Dossier de presse
Télécharger la version PDF

Mai 68, un autre regard avec France 3

Gendarmes en mai 1968 © Gaumont Pathé Archives

Mai 68, point de rupture de la France du XXe siècle, a profondément métamorphosé la politique et la société française. France 3 cultive sa singularité avec une offre de documentaires, de magazines et d’éditions d’information, en donnant la parole à ceux qui ne l’avaient pas, en abordant des thématiques peu communes et en utilisant des écritures jamais utilisées jusqu’alors. 

France 3 Paris Île-de-France débute cette commémoration le 16 avril, avec la série de trois documentaires Le Triangle de Mai, sur les lieux emblématiques parisiens des révoltes étudiantes de Mai 68, et avec deux enquêtes inédites du magazine Enquêtes de région.

France 3 national propose, en première partie de soirée, le documentaire 68 : sous les pavés... les flics, qui restitue les événements du point de vue original des forces de l’ordre. En seconde partie de soirée, avec le documentaire 68, la grève du siècle en direct, la journée du 10 juin 1968 se déroule sous nos yeux ! Émilie Tran Nguyen et Djamel Mazi présentent cette édition spéciale, fictive, de Franceinfo et de France 3 Régions. Les envoyés spéciaux à Nantes, Strasbourg, Sochaux et Flins ainsi que les éditorialistes Thomas Legrand et Natacha Polony analysent « en direct » l'évolution de la situation.
Enfin, deux documentaires complètent l’offre polyphonique de France 3 : 68, année érotique, sur le grand vent de liberté qui a soufflé sur les mœurs, et Soixante-huitards de droite, ou comment d'autres jeunes de cette génération-là, adeptes d'une droite réactionnaire, voire d'extrême droite, ont tenté de faire leur propre révolution et d'imposer, violemment, leur vision du monde. 

France 3 Pays de la Loire diffuse, le 21 mai, Tous à l’usine – Histoires d’ouvriers volontaires.  Le documentaire évoque ces étudiants militants qui ont rejoint, grands idéaux en tête et Petit Livre rouge en poche, les plus grands sites industriels français pour rencontrer la fameuse « classe ouvrière ».

Du 30 avril au 6 mai, mobilisation exceptionnelle des 24 rédactions régionales avec la diffusion de séries inédites sur Mai 68 en régions, tous les jours, dans les 12/13 et 19/20. Et le dimanche 6 mai, 24 magazines de débat politique de proximité Dimanche en politique proposent également des rétrospectives, des analyses et des décryptages sur les événements de Mai 68 à l’aune des spécificités de chaque région.

Avec cette programmation riche, éclectique et différente, France 3 poursuit sa mission d’accompagner et d’informer ses téléspectateurs de façon critique sur son histoire passée et immédiate.

 

Dossier de presse
Télécharger la version PDF

Mai 68 sur France 3 national

Sous les pavés, les flics @ Gaumont Pathé archives

Une nouvelle fois, France 3 cultive son regard original avec une soirée spéciale consacrée aux événements qui bouleversèrent le Vieux Monde. Deux documentaires donnent matière à un débat. Le premier se place, et c’est nouveau, de l’autre côté de la barricade, celui des forces de l’ordre ; le second est une immersion dans la journée du 10 juin 1968, au cœur des événements les plus durs, où tout aurait pu basculer ! 
Deux autres documentaires – 68, année érotique et Soixante-huitards de droite – complètent la thématique pour démontrer qu'avant 1969, les Français avaient déjà commencé leur révolution sexuelle, et que les manifestants n'étaient pas tous de gauche !

68 : sous les pavés... les flics 
À 20.55 

Mai 68. Les étudiants et les ouvriers sont dans la rue. Le pouvoir craint une révolution. De ces semaines tumultueuses, la postérité n’a retenu que ses meneurs, mais qui se souvient des hommes qui leur faisaient face ? Policiers, CRS, gendarmes... Ils sont les oubliés de l’histoire. Sous les injures et les pavés, attendant la charge, le sort de la Ve République était pourtant entre leurs mains. Malgré l’escalade de la violence, comment un bain de sang a-t-il été évité ? 

