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ARCHIPELS

JÉRÉMY FLORES,DANSER DANS LES VAGUES

  • DOCUMENTAIRE

  • Mercredi 11 décembre 2019 à 19.45

  • Sur Réunion 1ère

ARCHIPELS : JEREMY FLORES DANSER DANS LES VAGUES

Jérémy Florès se confie sur sa carrière, ses aspirations, et sur la manière dont il envisage son avenir. Derrière le surfeur, nous rencontrons l’homme qui fait vibrer toute une génération. Le réalisateur Antoine Laguerre suit le champion sur les étapes de la World Surf League, retrace le parcours de Jérémy Florès à partir de l’île où il est né, La Réunion.

Quand il est dans l’eau, Jérémy Florès peut faire tout ce qu’il veut.

À 17 ans, ce prodige intégrait le « top 45 » des meilleurs surfeurs mondiaux, devenant ainsi le plus jeune champion de surf. Depuis, la vie de Jérémy est un « endless summer », un été sans fin. Au rythme des compétitions de la World Surf League (WSL), il fait le tour du monde à la poursuite des vagues.

Seul invité français du fameux « Eddie Aikau » à Hawaii, le rendez-vous très select des surfeurs de grosses vagues, Jérémy est aussi le seul Français à avoir gagné le Pipe Masters à Hawaii (2010) et le Tahiti Pro de Teahupo’o (2015), les épreuves reines du championnat : deux vagues parfaites, aux tubes énormes, qui viennent s’écraser en fin de course sur un récif corallien acéré.

Aujourd’hui, à 28 ans, il est à un moment décisif de sa carrière et de sa vie d’homme. Il a connu tout ce dont un surfeur peut rêver... Il sait aussi qu’il n’est plus le petit jeune qui bat tous les records. Après un long passage à vide en 2014, il a réussi à revenir au top du classement. Une expérience qui lui a permis de remettre en perspective ce métier de passion où il risque régulièrement sa vie pour une belle vague, et où se maintenir à niveau demande de plus en plus d’efforts…

Ce road movie documentaire l’accompagne sur l’île où il est né, la Réunion, et sur les étapes de la WSL : à Tahiti, à Hawaii et à Capbreton où se déroule l’épreuve française, la «Quiksilver pro ». Durant cette odyssée du surf, nous revenons avec lui sur sa carrière de tête brûlée, sur ses aspirations, ses combats actuels, et sur la manière dont il envisage son avenir. Nous avons rencontré l’homme derrière le surfeur qui fait vibrer toute une génération de sportifs français et réunionnais.

NOTE DU RÉALISATEUR

J’ai connu Jérémy Florès il y a deux ans, alors que je tournais un documentaire sur Kelly Slater, la plus grande figure mondiale du surf, onze fois champion du monde. C’était à Teahupo’o, à Tahiti, dans la maison Quiksilver, leur sponsor à tous les deux.

Quand je l’ai rencontré, Jérémy était dans le creux de la vague. Il était venu se ressourcer et s’entraîner avec son mentor, Raimana Van Bastolaer, pour se remettre à niveau après une baisse de régime en compétition.

Nous avons vécu une semaine dans la même maison, partagé la même chambre, les mêmes repas, les mêmes sessions de surf… Ça crée des liens. J’ai découvert un personnage, un Waterman, comme les appellent les Hawaiiens, pour qui nager, surfer, pêcher est une seconde nature. Les Watermen sont pour moi un peuple sans drapeaux ni frontières, des humains qui auraient dû naître dans l’eau, et dont le regard s’illumine lorsqu’ils évoquent l’océan.

