Communiqué du 18 mai 2020

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Médecins dans la résistance

INFRAROUGE PRÉSENTÉ PAR MARIE DRUCKER

Des médecins dans la Résistance

Mardi 9 juin à 23h35

france 2

INFRAROUGE

En 1940, rien ne prédestine le corps médical français à entrer en Résistance. Le médecin est plutôt de droite, voire même d'extrême droite et sa sympathie se porte naturellement vers la figure du Maréchal Pétain.

RÉSUMÉ DU FILM:

Mais bien que ce dernier fasse la quasi-unanimité au sein du milieu médical, des voix discordantes se font rapidement entendre. Parmi elles, celle de Louis Pasteur Vallery-Radot, le petit-fils de Louis Pasteur. Ce grand patron des hôpitaux parisiens sera l'un des premiers à exprimer à voix haute son désaccord avec le régime en place.

Il sera suivi par Robert Debré, alors chef de service à l'Hôpital des Enfants Malades à Paris. Pédiatre de renom, il n'en reste pas moins fils de rabbin aux yeux du régime et sera directement visé par sa politique d'exclusion. L'un de ses petits-fils, Patrice Debré, relate l'histoire de son grand-père, sa résistance au travers de ses journaux intimes récemment retrouvés et restés intacts depuis la guerre.

Colette Brull-Ulmann vient de fêter ses 100 ans. En juin 1940, jeune étudiante en médecine, elle rêve de devenir pédiatre. Mais sa judéité l'en empêche et dévie sa trajectoire vers l'hôpital Rothschild. Elle entre alors, sans le savoir vraiment, en résistance avec d'autres médecins, sous l'impulsion d'une assistante sociale, Claire Heyman, qui risquera sa vie pour sauver des centaines d'autres de la déportation. Des femmes, des hommes, mais surtout, des enfants.

Jeannette Wolgust a 12 ans en 1942 lorsqu’elle échappe de peu à la rafle du Vel d'Hiv. Elle connaît la fuite, la peur, la séparation d'avec ses parents, les caches, et puis Nice, où elle rencontre Odette Rosenstock, la femme médecin à qui elle doit d’être vivante aujourd’hui.

Le film entremêle témoignages rares, éclairages historiques, et archives personnelles et nous donne à voir et à entendre des personnes qui nous racontent avec humilité leur résistance au sein d'une profession que rien ne prédestinait à cela.

Au fil du récit, nous comprenons les raisons qui ont poussé ces hommes et ces femmes à désobéir, et comment chacun des soins qu'ils prodiguèrent, ou reçurent, sont aujourd'hui considérés comme des actes de Résistance à part entière.

Hommes, femmes, médecins, internes ou infirmières, ils placèrent le Serment d'Hippocrate au-dessus de leur vie. Et certains d'entre eux, sont encore là aujourd'hui pour nous le raconter.

 

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NOTE D’INTENTION DE LA RÉALISATRICE : CECILE TARTAKOVSKY 

Si nous souhaitons aujourd’hui dédier un film documentaire aux médecins résistants sous l’Occupation, c’est d’abord et surtout pour réaliser un travail d’historien qui n’a jamais été fait sur un corps social disparate mais qui mérite par son implication dans la Résistance que l’on s’y intéresse.

La Résistance médicale tire sa singularité du caractère individuel et solitaire qu’elle revêt dans ses premières manifestations. Car c’est d’abord dans l’intimité de leurs cabinets que les médecins résistent. Seuls, en leur âme et conscience. Avec leur science et le soin comme seules armes.

Les grandes figures de médecins, ainsi que les personnalités anonymes que cette histoire entremêle permettent de dresser des portraits d’hommes et de femmes héroïques dont les actes médicaux, même les plus simples, constituèrent avant l’heure des actes de résistance. Solitaires. Non armés. Mais vitaux.
 

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FILMOGRAPHIE DE LA RÉALISATRICE: CECILE TARTAKOVSKY

Phobies Scolaires, le mal de grandir (2019. Doc de 52’ pour France 2 produit par Capa) : Ce sont des collégiens comme les autres mais ils souffrent de phobie scolaire. À Montpellier, un service de pédopsychiatrie unique en France les accueille. Pour la première fois, une caméra les a suivis. Une année de thérapie pour, peut-être, reprendre le chemin de l’école.