  • Gaumont Pathé archives
    CRS
  • Affrontements

    GAUMONT PATHE ARCHIVES
    SOUS LES PAVES LES FLICS
  • Magasin occupé

    Gaumont Pathé Archives
    Magasin occupé
  • Barricades, rue de Paris

    INA
    Barricades rue de Paris
  • Barricades, rue des Saints-Pères

    Gaumont Pathé Archives
    Barricades rue des Saints Pères
  • Gaumont Pathé Archives
    Policiers
  • Slogan anti-policiers

    SOUS LES PAVES LES FLICS

En deuxième partie de soirée

À travers une édition spéciale de Franceinfo, le documentaire de France 3 Régions couvre la journée du 10 juin 1968, comme si elle se déroulait sous nos yeux !
Émilie Tran Nguyen et Djamel Mazi présentent cette édition spéciale, fictive, avec les envoyés spéciaux sur les lieux des événements en régions (Nantes, Strasbourg, Sochaux et Flins) et les éditorialistes Thomas Legrand et Natacha Polony qui analysent « en direct » l'évolution de la situation.

Émilie Tran Nguyen et Djamel Mazi © Nathalie Guyon

Encore un anniversaire ! Encore une célébration ! De Mai 68, on imagine déjà ressortir les photos jaunies de Cohn-Bendit, Geismar et Sauvageot, ripoliner les images des barricades estudiantines et festoyer en se remémorant les formidables heures vécues tout en versant une larme sur ce que la société est devenue… Cinquante ans après, il est peut être temps de raconter un autre récit !

1968 a été la plus grande grève du XXe siècle ! Plus mobilisatrice que 1936. À cette période mouvementée, France 3 décide aujourd’hui de consacrer un documentaire événement particulièrement innovant. Audacieux dans la forme, le film documentaire prend le visage et les ressorts d’une édition spéciale avec « une écriture » de 2018. Il est également novateur par son angle éditorial. Écrit avec l’historienne Ludivine Bantigny, auteure de 1968 – De grands soirs et petits matins, le film dresse le portrait d’une France entière révoltée, loin des gavroches du quartier latin, au moment où les tensions vont être poussées à leur paroxysme, le 10 juin 1968. Et pourtant, il suffira de trois semaines pour assister à la victoire impressionnante des conservateurs gaullistes.

À l’instant où les journalistes prennent l’antenne, mai est passé mais la tension sociale est toujours aussi forte. Les étudiants ne sont pas rentrés dans leurs universités, les trains ne roulent pas et les ouvriers tiennent les usines. À tel point que, ce jour-là, ils sont encore 3 millions à rêver de changer le monde, changer de système. Ce 10 juin à Flins, près des usines Renault, un jeune manifestant meurt lors d’affrontements avec la police. En réaction, Paris s’embrase à nouveau. Au même moment, des nouvelles dramatiques arrivent des usines Peugeot à Sochaux. On évoque deux nouveaux morts. L’heure est si grave que, ce 10 juin, des journalistes et des techniciens de la télévision décident de (re)prendre l’antenne pour proposer une édition spéciale. Cette uchronie documentaire permet enfin au service public de la télévision d’occuper l’antenne, alors qu’à l’époque, il était paralysé par la grève.

Sur le plateau de Franceinfo, Émilie Tran Nguyen et Djamel Mazi, avec l’aide de correspondants à Flins, Nantes ou encore Strasbourg et Sochaux, font vivre les événements en direct. Auprès d’eux, des éditorialistes, des sondeurs ou encore des sociologues racontent et décryptent la France de cette année 68, et les informations essentielles des dernières semaines ! Pendant 52 minutes, avec les codes très contemporains de l’édition spéciale, les équipes vont raconter ces événements de mai / juin 68 qui ont vu chavirer la France du général de Gaulle et des Trente Glorieuses.

