Dossier de presse
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Les Hirondelles de Kaboul

En AVP digitale le 4 janvier - En DVD et VOD le 8 janvier

Les Hirondelles de Kaboul

Un hymne à la résistance face à l'oppression, plein d'espoir et de tendresse.

Été 1998, Kaboul en ruines est occupée par les talibans.
Mohsen et Zunaira sont jeunes, ils s’aiment profondément. En dépit de la violence et la misère quotidiennes, ils veulent croire en l’avenir. Un geste insensé de Mohsen va faire basculer leurs vies.

 

Sélection Un Certain Regard du Festival de Cannes 2019 

Sélection officielle Festival International du Film d’Animation d’Annecy 2019 

Lauréat du Prix du Public du Valletta Film Festival 2019

Lauréat du Valois de Diamant et du Valois de la musique de film du Festival du Film Francophone d’Angoulême

Les Hirondelles de Kaboul

 

Entretien avec Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec, réalisatrices

Comment est né ce projet ?

Zabou Breitman : En 2012, le producteur Julien Monestiez est venu me voir avec un scénario adapté du roman Les Hirondelles de Kaboul, de Yasmina Khadra et Les Armateurs (producteur notamment des Triplettes de Belleville et d’Ernest et Célestine) était d’accord pour en tirer un film d’animation. Est-ce que cela m’intéressait ? Oui, l’idée me plaisait énormément, mais à condition que ce soit à ma manière : c’est-à-dire que les personnages soient portés par le jeu des acteurs au lieu que les comédiens soient au service de gestuelles ou de mimiques préétablies. Je l’ai dit d’emblée : il faudra que ça soit très bien joué. Pas seulement bien parlé, mais que les mouvements des personnages, leur rythme, leur respiration, soient justes. Les Armateurs ont lancé un casting de graphistes. On s’est mis à regarder des dossiers où les candidats avaient planché sur les personnages.

Éléa Gobbé-Mévellec : On nous a adressé le scénario en nous demandant de proposer une direction artistique et un graphisme complet. Je connaissais Didier Brunner, qui était alors aux Armateurs, j’avais été dessinatrice d’animation sur Ernest et Célestine et je développais un projet personnel de long métrage que Didier suivait. Il m’a demandé de réfléchir aux Hirondelles de Kaboul…

 

Au fond, qu’est-ce qui vous séduisait dans ce projet ?

Zabou Breitman : En termes de récit, il y avait la possibilité d’en faire quelque chose d’incroyable en animation. L’extrême abstraction et la durée apportées par l’animation font qu’il y a une forme de douceur propice à représenter la dureté de cette histoire. Le dessin apporte une distance qui rend les images supportables. Je ne sais pas si l'on supporterait un film en prises de vue réelles sur le même sujet. Ce serait trop violent. En voyant les essais d’Éléa, la perspective est devenue assez glorieuse : tout devenait possible, et la même beauté.

Éléa Gobbé-Mévellec : J’avais les mêmes ambitions. Et me documentant, j’ai vu une richesse graphique potentielle qu’on ne trouve pas ailleurs. Cette histoire compliquée que vivent les personnages, on pouvait la mettre en lumière de façon spécifique. Raconter des choses extrêmement fortes à partir d’un visuel puissant, ça m’intéressait beaucoup. 

 

L’étape suivante a donc été le pilote…

Éléa Gobbé-Mévellec : Oui, début 2014. Un échantillon du film qui sert à vraiment poser le graphisme et à montrer ce que sera le film. Une scène à deux personnages : Nazish et Atiq, joués par le père de Zabou, Jean-Claude Deret, et par Simon Abkarian. Il en reste un fragment dans le film terminé.

