Communiqué du 14 avril 2020

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L'APOCALYPSE DE NEANDERTAL

L'apocalypse de Néandertal

Mardi 5 mai à 21.05

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L'apocalypse de Néandertal

Mardi 5 mai à 21.05

Longtemps, on a considéré l’homme de Néandertal comme une sous-espèce de l’Homo sapiens qui se serait éteinte il y a 39 000 ans. Or, de récentes découvertes scientifiques ouvrent la voie à de nouvelles théories, décryptées par les chercheurs dans ce documentaire riche en reconstitutions spectaculaires.

Le rocher de Gibraltar abrite un réseau de grottes qui dominent la mer. Il y a quarante mille ans, celles-ci surplombaient une vaste étendue herbeuse où vivaient les derniers représentants de l’espèce néandertalienne. C’est dans l’une d’elles qu’a été découverte en 2014 la première gravure rupestre attribuée à l’homme de Néandertal, datée de 39 000 ans. Le signe d’une pensée abstraite qui remet en question l’infériorité intellectuelle qu’on lui avait toujours attribuée.

L’espèce Homo neanderthalensis apparaît en Afrique il y a six cent mille ans et migre pour occuper progressivement l’Europe et une partie de l’Asie. Premier hominidé à avoir utilisé le feu, il doit s’adapter, il y a trois ou quatre cent mille ans, à un nouvel environnement glaciaire : sa peau s’éclaircit et ses cheveux se raidissent. Sa musculature est puissante. « Il était fort, extrêmement résistant, explique Alan Mann, de l’université de Princeton. C’était une espèce extraordinaire. »

Plus intelligent qu'on ne le croit...

Il y a quarante mille ans, l’arrivée sur son territoire d’un autre hominidé, l’homme moderne, menace Néandertal. Dix mille ans après, celui-ci disparaît. Jusqu’à il y a peu, les scientifiques pensaient qu’Homo sapiens avait précipité son extinction. Grand et mince, Sapiens est plus endurant que son contemporain, tandis que ce dernier est plus petit, trapu, et son thorax beaucoup plus développé. « Les Néandertaliens étaient peut-être un peu plus agressifs, et par conséquent un peu plus dangereux que l’homme moderne », précise Alan Mann. Lequel des deux était le mieux bâti pour résister aux grands froids ? Des expériences démontrent que le physique de l’homme de Néandertal l’avantageait. Pendant plus d’un siècle, l’image qui lui est associée est celle d’un être primitif, caractérisé par son bourrelet sus-orbitaire, marque d’une espèce moins intelligente. Or, l’étude de l’empreinte des lobes frontaux de son crâne, dont quelques spécimens ont été retrouvés, prouve que « cette empreinte est globalement identique à la nôtre », explique le paléontologue John Hawks. Celle de leurs outils, et de leurs armes de chasse, a permis par ailleurs de mesurer leurs capacités à s’adapter à leur environnement et à innover. « Nous commençons tout juste à lever un coin du voile sur la complexité des techniques néandertaliennes. »