Journalistes et envoyés spéciaux font découvrir un autre Mai 68, plus ouvrier, sorti de Paris et de ses quartiers étudiants, plus dur, mais porteur d’un fol espoir : changer le monde !

Un mot de la production

Imaginé directement après la diffusion de notre film Nous, ouvriers (meilleur film documentaire 2016 du Syndicat de la critique de cinéma), ce documentaire si particulier permet de réunir en une production l’ensemble des antennes régionales de France 3 autour d’un événement. La chaîne Franceinfo et Radio France se sont joints à l’aventure pour permettre de tourner sur les plateaux de la chaîne. Ensemble, l’objectif est de redonner toute sa place à cet autre visage de 1968 ; celui des drames, des mobilisations ouvrières, paysannes et des formidables espoirs générés. Quitter le quartier latin pour regarder dans les yeux le formidable espoir des territoires et des régions de France.

Bios express

Dimitri Kourtchine est l’auteur-réalisateur de ce documentaire. Il a réalisé, notamment pour Arte, des documentaires très « pop » comme Révolution VHS ou encore Rocky IV, le coup de poing américain. Pour concevoir cette édition spéciale, il est accompagné par David Montagne, réalisateur plateau de Franceinfo, qui a participé à de nombreuses aventures audiovisuelles. Les deux mettront au service du film leurs compétences spécifiques et leur imaginaire commun.

 

52 min
Un documentaire réalisé par 
Dimitri Kourtchine


Réalisation plateau : David Montagne
Conseillère historique : 
Ludivine Bantigny
Produit par
 13 Productions

68, année érotique

En deuxième partie de soirée 

C'est l’autre révolution de 68 : celle des mœurs. Virginité, fidélité, mariage : les tabous d’après-guerre sont bousculés. La révolte échoue face au pouvoir, mais libère la société. Cinquante ans plus tard, les « années 68 » restent celles qui ont émancipé la sexualité des Français.

 

Les slogans politiques ont été oubliés, mais l’émancipation sexuelle est restée. C’est peut-être le principal acquis du « joli mois de mai ». Le film donne la parole à des Français anonymes, qui racontent leurs « années 68 ». Ces témoignages se mêlent aux archives pour restituer l’ambiance de l’époque.
Ces femmes et ces hommes issus du baby boom étaient étudiants, lycéens ou déjà dans la vie active. Devant la caméra de Claude Ardid et Philippe Lagnier, ils décrivent d’abord la France d’avant mai, et l’ordre moral qui corsetait toute une jeunesse. Et puis viennent les premières manifestations de mai. On s’embrasse sur les barricades et dans les amphis. Jouir sans entraves ! D’accord, mais sur un pied d’égalité. Le féminisme s’affirme, des groupes de femmes militantes descendent dans la rue*.

Que l’on ait été homme ou femme, hétéro ou homo, ouvrier ou bourgeois, tous ces protagonistes reconnaissent une chose : Mai 68 a changé la liberté individuelle et le droit à toutes les identités sexuelles.

* Le MLF naît officiellement en 1970.

  • Sur les barricades

    Capa
    Liberté en mai 2
  • Les premières féministes descendent dans la rue

    Capa
    Féministes en mai
  • Les jupes raccourcissent, les filles s'émancipent

    Capa
    Les jupes raccourcissent
  • Les seins nus fleurissent sur les plages

    Capa
    Les seins nus s'affichent sur les plages de France
  • Marc, étudiant en 68, expérimente, pendant les manifestations et les grèves, une liberté « sensuelle »

    Capa
    Marc, étudiant en 68, expérimente pendant les manifestations et les grèves une liberté sensuelle
  • Marc aujourd'hui

    Capa
    Marc aujourd'hui
  • En mai 68, Claudine était concierge et déjà mère de famille

    Capa
    En mai 68, Claudine était concierge et mère de famille. Elle ne s'est libérée que des années plus tard, après son divorce
  • Alors que, début 68, Bruno était salarié, marié et résigné à cacher son homosexualité, les événements de 68 l'ont progressivement libéré de sa honte

