Dossier de presse
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L'Adieu à la nuit

En DVD et VOD le 24 août

L'Adieu à la Nuit

Un lien fort entre une grand-mère et son petit-fils, bouleversé par un phénomène tabou de notre société

Muriel est folle de joie de voir Alex, son  petit-fils, qui vient passer quelques jours chez elle avant de partir vivre au Canada. Intriguée par son comportement, elle découvre bientôt qu’il lui a menti. Alex se prépare à une autre vie. Muriel, bouleversée, doit réagir très vite…

 

Film présenté hors compétition à la Berlinale 2019

 

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Note d'intention

Entretien avec André Téchiné, réalisateur.

Comment a démarré le projet de L’Adieu à la nuit ?

Il y a eu convergence de plusieurs choses. D’abord un livre de David Thomson (Les Français jihadistes, Les Arènes), recueil d’entretiens très bruts, très crus, de jeunes français partis en Syrie faire le jihad. Leurs paroles m’ont fait penser au moment où Jacques Nolot m’avait montré le texte de La Matiouette. Ça m’intéressait de voir si on pouvait incarner ces paroles en mettant en scène des acteurs, si on pouvait transformer ce matériau de reportage en matière de cinéma. Il y avait aussi la question du regard d’une personne de ma génération, d’où la présence de Catherine (Deneuve), avec cette complicité et ce désir de renouvellement qui nous lient depuis longtemps. Je souhaitais un champ/contrechamp entre Catherine et ces dialogues bruts de jeunes jihadistes prélevés directement dans le réel. Enfin, il y avait aussi le motif de la transition juvénile qu’est l’adolescence, avec cette grand-mère qui découvre un aspect de la post-adolescence qui a pris un visage terrifiant. Qu’est-ce qu’on ferait à sa place, face à une telle situation ?

 

Éprouviez-vous une crainte à l’idée d’aborder le contexte de la radicalisation religieuse, sujet sulfureux, délicat à manier, objet de multiples polémiques dans les médias ?

Pour ces adolescents attirés par le jihad, il y a un « désir furieux de sacrifice ». Je trouvais ça certes brûlant, mais aussi susceptible de ne pas intéresser que moi, mais tout le monde. C’est un sujet clivant et ouvert à la fois. Et ce film ne représente que mon regard sur ce sujet, c’est une proposition de fiction. Quand des adolescents prennent ce nouveau visage « monstrueux », cherchent un nouvel enracinement, c’est comme une conversion maléfique dans un pays inconnu. Cinématographiquement, cela m’amenait vers une dimension de fantastique intérieur.

 

Le film est renoirien au sens où vous ne jugez pas vos personnages et où vous les regardez tous avec la même attention. Les deux jeunes joués par Kacey Mottet Klein et Oulaya Amamra font des choix funestes, condamnables, mais en même temps, vous les montrez habités par un idéal romantique qui les rend troubles, passionnants, ambigus, aussi aimables que détestables. Et à l’inverse, la grand-mère est un personnage bienveillant mais qui a aussi ses zones d’ombres…

On s’identifie forcément plus facilement à Muriel, la grand-mère jouée par Catherine. Quand elle prévient la police, c’est un geste de délation mais surtout un geste salvateur, protecteur. J’ai essayé d’éviter la caricature, j’ai recherché la complexité morale en dressant un constat. Concernant Alex (Kacey Mottet Klein) et Lila (Oulaya Amamra), le processus de déshumanisation dans lequel ils s’engagent est terrifiant, mais en même temps, ils restent humains. À la fin, c’est la liberté de chaque spectateur d’être triste ou soulagé quand le rêve toxique de ces jeunes s’effondre avec l’arrestation.

 

Le film est traversé par une tension, une énergie, un suspens, presque comme dans un thriller…

Je voulais montrer ces jeunes dans la situation concrète des préparatifs de leur futur voyage. Comment fait-on pour réunir l’argent, comment on se regroupe, tout cela en se cachant de son entourage, en restant clandestin… Il y avait là des éléments de polar, de film de braquage, sans besoin de forcer sur les codes de genre. Je voulais suivre leur mouvement, suivre leur action.

