste secondaire, un certain onirisme est toujours prépondérant.

Sabine Michel
Responsable projets et actions de communication Guadeloupe la 1ère