    Capa
    Début 68, Bruno était salarié, marié et résigné à cacher son homosexualité. Les événements de 68 l'ont progressivement libéré de sa honte
  • Après 68, Michel, étudiant, part vivre « l'amour libre » en communauté

    Capa
    Après 68, Michel, étudiant, part vivre l'amour libre en communauté
  • Michel aujourd'hui

    Capa
    Michel aujourd'hui

Soixante-huitards de droite

En deuxième partie de soirée 

Mai 68 restera à jamais marqué par la victoire culturelle et idéologique de l’extrême gauche et par l’aspiration libertaire de la jeunesse. Pourtant, il y eut une autre jeunesse, nostalgique d’une France de l’ordre et tout aussi critique sur son époque ! 

Parmi les manifestants de 68, d'autres jeunes ont tenté, eux aussi, de faire leur révolution et d'imposer violemment leur vision du monde. Ce film est l’histoire d’une autre révolte contre le pouvoir gaulliste. À partir des témoignages d’acteurs connus et inconnus tels que Patrick Buisson, Patrice Gélinet, Bernard Lugan, Gérard Longuet, Alain Madelin, Alain Robert, retour sur un Mai 68 oublié, celui des baby boomers, adeptes d'une droite réactionnaire.

  • Manifestation d'extrême droite en 68

    DR
    Manifestation d'extême droite en 68
  • Patrick Buisson

    DR
    Patrick Buisson
  • Bernard Lugan

    DR
    Bernard Lugan
  • Alain Duguet

    DR
    Alain Duguet
  • Gérard Longuet

    DR
    Gérard Longuet
  • Alain Madelin

    DR
    Alain Madelin
  • Manifestation anticommuniste en 68

    DR
    Manifestation anti-communiste en 68
  • Manifestation du groupe Occident en 68

    DR
    Manifestation du groupe Occident en 68
Dossier de presse
Télécharger la version PDF

Mai 68 sur France 3 Paris Île-de-France

Manifestations mai 68

Parce que Paris et sa proche banlieue ont été les témoins des plus grandes manifestations, symbolisant ainsi le berceau de Mai 68, l’antenne de France 3 Paris Île-de-France met en place un dispositif exceptionnel pour commémorer le cinquantième anniversaire de ces événements qui bouleversèrent en profondeur la société. 

Le Triangle de Mai – Série documentaire inédite

Nanterre, les Beaux-Arts, la Sorbonne... Cinquante ans après, Le Triangle de Mai revient en trois films sur les lieux emblématiques des révoltes étudiantes de Mai 68. Préférant les chemins de traverse aux routes balisées, entre archives et témoignages, Le Triangle de Mai nous fait revivre les événements au jour le jour, les combats et les espoirs de l'époque, tandis que les étudiants d'aujourd'hui nous disent ce qu'il reste de l'esprit de Mai 68.

Le Triangle de Mai – Nanterre
Lundi 16 avril à 23.40

Pour comprendre les émeutes du quartier latin de Mai 68, il faut remonter la piste jusqu'à Nanterre. C'est de là qu'un nuage de révoltes, porté par un vent d’Ouest, descendra doucement sur Paris. La faculté de Nanterre, ce sont quelques cubes de béton bâtis à la hâte au milieu des bidonvilles pour accueillir une nouvelle génération d'étudiants toujours plus nombreux. C'est là que se concentrent les frustrations et les revendications de la jeunesse, entre agitation politique et aspiration à plus de liberté. Déclenchée par quelques incidents sur le campus, la grogne va bientôt gagner tout le pays…

Avec les témoignages de Françoise de Panafieu, Blandine Kriegel, Jean-Pierre Duteuil, Philippe Meyer, Serge July, Dan Franck, Henri Weber...