Zabou Breitman : Éléa a commencé à travailler selon le procédé qu’on allait suivre jusqu’au bout. A savoir qu’il fallait reconnaître l’acteur à travers le personnage, sans que ce soit du copié-collé. On a filmé papa et Simon dans le studio d’enregistrement du son. Je leur ai demandé de jouer la situation, avec leurs gestes, leur manière d’être. Je les ai mis en espace…

Éléa Gobbé-Mévellec : On a pris le son à la perche, on a posé deux caméras témoin avec deux angles différents pour servir de référence, mais ce n’est pas de la rotoscopie… On ne voulait surtout pas de la « surfluidité » de la rotoscopie. On voulait une animation épurée, la plus synthétique possible. Si l’image doit rester fixe, elle restera fixe. Mais on isolera le micro-mouvement qui donne l’émotion souhaitée et qui caractérise le personnage. C’est de l’animation 2D traditionnelle : le décor est fixe, des calques apportent le mouvement. C’est un graphisme très jeté, au pinceau, une ligne qui disparaît, qui réapparaît…

Zabou Breitman : Pendant la fabrication du pilote, j’ai pu réaffirmer mes choix concernant l’animation. Un haussement d’épaule de mon père avait été réinterprété façon « dessin animé » par un grand geste de bras surexpressif. Mais le geste initial était beaucoup plus juste. C’est sur cet infiniment petit que je voulais que le personnages soient animés.

 

Au fond, c’est la beauté de Zunaira et de son dessin qui va déclencher la métamorphose d’Atiq…

Zabou Breitman : Oui, dans le livre, Atiq tombe presque amoureux de Zunaira. Dans le film, il n’est pas question qu’Atiq la sauve pour partir avec elle : il veut sauver l’amour. Il est amoureux du fait que Zunaira aimait et était aimée. Il se revoit, plus jeune, et Mussarat aussi. Il le dit, il faut sauver les jeunes… Mohsen s’est « déshumanisé » en participant à la lapidation, Atiq redevient humain. J’aime bien que les parcours de ces personnages se croisent. Et qu’ils se croisent réellement. C’est quelque chose qu’avait suggéré Alexandre Mallet-Guy, de Memento, quand il s’est engagé à distribuer le film. Quand Atiq rencontre Mohsen, il lui répète ce que lui a dit son ami Mirza, au café : « Aucun homme ne doit quoi que ce soit à une femme. » Mais il sait que ce n’est pas vrai…

Éléa Gobbé-Mévellec : En réécrivant le scénario, tu avais cherché à utiliser à plein la liberté de l’animation. Avec, notamment, deux idées très belles : le passage du temps devant le cinéma, les femmes habillées à l’occidentale qui sont tout à coup en tchadri quand on revient au présent ; et Mohsen, dont Zunaira lave les pieds, qui voit l’espace d’un instant la bassine se rougir du sang qu’il a versé… D’une manière générale, tu avais rajouté dans le script des éléments visuels dont il était privé.

Zabou Breitman : Il faut rendre au roman ses deux idées majeures et assez incroyables. D’abord, le fait que, sans raison, sans explication psychologique, Mohsen participe à la lapidation. Il ramasse un caillou et le lance. D’un geste, c’est la fin de son monde et c’est la fin de l’humanité. Et puis le sacrifice de Mussarat… J’aime aussi le personnage de Nazish, qui est joué par mon père : un ancien mollah qui ne suit plus le mouvement. C’est quelqu’un qui a la foi, mais qui voit les abus commis au nom de la religion. Je n’ai rencontré Yasmina Khadra qu’après l’écriture du scénario, mais il nous a laissé une entière liberté.

Éléa Gobbé-Mévellec : Il a eu de jolis mots. Il aimait l’idée que l’on s’empare de son histoire pour en inventer une autre.

Zabou Breitman : Le roman se passe en 2001, le film est censé se passer en 1998, les talibans viennent d’arriver, ils n’ont pas encore de longues barbes ! Et c’est pour ça qu’on entend le match de foot à la radio avec le nom de Zidane. Je me suis dit : quel est l’élément de 1998 que tout le monde peut reconnaître ? La Coupe du Monde, bien sûr.

 

Le scénario achevé, vous êtes passées au casting ?

Éléa Gobbé-Mévellec : Il y a eu d'abord deux ans de recherche de financement ! Je suis repartie travailler dans l’animation, notamment sur Avril et le monde truqué. Et puis tout s’est déclenché en 2016.

