Nos Patriotes

Nos Patriotes

En avant-première digitale le 14 octobre - En DVD, Blu-Ray et VOD le 18 octobre

Nos Patriotes

Le destin exemplaire du résistant Addi Bâ enfin raconté.

Après la défaite française de l’été 1940, Addi Bâ, un jeune tirailleur sénégalais s’évade et se cache dans les Vosges. Aidé par certains villageois, il obtient des faux papiers qui lui permettent de vivre au grand jour. Repéré par ceux qui cherchent à agir contre l’occupant et qui ne se nomment pas encore «résistants», il participe à la fondation du premier «maquis» de la région.

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ENTRETIEN

Avec Gabriel Le Bomin

Gabriel Le Bomin

 

Dans votre parcours de cinéaste ou de documentariste, l’Histoire est présente depuis le début à travers les grands conflits qui l’ont marquée : 14-18, 39-45, Algérie, Indochine ou Rwanda, la guerre semble vous fasciner...

Ce qui m’intéresse avant tout dans l’Histoire c’est qu’elle raconte justement des histoires, et ces histoires mettent en scène des personnages qui vivent, aiment, se battent dans des situations souvent très fortes. C’est cette tension entre l’intime du personnage et l’épique de la situation qui m’intéresse. Mais ce n’est pas tant la guerre qui m’interroge que ses conséquences sur les êtres qui la font ou la subissent. Je pense que notre passé peut nous apprendre beaucoup sur le contemporain. 

 

Vous connaissiez le destin d’Addi Bâ ou l’avez-vous découvert à travers les ouvrages qui lui ont été consacré ?

J’essayais depuis un bout de temps de trouver une porte d’entrée dans un récit qui aurait pour cadre la Résistance. [...] Quelqu’un m’a conseillé de lire le livre de Tierno Monénembo, « Le terroriste Noir », et j’ai alors découvert le personnage extraordinaire d’Addi Bâ. Il fait partie de ce qu’on appelle les « primo Résistants » : ils ne portent pas encore ce nom mais se définissent plutôt comme Patriotes : le mot résistance n’apparaîtra qu’un peu plus tard, vers les années 1940... Ces gens ne cherchent pas à faire des choses spectaculaires mais simplement à agir face à des événements écrasants : l’effondrement d’un pays, le délitement de la classe politique, une France coupée en deux... Malgré tout cela, ces personnes refusent de subir et d’accepter. Il s’agit pourtant de gens du quotidien : une directrice d’école, un employé de préfecture ou une postière...

 

Le budget du film n’était j’imagine pas celui d’une superproduction hollywoodienne mais vous avez su contourner l’obstacle, par exemple dans la scène de l’explosion du pont. Il y a une part de spectaculaire à l’écran mais l’essentiel est ailleurs et ce sont les personnages qui l’emportent à ce moment du récit...

Aujourd’hui, grâce aux images numériques, on peut tout montrer. Je pense que la mise en scène, ce n’est pas tout montrer justement ! Je crois plutôt que le cinéma est l’art de l’ellipse et de la suggestion. [...] Dans la scène dont vous parlez, nous avons à faire avec un groupe de jeunes résistants qui doivent faire sauter un pont. Evidemment que l’on rêve aux moyens nécessaires pour filmer ce moment spectaculaire, mais on sait aussi qu’on ne les aura pas ! [...] Nous, nous avons choisi de nous concentrer sur le regard de ce groupe : ils voient arriver le train, ils sont surpris dans leur sommeil et un peu effrayés… mais ils le font sauter et assistent à l’opération comme à un feu d’artifice, comme des gamins épatés par ce qu’ils ont accompli. C’est un pari audacieux car la scène peut être ratée au final : se concentrer sur les visages des personnages plutôt que sur ce qu’ils voient. C’est le fameux hors-champ qui permet à l’imaginaire du spectateur d’associer des images qu’il connait à celles qu’il ne voit pas... 

 

Votre film est très ambitieux : du point de vue narratif mais aussi visuellement avec ces superbes scènes en forêt magnifiquement éclairées par Jean-Marie Dreujou, votre chef opérateur...