Le Triangle de Mai — Les Beaux-Arts
Lundi 23 avril à 23.40

Durant Mai 68, l'école des Beaux-Arts de Paris a mis la révolte en affiches. Des images et des slogans qui sont devenus les icônes du mouvement. En cette fin des années 1960, l’école des Beaux-Arts est une institution poussiéreuse et conservatrice. On y passe des années à apprendre un art académique sous la férule de vieux maîtres. Si une contestation sourde traverse l'école depuis quelques années, ce sont les événements de mai qui vont tout déclencher. Étudiants, artistes et intellectuels vont s'embarquer dans une aventure humaine unique : l'occupation de l'école pendant quarante-six jours et la mise en place d'une vie communautaire avec sa cantine, sa crèche et ses tours de garde. Chaque nuit, dans « l'atelier populaire », se créent collectivement des affiches emblématiques qui vont se répandre dans Paris et marquer les imaginations jusqu’à aujourd'hui.

Avec les témoignages de Roland Castro, Julio Le Parc, Norbert Chautard, Bruno Queysanne, Bernard Rancillac, Anne-Marie Garcia, Emmanuel Schwartz...


Le Triangle de Mai – La Sorbonne
Lundi 30 avril à 23.40

Avec la Sorbonne, c'est la chronique de ce fameux mois de mai racontée du point de vue de la vénérable université parisienne. Un récit au jour le jour dans une chronologie serrée. Les faits, rien que les faits : de l'évacuation par la police le 3 mai en passant par l'occupation des bâtiments du 13 mai au 23 juin. C'est le mai de la Sorbonne vécu depuis l’intérieur de l’université, tandis que la paralysie s'étend peu à peu à tout le pays. Mai 68 vu par le petit bout de cette lorgnette-là, avec les souvenirs de ceux qui ont écrit cette page d'histoire. Et en connexion avec notre époque, des étudiants d'aujourd'hui nous livrent leur vision de ce mois de mai, vieux d'un demi-siècle.

Avec Alain Krivine, Patrick Fillioud, Hervé Chabalier, Bernard Guetta, Marc Kravetz, Brice Lalonde, Jean-Marcel Bouguereau, Marie-Élisabeth Allainmat, Jean-Pierre Duteuil, Henri Weber...

  • Affiche « Sois jeune et tais-toi »

    Affiche Sois jeune et tais toi
  • La Sorbonne : assemblée générale

    Assemblée générale
  • Affichage sur murs

    affichage sur murs
  • Affiche

    Affiche nous sommes le pouvoir
  • Création d'affiches en 68

    Affichage

Le mercredi 2 mai après le Soir/3

Le magazine d'enquêtes de la rédaction propose un numéro spécial Mai 68 avec deux enquêtes inédites, l’une construite à partir de témoignages, l'autre consacrée au quartier latin.

Enquêtes de région

Mai 68, nouveaux regards
Une enquête de Fernando Malverde et Nedim Loncarevic – 26 min

Cinquante ans après Mai 68, qu'en reste-t-il ? Les récits de quelques vedettes et leur évolution politique ont souvent occulté d'autres mémoires plus anonymes. On a oublié dans quel contexte a surgi la crise de mai / juin 68. Les barricades du quartier latin semblent avoir relégué à l’arrière-plan la plus grande grève ouvrière de l’histoire du pays. Portraits croisés de Dominique Tabah, étudiant à la cité universitaire de Nanterre, de Marc Jannot, postier devenu militant maoïste, d'Aimé Halbeher, qui dirigeait la CGT à Renault Billancourt, et de Michel Anfrol, journaliste à l'ORTF et non gréviste par fidélité au général de Gaulle. Avec eux, de jeunes historiens nous aideront à revisiter le regard sur un événement devenu, aujourd'hui, mythique.