Zabou Breitman : Oui, je m’inquiétais pour mon papa qui était très âgé. Je voulais absolument qu’il soit là pour jouer Nazish, avec sa voix fatiguée, hésitante. J’ai choisi les autres comédiens. J’avais parlé à Simon Abkarian de Hiam Abbass, qu’il connaît bien. Je me disais que ça serait bien que le couple âgé ait un léger accent, quelque chose dans le son de la voix qui ne soit pas franco-français. Par ricochet, cela permettait une identification plus forte avec le couple formé par Swann Arlaud – que j’ai choisi avant Petit paysan – et Zita Hanrot, qui est arrivée assez tard sur le projet. Et puis il y a les trois Comédiens-Français : Serge Bagdassarian, qui joue le mollah, Laurent Natrella qui tient plusieurs petits rôles, et Sébastien Pouderoux, qui joue Qassim. Pour le « grand méchant », je voulais un très beau mec. Et Sébastien joue aussi le borgne, dans la discussion sur la guerre contre l’URSS. C’est lui qui dit en contrefaisant sa voix : « J’suis borgne, mais j’suis pas sourd » !

 

Comment avez-vous choisi la musique ?

Zabou Breitman : J’ai rencontré Alexis Rault sur Paris, etc. où il avait complété la musique de Benjamin Biolay. Il a eu une inspiration, notamment des chœurs d’hommes qu’il a enregistrés chez lui. Et tout est devenu facile, ensuite. Je l'ai encouragé à se servir de la chanson iranienne qu’on entend dans le film : il en a pris la mélodie, très simple, très belle et il a pu la décliner.

Éléa Gobbé-Mévellec : Il a trouvé le bon dosage, une musique qui est presque une absence de musique. Et pourtant, malgré sa di scrétion, elle porte et révèle tout le film.

 

Vous avez toujours été d’accord, toutes les deux ?

Zabou Breitman : Quasiment toujours. J’ai resserré les boulons sur les questions de cinéma, sur les axes de caméra, ou sur le rythme au montage. Mais, sans se concerter on avait toujours les mêmes réponses.

Éléa Gobbé-Mévellec : Les rôles ont été bien répartis. On savait ce qu’on voulait toutes les deux !

Zabou Breitman : Parfois quand il y avait un problème, je montais au charbon auprès de la production, je rouspétais davantage. Éléa avait déjà pas mal de choses à gérer. Mais c’était impressionnant comment on était d’accord !

Bande-annonce

BA Les Hirondelles de Kaboul

La presse en parle

"Une oeuvre puissante" - 20 Minutes

 

"Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec créent un acte de résistance mémorable face à l’obscurantisme. Et un grand film de cinéma." - Bande à part

 

"Scénario, montage, bande son, la réalisatrice a tout mis en œuvre pour mettre en exergue le contraste entre la beauté des dessins et la brutalité des sons." - Culturebox France Télévisions

 

"L’imprécision des traits, la simplicité du graphisme, les lumières prégnantes et la transparence des couleurs n’atténuent en rien la violence des situations qui voient mourir la moindre tentative de liberté." - Le Figaro

 

"Un récit poignant qui interroge le spectateur sur son libre-arbitre et son humanité." - Le Journal du Dimanche

 

"Adapté du roman de Yasmina Khadra, le film parvient à montrer l’insoutenable avec justesse et délicatesse, dans un hommage au courage des femmes opprimées qui se tient à distance de tout manichéisme et de tout jugement. Une réussite." - Les Fiches du Cinéma

 

"Très réalistes sans être naturalistes, les dessins réussissent à faire passer la dureté des propos avec beaucoup de douceur et mettent parfaitement en images le roman de Yasmina Khadra." - L'Humanité

 

"Audacieux, ingénieux, bouleversant." - Première

 

"Dans la capitale afghane aux mains des talibans, les destins de deux couples s’entrechoquent. La douceur du dessin sublime cet hymne à la résistance." - Télérama

 

"Montant d'un cran en réalisme, sans perdre sur le plan de la fable morale, le film parvient alors à réconcilier deux élans - le principe de réalité et l'espoir - pour arriver à une oeuvre hybride, fiévreuse et originale." - Les Inrocks

 

"Le trait de la dessinatrice Eléa Gobbé-Mévellec refuse le naturalisme et propose un dessin évocateur, fantomatique et mélancolique qui, sans dénaturer le contexte historique, touche à l’universel du récit." - Le Nouvel Obs

  • Les Armateurs - Mélusine Productions - Close Up Films - ARTE France Cinéma - RTS - KNM 2018
    Les Hirondelles de Kaboul
  • Les Armateurs - Mélusine Productions - Close Up Films - ARTE France Cinéma - RTS - KNM 2018
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