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Maud de Bohan

Pollution, les franciliens contre-attaquent

Mercredi 6 novembre à 23h30

dans Enquêtes de régions

Paris Île-de-France
L’Ile-de- France est une réserve de richesse, mais en ce qui concerne l’environnement elle est  de plus en plus en péril ! Dans ce nouveau Enquêtes de région, Maud de Bohan s'intéresse à l’eau, l’air, les sols, les paysages et le cadre de vie des franciliens en danger. Prenons en conscience avec deux enquêtes inédites  :

La plaie des décharges sauvages. Une enquête d'Aude Blacher

Dans la plaine de Carrières-sous-Poissy, s'étend une mer de déchets… 7 000 tonnes d’ordures déversés sur l'équivalent de onze terrains de foot. L’un des symboles de l’échec des autorités à mettre fin à une pollution en tout point hors normes. Les habitants disent stop, l’association Rives de Seine Nature Environnement a annoncé en septembre dernier, sa décision d'engager une procédure pour « carence fautive de l'État ». Symbole du fléau des décharges sauvages en France, cette mer de déchets prend racine, ou plutôt c'est la végétation qui prend racine, sur cet amoncellement de déchets du bâtiment déversés illégalement en pleine nature, jusqu'à début 2018 », s'indigne l'association.

Ces anciennes terres agricoles, polluées par l'épandage des eaux usées parisiennes, dont le sol est gorgé de métaux lourds, ont commencé à servir de dépotoir quand leur exploitation a été interdite en 2002. Peu à peu, les gravats ont commencé à s'amonceler. « Jusqu'à ce que le site devienne une véritable décharge illégale il y a trois ans, avec le passage d'une vingtaine de camions par jour, déversant exclusivement des déchets du BTP, dont certains inscrits à la nomenclature des déchets dangereux comme l'amiante », dénonce Anthony Effroy, Président de RSNE. Il s'inquiète aussi des risques sanitaires et environnementaux et « réclame au Préfet la réalisation d'analyses de l'air et des sols au droit de la décharge ».

Les forêts urbaines, le futur poumon de Paris ? Une enquête de Didier Morel

Y aurait-il de plus en plus de « forêts urbaines", entre béton et bitume à Paris ?. Après le bon score des verts, l’écologie est plus que jamais un enjeu dans la capitale. Quelques arbres sur une dalle de béton suffiront-ils ou la mairie a-t-elle une véritable ambition pour mieux respirer en ville ? Paris affiche un ratio de nature par habitant inférieur de moitié aux 10 mètres carrés prescrits par l’OMS. Au-delà du décor, le rôle des arbres est essentiel pour fixer le CO2, absorber les particules fines, ombrager la ville et la rafraîchir en luttant contre les îlots de chaleur urbains, en particulier pendant les épisodes de canicule. Des arbres, l’Hôtel de Ville s’est donné l'objectif d’en planter 20 000 sous la mandature d’Anne Hidalgo. Mais, pour les écologistes, la ville ne cesse d’artificialiser les sols, de les imperméabiliser et d’y insérer des arbres en pot qui peinent à se développer entre béton et bitume.

Paris deviendrait ainsi la championne d’une nature hors sol, toitures végétalisées et arbres « jetables » qu’il faut remplacer régulièrement. Rien à voir avec des arbres en pleine terre...