 

Le Quartier latin
Une enquête de Geneviève Faure et Nedim Loncarevic – 13 min

En mai 1968, le quartier latin fut le théâtre de la plus grande révolte étudiante du XXe siècle. De la Sorbonne occupée à la nuit des barricades du 10 mai, la violence des confrontations entre étudiants et forces de l'ordre a surpris tout le monde. Les deux premières semaines de mai, le théâtre de l'Odéon, l'école des Beaux-Arts, le boulevard Saint-Michel ou encore la rue Saint-Jacques sont devenus le cœur battant de cette époque. Alain Krivine était l'un des leaders du mouvement. Il nous livrera ses souvenirs de l'époque. Un ancien de France-Soir, Jacques Boissay, évoquera également ces moments inoubliables dans sa carrière de photojournaliste. Ses clichés ont fait la une du célèbre quotidien – qui tirait à l'époque près d'un million d'exemplaires –, et lui-même fut blessé par un pavé. De nombreux films et photographies d’archives illustreront ce récit.

 

Fiche technique

Magazine d’information – 52 min
Présenté par Yannick Le Gall
Rédacteur en chef : Jean-Claude Desjacques
Produit par France 3 Paris Île-de-France 

Dossier de presse
Télécharger la version PDF

mai 68 sur France 3 pays de la Loire

Manifestations en usine © DR

Étudiants, tous à l’usine – Itinéraires de maoïstes ouvriers
Lundi 21 mai, après le Soir/3, sur France 3 Pays de la Loire, et le jeudi 24 mai sur France 3

 

En marge de Mai 68, une expérience peu connue s’est développée, celle de « l’établissement ». Le documentaire expose cet engagement radical, qui a vu des étudiants, dont certains venus de milieux très privilégiés, s’établir incognito en usine. La réalisatrice est partie à la rencontre de ces « ouvriers volontaires » cinquante ans après, de Nantes à Sochaux, de Flins à Roubaix.
Un film inédit à découvrir !

Alors que Mai 68 se termine, que les ouvriers retournent dans les usines et les étudiants dans leurs amphis, il est un petit groupe pour qui la lutte ne s’achève pas là. Ils ont à peine 18 ans, sortent tout juste de la Sorbonne ou du lycée Louis-le-Grand et ne connaissent de la « révolution » que les écrits de Marx, Lénine ou Mao. Mais ils sont convaincus que, pour mener la lutte, il ne faut pas se contenter de tracter à l’extérieur des usines, il faut s’y faire embaucher. Ces « établis » rejoignent donc, grands idéaux en tête et Petit Livre rouge en poche, les plus grands sites industriels : Flins, Sochaux, Saint-Nazaire... C’est là-bas, croient-ils, qu’ils rencontreront la fameuse « classe ouvrière ». C’est là-bas, espèrent-ils, qu’ils rallumeront la flamme de la révolution… Aujourd’hui, ces anciens militants nous racontent leurs années d’« établissement », leur engagement total, leur rencontre avec la classe ouvrière, leurs espoirs et leurs désillusions.

Claire Brière-Blanchet © DR

Claire Brière-Blanchet

Fille d’ingénieur dans la métallurgie, elle passe son enfance dans diverses usines de Saint-Étienne à la Courneuve. Étudiante en histoire à la Sorbonne, elle s’engage dès 1964 auprès des maoïstes, puis de la gauche prolétarienne. Elle s’établit ensuite dans une des antennes de Thomson dans le Vercors, puis à Peugeot-Sochaux. Elle finira par quitter l’usine en 1972 et entre à Libération en 1975. Elle entamera alors une carrière de journaliste spécialiste des zones de conflits et de dictatures. Elle est aujourd’hui encore journaliste et écrivain.

Fabienne Lauret et Nicolas Dubost © DR

Fabienne Lauret et Nicolas Dubost

Étudiante en histoire et en philosophie, militante au sein des Jeunesses communistes révolutionnaires, Fabienne s’établit à Renault-Flins en 1971. Bien intégrée dans l’entreprise, elle devient déléguée syndicale à la CFDT. Contrairement à la plupart des établis, elle continuera son travail à l’usine bien après le milieu des années 70. Elle est également très engagée en dehors de l’usine auprès, notamment, du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC). En 1983, lassée de son travail manuel mais ne désirant nullement quitter Flins, elle travaillera au sein du CE. Toujours aussi combative aujourd’hui, elle vient de publier un livre qui raconte sa vie d’engagement.