Troubles bipolaires, d’un extrême à l’autre (2018. Doc de 52’ pour France 5 produit par 17 Juin Media) : Quand les émotions deviennent trop intenses, qu'elles génèrent des réactions incontrôlables et des excès en tout genre, on parle de troubles bipolaires, une maladie qui touche plus d'un million de personnes en France. Loin d'être un phénomène de mode, il s'agit d'une maladie psychique grave et très invalidante racontée ici au travers de portraits de patients.

Perturbateurs endocriniens, tous intoxiqués ? (2017. Doc de 52’ pour France 5 produit par 17 Juin Media) : Pesticides pour protéger les récoltes, bisphénols pour améliorer les emballages alimentaires ou parabènes pour la conservation des cosmétiques... Ces molécules invisibles ont envahi notre quotidien en soixante ans. Non sans conséquence pour notre santé. Enquête sur l'impact de cet héritage chimique sur les générations à venir.

Gisèle Casadesus (2015. Doc de 40’ pour France 2 produit par France 2) : A 100 ans, Gisèle Casadesus montait encore sur les planches. La comédienne a côtoyé les plus grands : Michel Simon, Jean Gabin, Claude Lelouch, Jean Becker, Gérard Depardieu... et interprété plus de 120 rôles. Jusqu´au bout, elle n´a cessé d´exercer son métier avec passion. Gisèle Casadesus était aussi la doyenne d´une grande famille d´artistes : chef d’orchestre, comédien, peintre, musicien... Ses enfants et petits-enfants continuent aujourd'hui d´écrire la partition.

La Brigade de Protection des Mineurs (2013. Doc de 90’ pour France 2 produit par France 2) : Immersion au sein des services de la Brigade de Protection des Mineurs de Paris au plus près des enquêteurs. En première ligne pour protéger les enfants, acharnés à démêler le vrai du faux lorsque la misère conduit à de fausses déclarations, vigilants sur le web pour traquer les pédophiles, agissant dans l’urgence en cas de violences familiales.

Elizabeth II (2012. Doc de 40’ pour France 2 produit par France 2) : Le visage d’Elizabeth II est connu du monde entier. Mais qui se cache derrière celle qui a connu la deuxième guerre mondiale, douze premiers ministres britanniques et neuf présidents français ? Comment était-elle petite fille, alors qu'elle n'était pas destinée à la couronne ? Quelle femme aurait-elle été si elle n'avait pas été reine ? Portrait d’une femme énigmatique à l’occasion de son jubilé de diamant.
 

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LE MOT D’OLIVIER WIEVIORKA:

Olivier Wieviorka est historien, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, notamment de la Résistance. Il est l’un des conseillers historiques du documentaire.

« Si les médecins, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont parfois accepté d’aider le diable, ils ont aussi servi le bien. La résistance du corps médical, pourtant, n’allait pas de soi, dans une France gangrenée par l’antisémitisme où le maréchal Pétain avait, en outre, été souvent accueilli avec ferveur. La question du « que faire », enfin, se posait. Les médecins devaient-il agir en plaçant leur métier au service de la cause – pour soigner avant tout proscrits, rebelles et résistants ? Ou devaient-ils oublier leur fonction sociale, pour affronter e plus directement l’ennemi ?

Le film de Cécile Tartakovsky répond à l’ensemble de ces questions. En s’appuyant sur des archives, des témoignages inédits et de belles évocations, il montre que bien des médecins agirent, d’abord, en soignant. Ils épaulèrent la résistance, en prenant en charge ses blessés, aux rudes temps des maquis notamment. Une organisation coiffée par le professeur Robert Debré chercha même à étendre, à l’échelle de la France tout entière, cette couverture sanitaire. En usant de leurs fonctions, ils évitèrent aussi la déportation des juifs ou l’envoi, en Allemagne, des jeunes gens sommés de satisfaire aux Service du Travail obligatoire (STO). Mais les médecins, parfois, se muèrent en résistants. Certains n’hésitèrent pas à aider les réseaux ou les mouvements de résistance ; d’autres prirent les armes au soleil de la libération.

Le documentaire de Cécile Tartakovsky revient sur la pluralité de ces engagements. En montrant que la fidélité au serment d’Hippocrate pouvait emprunter bien des chemins, en restaurant la parole des acteurs, en donnant à voir plusieurs exemples caractéristiques de la période – à commencer par le drame du maquis, il restaure la complexité de cette France des années sombres et montre que bien des médecins, loin de s’abîmer dans la collaboration, surent répondre, avec leurs armes, aux exigences de l’antinazisme et de la libération de la France. »

 

 

 

 

 

 

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