 

À travers le personnage d’Alex, mais aussi avec Youssef, l’associé maghrébin de Muriel, ou Fouad, l’ex-jihadiste repenti, vous avez voulu montrer que l’appétence pour l’islamisme radical ou son rejet ne sont pas forcément une affaire d’origine ethnique ou sociale ?

Fouad est peut-être l’incarnation du destin dont rêve Muriel pour Alex. Dans la documentation que j’ai consultée, les candidats jihadistes français viennent à 60% des classes moyennes, à 30% des classes populaires et à 10% des classes aisées. On voit bien qu’il n’y a pas un profil-type. De plus, je tenais absolument à éviter que les personnages soient des posters sociologiques. Je voulais rester dans la subjectivité et la singularité. Benslama que je citais à l’instant, parle « d’individus ensauvagés ». Ce phénomène s’est précisé et accéléré depuis 2005 par le biais d’internet.

 

Votre film indique une fracture finalement plutôt générationnelle qu’ethnique ou sociale, ce qui fait penser aux Roseaux sauvages.

Les Roseaux, c’était l’intrusion de la guerre d’Algérie dans la France profonde. L’Adieu à la nuit, c’est l’intrusion de la radicalisation islamiste dans une nouvelle France. On peut y retrouver le préjudice causé par le colonialisme (entre autres la guerre d’Algérie) et brandi comme un étendard identitaire et vengeur. Par ailleurs le personnage de Youssef, l’associé de Muriel, est un exemple d’intégration.

 

Bande-annonce

Bande annonce L'Adieu à la nuit

Critiques

La presse en parle

« L’Adieu à la nuit » est un traité des passions mettant en scène la tristesse politico-sociale qui nous gagne et l'allégresse morale et collective qui malgré tout s’entête. Sans pour autant verser dans le vacarme dialectique entre requiem funèbre et hymne à la joie. – Les Inrockuptibles

 

« L’Adieu à la nuit », un adieu à la vie. Une femme, incarnée par Catherine Deneuve, est confrontée à l’embrigadement de son petit-fils et à son départ prochain pour la Syrie. Pour son 23e long métrage, André Téchiné dresse un portrait intime et vibrant de jeunes gens tentés par un ailleurs mortifère. – La Croix

 

Dans le film d’André Téchiné, Catherine Deneuve affronte la radicalisation de son petit-fils. Un drame intense, où les tensions se développent progressivement. – Le Figaro

 

La beauté et la pertinence du film tiennent d’abord à ce qu’il ne cherche pas à expliquer le désir de djihad des trois jeunes personnages (...). – Le Monde

 

Dans « L’Adieu à la nuit », le cinéaste retrouve pour la 8e fois son actrice fétiche. Pour un film éblouissant marqué par l’actualité la plus sombre. – Le Parisien

 

André Téchiné frappe en plein cœur avec ce portrait lyrique et complexe d’une femme impuissante face à la radicalisation de son petit-fils. – Paris Match

 

“L’Adieu à la nuit” : André Téchiné signe un thriller intense – Télérama

 

Inspiré par le livre d’entretiens de David Thomson, Les Français jihadistes, le scénario évite les clichés et, surtout, flirte avec le thriller avec une aisance qui accroche le spectateur. – Rolling Stones

 

Sur un sujet ô combien brûlant, la radicalisation islamiste, André Téchiné a réalisé un film d’une troublante et parfois dérangeante finesse (…) Un film de haute tension, mais qui reste jusqu’au bout d’une bouleversante mélancolie. – Le Nouvel Obs

 

Dans son nouveau film, André Téchiné dirige pour la huitième fois Catherine Deneuve, sa complice de toujours, mais il surprend en mettant en scène une histoire où sévissent des apprentis djihadistes. Résultat : une fiction audacieuse et troublante. – Les Echos

Photos

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    L'Adieu à la nuit - Catherine Deneuve
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    L'Adieu à la nuit - Kacey Mottet Klein
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    L'Adieu à la nuit - Kacey Mottet Klein
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    L'Adieu à la nuit - Oulaya Amamra
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    L'Adieu à la nuit - Oulaya Amamra, Kacey Mottet Klein