Tout est parti du fait que nous voulions absolument tourner à l’endroit où ces événements ont eu lieu, dans ces forêts et ces villages des Vosges, là où Addi Bâ a vécu durant 3 ans. [...] Nous nous sommes également demandés [...] : comment renouveler l’imagerie de la seconde Guerre Mondiale et de la Résistance, déjà beaucoup exposée à l’écran ? Comment la rendre juste mais singulière, rigoureuse mais originale ? Le travail est donc passé par les détails des costumes, des accessoires, des coiffures, la patine des intérieurs mais aussi le choix des décors en forêt... La lumière du film devait donc être à la fois naturelle et stylisée, esthétique mais jamais maniérée, avec l’idée de restituer du mieux possible la sensualité de ces lieux et des personnages.

 

Venons-en aux principaux, à commencer évidemment par Addi Bâ, incarné par Marc Zinga. Est-il vrai qu’il s’est volontairement isolé du reste de l’équipe durant le tournage, demandant même qu’on l’appelle par le nom de son personnage ?

C’est Farid, le producteur, qui m’a fait découvrir le travail de Marc, que je connaissais mal... En voyant ses films, j’ai senti de suite qu’il y avait quelque chose de très puissant dans l’incarnation physique de ses personnages. C’est donc à lui et à lui seul que nous avons envoyé le scénario ! Marc a lu et dit oui immédiatement. Dès que nous sommes passés au travail concret sur son rôle, j’ai senti son investissement [...]. Marc voulait approfondir les choses, tout lire, tout voir, rencontrer les autres acteurs, affiner les moindres détails de ses costumes. Alors ensuite, dans le quotidien du tournage, c’est assez étonnant de voir quelqu’un qui décide à ce point d’incarner son personnage, au point que l’équipe en effet n’a pas eu accès à Marc Zinga, l’homme, mais à sa créature, son personnage ! C’est une technique déroutante au début mais bluffante au final car le résultat est là, sur l’écran. 

 

A l’inverse si je puis dire, vous avez choisi Alexandra Lamy, personnalité solaire et rieuse, pour jouer le rôle de Christine, l’institutrice, dans un registre plus sombres que ses rôles récents au cinéma...

Nous nous étions déjà rencontrés pour un autre projet de film qui ne s’est jamais fait et j’en gardais un souvenir très positif. J’ai toujours été épaté par l’étendue de la palette d’Alexandra. Pour moi, un acteur ou une actrice qui sait jouer la comédie est aussi capable de toucher à l’émotion et à l’intime, créant avec le public un lien très fort. Je l’ai prévenue qu’il ne s’agissait pas du rôle principal mais du premier rôle féminin, celui d’une femme qui va tendre la main à Addi Bâ, le protéger, et elle m’a dit oui tout de suite. Elle n’avait jamais joué dans un film historique et, ajouté à l’aspect plus dramatique du sujet, cela constituait un vrai challenge.  Alexandra elle aussi s’est investie dans son personnage en choisissant minutieusement ses costumes, sa coiffure. Elle a accepté de travailler presque sans maquillage, loin de l’image pétillante que l’on a d’elle. C’était un terrain de jeu différent et elle y est très juste, toujours crédible, jamais artificielle. 
 

BANDE-ANNONCE

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CRITIQUES

La presse en parle !

Un récit romanesque crédible et passionnant. - Ouest France

"Nos Patriotes" contribue largement à ce travail de mémoire. - 20 Minutes

Un drame historique poignant [...]. - Femme Actuelle

Ni victime ni héros parfait, mais un homme passionnant par sa singularité. - Le Figaro

Le film conjugue brillamment suspense et reconstitution historique. - Public

Le film loyal et vertueux de Le Bomin rend enfin justice à Addi Bâ, retrace son exemplaire vie brève, exalte la bravoure de ce jeune patriote obstiné et réservé, charismatique et modeste, auquel l'interprétation sobre de Marc Zinga apporte un supplément d'émotion. - Le Nouvel Observateur