Dossier de presse
Frantz

EN AVANT-PREMIERE DIGITALE DES LE 7 JANVIER

En VOD LE 11 JANVIER

EN DVD ET BLU-RAY LE 18 JANVIER

 

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

3D Frantz

frantz 3D

 

 

Une presse qui salue la réalisation et le jeu des acteurs

"Avec "Frantz", François Ozon crée une oeuvre à la beauté austère, mais où l'émotion fourmille sous une forme de classicisme maîtrisé. Sûr dans sa direction d'acteur sans faille, dans la jusesse méticuleuse des cadrages, dans la conduite du récit, "Frantz" est l'oeuvre de maturité d'un cinéaste qui nous épatait jusqu'ici par sa boulimie et son enthousiasme juvénile." - Positif

"Frantz" est un film intense et rapide, d’une densité inouïe. L’interprétation précise, la mise en scène élégante, les cadres rigoureux et le montage incisif contribuent sans cesse à des glissements, de sentiment en sentiment, d’émotion en émotion. " - Bande à part

"Après "Une nouvelle amie", François Ozon ose le vrai mélo, en noir et blanc, au charme un rien suranné, lent, trouble et troublant, brodant et multipliant les faux-semblant autour des thèmes du mensonge, du deuil et de l'amour – perdu, réincarné, fantasmé, coupable. Paula Beer, magnifique Anna, est la véritable révélation du film." - Femme Actuelle

"On tombe d'abord sous la séduction. Celle de la jeune actrice allemande Paula Beer qui a la grâce et la beauté d'une Romy Schneider. Celle de Pierre Niney dont la silhouette élancée et la diction posée n'en finissent pas de troubler depuis Yves Saint Laurent." - Ouest France

"Face à l'impeccable Pierre Niney, fiévreux à souhait, Paula Beer impose sa présence délicate et sa beauté classique. Mieux qu'une révélation, une évidence." - Première

Entretiens

François Ozon

Deux ans après "Une nouvelle amie", François Ozon signe son retour avec ce mélodrame franco-allemand.

Extraits d'entretien :

D’où est venu le désir de réaliser FRANTZ ?

Dans une époque obsédée par la vérité et la transparence, je cherchais depuis longtemps à faire un film sur le mensonge. En tant qu’élève et admirateur d’Eric Rohmer, j’ai toujours trouvé les mensonges très excitants à raconter et à filmer. Je réfléchissais donc autour de cette thématique quand un ami m’a parlé d’une pièce de théâtre de Maurice Rostand, écrite juste après la Première Guerre mondiale. En me renseignant un peu plus sur cette pièce, j’apprends qu’elle a été adaptée au cinéma en 1931 par Lubitsch sous le titre BROKEN LULLABY. Ma première réaction a été de laisser tomber. Comment passer après Lubitsch ?!

Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

La vision du film de Lubitsch m’a rassuré, car il est très proche de la pièce et adopte le même point de vue, celui du jeune Français. Mon désir au contraire était d’être du point de vue de la jeune fille, qui comme le spectateur ne sait pas pourquoi ce Français vient sur la tombe de son fiancé. Dans la pièce et le film, nous savons dès le début son secret, après une longue scène de confession auprès d’un prêtre. Finalement ce qui m’intéressait, c’était plus le mensonge que la culpabilité. Le film de Lubitsch est magnifique, à revoir dans le contexte pacifiste et idéaliste de l’après-guerre.

On retrouve dans FRANTZ beaucoup de vos thématiques – le deuil de SOUS LE SABLE, le plaisir ambigu de raconter des histoires de DANS LA MAISON, l’éducation sentimentale d’une jeune femme comme dans JEUNE & JOLIE… Mais en même temps, vous explorez beaucoup de nouvelles choses.

Inconsciemment, plusieurs de mes obsessions sont peut-être là. Mais les aborder dans une autre langue, avec d’autres acteurs, dans d’autres lieux que la France, oblige à se renouveler et j’espère qu’elles prennent ainsi une nouvelle force, une nouvelle dimension. Il y avait beaucoup de défis excitants à relever dans ce film, je n’avais jamais filmé la guerre, des combats, une petite ville allemande, Paris en noir et blanc, en allemand… Une des choses les plus importantes pour moi était de raconter cette histoire du point de vue allemand, du côté des perdants, de ceux qui sont humiliés par le traité de Versailles et raconter que cette Allemagne-là est aussi le terreau d’un nationalisme naissant.

« N’ayez pas peur de nous rendre heureux », dit la mère à Adrien avant qu’il ne commence à jouer du violon…

Les parents ont un tel désir d’accueillir Adrien, de croire à cette fiction d’amitié franco-allemande, à la possibilité qu’il puisse prendre la place de leur fils disparu, qu’ils acceptent inconsciemment le mensonge. Tout se joue sur un malentendu auquel Adrien s’abandonne. Et c’est une manière pour lui d’apprendre à connaître Frantz, de leur faire du bien à eux et à lui-même. Un mensonge réparateur. Ce qui est fréquent dans toutes les histoires du deuil : on prend du plaisir et on a besoin de reparler de la personne disparue tout en l’idéalisant. Pour Adrien, leur procurer ce plaisir est une manière aussi de calmer pour un instant sa propre culpabilité.

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Pierre Niney

Pierre Niney est Adrien, un soldat français hanté par la guerre de 14-18 rongé par le remord. Le jeune acteur, figure montante du cinéma français, a dû apprendre l'allemand mais aussi le violon et la valse pour incarner ce personnage complexe et tourmenté.

Extraits d'entretien :

Comment avez-vous appréhendé votre personnage ?

Pour moi le personnage d’Adrien est un être très sensible que la guerre a brisé. Il était important que le mystère de ce personnage se traduise par son aspect torturé et sa fragilité mais ça a demandé un travail sur le fil, ne pas trop en révéler dans la première partie du film, tout en gardant toujours à l’esprit l’immense trauma que ce jeune homme a connu. J’ai beaucoup regardé les peintures d’Egon Schiele avant et
pendant le tournage. Je trouvais dans ses portraits de jeunes hommes une blessure qui me parlait d’Adrien. Le rôle était un défi car j’ai dû apprendre le violon, l’allemand… et la valse ! Le violon fut une épreuve très difficile, car il s’agissait de trois morceaux assez compliqués. