This Is Us - Interview

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INTERVIEW

THIS IS US - Saison 1

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Rencontre avec Dan Fogelman, auteur et producteur exécutif, et les acteurs de la série Milo Ventimiglia, Mandy Moore, Sterling K. Brown et Chrissy Metz.

Pouvez-vous nous donner des indications sur la manière dont les personnages vont interagir entre eux ?
Dan Fogelman : Il y a ces quatre histoires qui se croisent et l’une d’entre elles va éclairer les autres. Les personnages vont s’étoffer au fil des épisodes. Il me semble que le scénario est extrêmement audacieux dans la mesure où il tente réellement d’explorer les enjeux intimes d’une famille. À première vue, l’ambiance peut sembler assez sombre, mais il y a également quelque chose qui tire délibérément le récit vers l’espoir et l’optimisme. Je ne fais pas ce métier pour que les gens se sentent mal en éteignant leur télé… Le but reste de divertir les gens, tout en leur donnant, je l’espère, de quoi réfléchir.

 

Il est rare que le thème de l’adoption soit abordé à la télévision et il est plus rare encore de voir traitée la question des retrouvailles des enfants abandonnés avec leurs parents biologiques. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la manière dont vous avez abordé ces thématiques en tant que comédien ?
Sterling K. Brown (Randall) : Pour moi, cette partie du scénario avait une résonance particulière, puisque j’ai perdu mon père à l’âge de 10 ans. J’ai donc passé peu de temps avec lui. Cela a compliqué un certain nombre de choses dans ma vie. J’ai deux enfants, comme Randall dans la série, je suis marié et heureux en couple, mais il y a toujours cette absence, ce vide qui me rappelle régulièrement que mon père aurait dû être là. Pour connaître mes enfants et partager des moments de vie avec eux. C’est un aspect des choses qui m’a naturellement aidé à me connecter au personnage de Randall et qui m’a sans doute poussé à m’immerger plus que d’habitude dans l’exploration de mon personnage pendant toute cette première saison…

 

Jack et Rebecca sont confrontés très tôt à un nombre important de moments émotionnels extrêmement intenses. Et le public croit immédiatement à leur intimité, à leur relation amoureuse… Comment êtes-vous parvenu à créer cela aussi vite ? De quelle manière avez-vous travaillé ensemble ?
Milo Ventimiglia (Jack) : Il me semble que cela s’est fait presque sans y penser ! C’est une chose étrange pour un duo de comédiens que d’arriver sur un plateau et de devoir interpréter un couple partageant une intimité vieille de plusieurs années. Mais les choses se sont vraiment faites le plus naturellement du monde. Cela a fonctionné intuitivement depuis notre toute première rencontre…

Mandy Moore (Rebecca) : Nous nous sommes rencontrés pendant les auditions. Puis nous avons tous les deux été rappelés par la production et j’ai tout de suite compris que cela allait marcher entre nous. Parfois, les comédiens doivent chercher les clés d’une relation à construire, trouver des éléments pour établir une connexion. Et parfois, les choses sont tout de suite là !

Milo Ventimiglia (Jack) : Avec Mandy, nous avons quand même eu de nombreuses conversations autour de Rebecca et Jack, et nous avons énormément partagé autour de nos visions respectives des choses. Mais, au bout du compte, nous revenions à des choses simples. Je disais à Mandy que nous étions mari et femme et que nous devions incarner un couple dans lequel les gens puissent se projeter.

 

Sans dévoiler les ressorts du récit de cette première saison, on peut quand même dire que vous avez des choses intéressantes à interpréter…
Milo Ventimiglia (Jack) : Oh oui ! Et Dan a été sympa de nous donner l’ensemble du scénario avant de commencer. J’ai joué dans des séries où les scénaristes nous laissaient dans l’ignorance de ce qui allait suivre. Mais Dan est quelqu’un d’incroyablement ouvert. Il préfère nous laisser savoir où vont nos personnages, ce qui les attend, à quoi ils vont être confrontés.

Mandy Moore (Rebecca) : Dans la série, Milo et moi naviguons dans plusieurs temporalités, car nos personnages s’inscrivent sur le long terme et leur histoire a des répercussions sur d’autres destins. Il était donc important pour nous de connaître, en amont, l’histoire de cette famille, les événements qui l’ont façonnée, pour savoir où nous allions tout simplement.

 

La première saison met immédiatement en place un voyage dans le temps, avec des allers et retours incessants entre le passé et le présent de la narration. Racontez-nous ce cheminement…
Dan Fogelman : Il fallait créer une tension dramatique. Avec un synopsis ne comportant ni serial killer ni énigme à résoudre, nous n’avions d’autre choix que de nous concentrer sur les personnages. Apprendre un certain nombre de choses autour de leur vécu, inventer leur histoire et une façon de la raconter. En introduisant des temporalités différentes ou des éléments scénaristiques inattendus, nous avons installé un climat de comédie dramatique qui parle au cœur des gens, qui maintient le public sous pression.

 

Les personnages de Rebecca et Jack évoluent énormément au fil de la série et traversent différents états de maturité. Avez-vous eu parfois le sentiment de jouer différents personnages ?
Milo Ventimiglia (Jack) : Ce sont plutôt différents cycles de la même vie. Je ne suis par exemple plus le même homme aujourd’hui que lorsque j’avais 37 ou 35 ans et j’étais encore une personne différente à 30 ans ou à 21 ans. Les gens évoluent. Bien sûr, si vous avez un cœur d’or, vous le garderez. C’est autour de ces variations que le récit de la série progresse et évolue.

Mandy Moore (Rebecca) : Ce que je trouve excitant encore une fois, c’est d’explorer la trajectoire de ce mariage, de mesurer le chemin parcouru par Rebecca et Jack, individuellement, mais aussi en tant que couple. C’est passionnant d’observer les changements, et notamment ceux provoqués par l’arrivée des enfants…

 

L’histoire de cette série est profondément originale. Qu’est-ce que cela représente pour vous d’y figurer ?
Chrissy Metz (Kate) : Je me sens incroyablement chanceuse. Je ne connais pas beaucoup de femmes rondes qui ont la chance d’avoir un rôle dans une série. J’ai toujours eu le sentiment d’être à part, et là je porte le flambeau de toutes celles qui partagent ma différence ! Donc, oui, c’est une responsabilité qui m’incombe et je suis reconnaissante de pouvoir l’endosser, car je veux donner de l’espoir aux gens. Je ne dis pas que je suis malheureuse d’être comme je suis, je dis qu’une part de moi est désireuse de changer, de mener une vie plus saine, comme mon personnage dans la série.