Depuis plus de dix ans, il participe à toutes les compétitions de surf. Fidji, Tahiti, Hawaii, Californie, Australie, Afrique du Sud, Sud-Ouest de la France... Des voyages qu’il vivait comme un rêve éveillé lorsqu’il n’avait encore qu’une vingtaine d’années. Mais à 28 ans, on n’est plus si jeune dans ce milieu. La perspective est différente, un peu comme en surf lorsque qu’on glisse sur la crête d’une vague qui déferle, ou depuis le creux de cette vague, quand on la voit arriver sur soi…

La personnalité de Jérémy m’a touchée et en même temps fascinée. Ce véritable homme-poisson, aimant la mer plus que toute autre chose, souffre de ne plus être le champion de ses débuts et met tout en oeuvre pour redevenir le “prodige du surf” qu’il était. Contrairement à l’image de bagarreur que lui ont valu ses réactions souvent brutales au jugement des arbitres, Jérémy est un être joyeux,
blagueur, qui sait ce qu’il dit. C’est un bonheur de parler avec lui tant il est perspicace.

À Tahiti, il a partagé avec moi son questionnement sur ce qu’il vit : la pression constante, les décalages horaires permanents, les difficultés d’avoir des liens avec d’autres personnes quand on est toujours en voyage, l’entraînement quotidien intensif au détriment de tant de choses…

L’année suivante, ses efforts ont payé, il revenait dans le top 10 du surf, en gagnant le Billabong Pro Tahiti à Teahupo’o. Cette capacité à surmonter les défaites, ses doutes, sa solitude, est impressionnante… “Mais tout ça pour quoi ? Et pour combien de temps ?” se demande-t-il. C’est peut-être parce qu’il était dans cette période de tournant qu’il a très bien accueilli l’idée que je fasseun film sur lui.
 
David Michel, journaliste spécialiste du surf à l’Équipe, a une place particulière dans ce film. Il suit Jérémy depuis ses débuts, l’accompagne sur le tour, s’occupe de son blog. Il a tissé avec lui des liens privilégiés, il connaît ses priorités, sait quand on le dérange ou pas. J’ai rencontré David pour lui parler de mon projet et nous nous sommes entendu à merveille. Il m’a épaulé dans ce road movie intimiste, pour être au plus près de Jérémy, sans l’importuner. Son expérience de journaliste
et sa connaissance de Jérémy ont été un atout important pour le film.

À travers les yeux de Jérémy, je veux faire découvrir le microcosme très particulier du surf. Un sport qui vu de l’extérieur fait facilement rêver : les plages, la jeunesse belle et bronzée, l’esprit de vacances qu’on lui associe… mais qui est loin d’être aussi serein que ce que l’on croit. Il faut être solide pour tenir face aux assauts de la fatigue, de la peur, de la lassitude et de la mélancolie
qu’elle entraîne. Plus dur que la maîtrise des vagues, c’est un challenge psychologique que Jérémy affronte. Comment fait-il ?
Antoine Laguerre

retrouvez-nous sur reunion.la1ere.fr

 

NOTE DU PRODUCTEUR

Antoine Laguerre m’a contacté et proposé de l’accompagner sur son nouveau film : Jérémy Florès, danser dans les vagues, en août 2016. La filmographie d’Antoine était séduisante et son expérience rassure tout de suite un producteur. Mais ce qui m’a touché avant tout chez lui, c’était sa manière d’aborder chaque film comme un nouveau challenge.

Ce portrait se concentre sur la rencontre avec un personnage hors norme et sur le lien qu’il nourrit avec sa région natale, la Réunion. Jérémie est à un tournant de sa vie en tant que sportif de haut niveau. Comment se projette-t-il dans l’avenir ? Quel est son rapport avec la Réunion aujourd’hui ?
Quelles sont ses relations avec ceux qui l’entourent, avec sa famille, ses amis ?

Ce film a été réalisé par Antoine en un temps record entre fin 2016 et début 2017. Ce documentaire apporte un regard authentique sur la vie de ce champion et nous donne de nombreuses raisons de nous identifier à ce parcours qui fait rêver, à travers l’humanité de son jeune personnage.

Depuis dix ans, Jérémy entraîne beaucoup de monde dans son sillage et ce film contribuera à faire connaître ce très beau parcours tout en apportant un regard nouveau sur le monde du surf.

Jean-Marie Gigon

JEREMY FLORES, DANSER DANS LES VAGUES

JEREMY FLORES, DANSER DANS LES VAGUES