Né d’un père « petit-bourgeois, intellectuel de gauche parisien », lycéen à Henri-IV, puis étudiant en histoire à Censier, Nicolas milite auprès des Jeunesses communistes révolutionnaires. En 1971, il décide de s’établir chez Renault à Flins. Il y reste plusieurs années, malgré les doutes concernant l’utilité effective de sa présence sur les lieux. En 1979, toujours établi, il publie Flins sans fin, qu’il vendra jusque dans les murs de l’usine. Licencié de Renault en 1981 pour « arrêts-maladies répétés perturbant l’organisation du travail », il refuse une embauche à Libération et finira par créer une société de conseil pour les comités d’entreprises.

Juliette Campagne © DR

Juliette Campagne

Née dans la grande noblesse mais mise en nourrice chez une famille ouvrière, Juliette s’engage très tôt au Parti communiste, qu’elle quittera rapidement pour rejoindre l’Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes. Parmi les pionnières de l’établissement, elle travaillera dès janvier 1968 dans diverses usines à Paris, puis dans la région de Roubaix. Arrêtée lors d’échauffourées avec la police et condamnée à de la prison ferme, elle se « désétablira » à sa sortie pour rester chef du groupe de la gauche prolétarienne de Roubaix. Elle continuera ensuite à être très engagée, notamment pour la cause des femmes à Roubaix, et créera finalement l’association « Lis avec moi » pour faire découvrir à ceux, petits et grands, qui n’ont pas forcément accès aux livres, le plaisir de la lecture.

Nicolas Hatzfeld © DR

Nicolas Hatzfeld

Fils d’un professeur d’histoire et d’une assistante sociale engagés à gauche, il étudie l’histoire à l’université de Lyon et adhère au Parti communiste marxiste-léniniste de France, un courant « concurrent » de la gauche prolétarienne. En 1970, il lâche ses études pour s’établir chez Peugeot à Sochaux. En 1975, le Parti lui demande de quitter l’usine pour revenir militer à Paris. Déconnecté du terrain, et donc de ce pourquoi il militait, il s’écarte peu à peu du groupe politique et reprend ses études. 

Jean-Pierre Martin © DR

Jean-Pierre Martin

Nantais issu d’un milieu modeste, il fait son année d’Hypokhâgne à Louis-le-Grand, puis une licence de philosophie à la Sorbonne. Il adhère à la gauche prolétarienne durant ses années parisiennes et revient s’établir en Pays de la Loire, notamment à Sud-Aviation. Il rejoint ensuite Saint-Étienne où il s’établit à nouveau dans diverses usines de la métallurgie. Il finit par quitter l’usine pour « s’engager » dans une vie à la campagne. Poursuivant ses études par correspondance, il est admis à l’agrégation de Lettres, publie plusieurs ouvrages, dont Le Laminoir, sur son expérience d’établi. Il est aujourd’hui écrivain et professeur émérite à l’université de Lyon 2.

Virginie Charbonneau © Charles Hermand

En mai, Virginie Charbonneau présente deux émissions de Dimanche en politique :

  • le 6 mai à 11.30 sur l’histoire de Mai 68 en Pays de la Loire ;
  • une deuxième émission sur l’héritage de mai 68.


Une semaine spéciale Mai 68 dans les éditions régionales du 30 avril au 6 mai 2018
Avec des archives et les témoignages d’aujourd’hui des acteurs de ce mouvement, focus sur les paysans, la mobilisation des ouvriers, le déroulé du mois de mai 68 dans la région, le mouvement étudiant et le quotidien de 1968 en Pays de la Loire.
Des témoignages de personnalités de la région, comme Jean-Marc Ayrault, Roselyne Bachelot, Hervé de Charette et Jean-Claude Boulard, informer de ce qu’elles faisaient à cette époque.

Le dimanche 6 mai, la chronique Vu de l’Ouest s’interrogera : « Mai 68 aurait-il eu lieu sans l’ouest de la France ? »