Temps fort

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Simone Weber, l'amour à mort

La Bonne Dame de Nancy

  • Fiction

  • Inédit

  • Mardi 3 mai à 20.55

Portrait de Véronique Genest (Simone Weber) dans La Bonne Dame de Nancy

Pour le réalisateur Denis Malleval, ce film ressemble à une comédie dramatique à l’italienne en deux actes. Si l'intégralité de son interview est à retrouver dans le dossier de presse, voici, en bonus, son regard sur la relation de Simone Weber avec les médias et le travail réalisé pour en faire un film d'époque.  

Simone Weber et les médias
Si vous parcourez les photos ou les reportages de l’époque, vous découvrirez une Simone Weber toujours apprêtée, masquant ses menottes sous un foulard ou une écharpe. Ces images témoignent de la manière dont elle s’est servie des médias et combien elle était attachée à ce vedettariat, au point de virer ses avocats [elle en usera plus d’une vingtaine, dont maître Vergès, ndlr] quand ils lui faisaient trop d’ombre. Son ego lui a sans doute coûté quelques années d’incarcération. Quand la valise contenant un tronc d’homme a été retrouvée non loin de Poincy, dans la Marne, les experts ont conclu à 99,9 % que c’était celui de Bernard Hettier. Restait ce 0,01 % d’incertitude qui aurait pu servir à la défense de Simone Weber…

Reconstituer les années 1980
Chaque époque a sa façon de vivre, et les années 80 ne dérogent pas à la règle. Il suffit de se replonger dans les archives pour en reconnaître les particularités. Ce film n’est ni un documentaire ni un docu-fiction. Néanmoins, pour être au plus près de l’histoire racontée, nous trouvions important de pouvoir retrouver les codes vestimentaires, d’urbanisme, de langage, ou encore le mobilier de ces années-là. Comme nous souhaitions obtenir une ressemblance avec les véritables protagonistes de l’affaire, tout en gardant le détachement nécessaire pour pouvoir raconter l’histoire d’amour entre Simone et Bernard, ainsi que l’instruction du juge Thiel. Enfin, il y a un certain nombre de choses que nous avons oublié de cette époque, à commencer par l’usage en chaque lieu de la cigarette. Il nous a donc fallu obtenir une dérogation et prouver que ce n’était pas du tabac mais des herbes médicinales légales pour être autorisé à tourner toutes les scènes d’intérieur où nos personnages fument.

Propos recueillis par Clotilde Ruel

Débat : « Meurtres... au féminin »

CAROLE GAESSLER

La fiction La Bonne Dame de Nancy sera suivie d'un débat de 60 minutes animé par Carole Gaessler. Illustré par des documents d'actualité de l'époque, il reviendra sur les circonstances de l'affaire Simone Weber avec certains des protagonistes. Il traitera, plus largement, des femmes à l'origine de meurtres ayant deffrayé la chronique. 

Simone, Bernard, le juge et Madeleine

Portrait de Yvan Le Bolloc'h (Bernard Hettier) et Véronique Genest (Simone Weber) dans La Bonne Dame de Nancy

« Mon aimé, mon roi, je ne peux pas croire que tu puisses me rayer si vite de ta vie. Il n’y a pas si longtemps, j’étais restée songeuse et éblouie de découvrir la merveilleuse harmonie que nos corps avaient trouvé en s’appartenant »

 Simone Weber.

Portrait de Mathias Mlekuz (le juge Gilbert Thiel) Véronique Genest (Simone Weber) dans La Bonne Dame de Nancy

Le juge Thiel : « Elle ment, je démontre qu’elle ment, elle ment à nouveau, je prouve à nouveau qu’elle ment. »
Son greffier : « Si on lui demande l’heure, cette dame répondra que sa montre est en réparation, qu’elle a égaré le reçu et qu’elle ne sait plus chez quel horloger elle s’est rendue. »

Portrait de Véronique Kapoïan (Madeleine) et Véronique Genest (Simone Weber) dans La Bonne Dame de Nancy

« Deux passés ne font pas forcément un avenir. Au fond, qu’est-ce que tu sais de ce type ? Tu devrais te renseigner sur lui »

Madeleine à Simone.