Communiqué du 03 mars 2020

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Danser sa peine

Jeudi 26 mars à 23h25

Danser sa peine - Inédit

Grand Prix national au Fipadoc 2020

france 3

Danser sa peine

Les documentaires de « La Ligne bleue » racontent celles et ceux qui, au cœur de nos territoires, s’engagent, se battent, partagent des combats et des rêves. Engagés ou simples acteurs d’autres possibles, leurs combats sont personnels ou collectifs. Leur échelle est locale, du jardin aux champs cultivés, de l’atelier à l’usine, du village à la ville, mais leur optimisme résonne en chacun de nous ! Ils nous inspirent et nous émeuvent.

 

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Résumé

Elles s’appellent Sylvia, Litale, Sophia, Annie et Malika... Elles n’ont jamais dansé et sont incarcérées à Marseille dans le quartier des longues peines. Pendant 4 mois, deux fois par semaine, elles vont suivre l’atelier du célèbre chorégraphe Angelin Preljocaj.
Ce film raconte l’histoire de ce projet fou, bouleversant, audacieux. Entraîner et faire danser les détenues qui se produiront "hors les murs" sur des grandes scènes prestigieuses comme celle du Pavillon Noir à Aix et à Montpellier au Festival international de la Danse... Un autre regard sur la prison, sur l’enfermement des corps et sur le processus de création.

 

Note d'intention de Valérie Müller, la réalisatrice

J’ai toujours porté dans mes films un intérêt très particulier aux destins des femmes. Après Polina, danser sa vie, mon dernier long-métrage, le désir de filmer un autre aspect de la condition féminine s'est concrétisé dans le monde carcéral. Filmer des femmes détenues qui doivent trouver dans leur corps et par leur esprit l’énergie et la conviction d’aboutir un spectacle est un enjeu narratif qui me passionne. Entrer dans un monde féminin méconnu et diabolisé, par le prisme de l’art et l’objectif de son accomplissement sur scène, représente un arc dramatique singulier que je veux restituer dans ce film. En une heure, Danser sa peine tente de trouver les voies d’émancipation, voire de rédemption, que le travail de la danse avec un chorégraphe comme Angelin Preljocaj peut ouvrir à ces femmes dont les existences et les corps sont maintenus en détention.

 

Note d’Angelin Preljocaj

Le mot « prison » vient du latin prensionem qui marque l’action d’arrêter. La prison, c’est à la fois la prise des corps, et l’endroit où l’on enferme ces corps. C’est pourquoi je pense que le corps chez ces personnes en situation de privation de liberté est le dernier territoire à investir. En entrant en prison, on dépose tous ses effets personnels, montres, bijoux, téléphones, liens avec l’extérieur, etc. Que reste-il à explorer ? Son propre corps … Avec le directeur des Baumettes, j’ai évoqué l’idée d’un travail au long cours avec un groupe de détenues. Montrer une forme chorégraphique singulière au plus près du ressenti de ces femmes est l’objectif premier. Présenter à un public hors de la prison pour mettre dans la lumière ces femmes de l’ombre est l’autre enjeu de ce projet. L’aspect non professionnel des participantes est aussi pour moi une nouvelle source de réflexion et de création dans mon parcours. L’expérience qui en découlera ne sera pas unilatérale, et pour être nourri par ces personnalités, j’espère en retour leur apporter une aventure qui contribuera à leur donner une nouvelle vision de l’art et peut-être une nouvelle façon d’appréhender le monde. Ce nouveau défi après trente ans de carrière est à la mesure de ces enjeux.

 

Biographie de Valérie Müller

Après des études d’histoire de l’art et de cinéma à la Sorbonne où elle est l’élève d’Eric Rohmer, elle travaille comme assistante de production et régisseuse dans différentes sociétés de production. Elle réalise son premier court-métrage, « Un matin blanc », en 1995, puis « La Surface de réparation » en 1998 avec Marion Cotillard. Dans le cadre de la collection « Ecrire Pour » de Canal+, elle réalise « Les Hommes s’en souviendront » en 2007 où Marina Foïs incarne le rôle de Simone Veil. Son premier long-métrage, « Le Monde de Fred », sort en salle en 2014. Elle coréalise en 2016 avec Angelin Preljocaj « Polina, danser sa vie » d’après l’œuvre graphique de Bastien Vives, avec Juliette Binoche et Niels Schneider. Le film est distribué en France par Ugc et à l'étranger dans une trentaine de pays. Son prochain long-métrage, « La Danse de sang », et la série de fiction « Showtime » sont actuellement en développement.

Son documentaire « Danser sa peine », réalisé en 2019, a reçu le Grand Prix national au Fipadoc 2020.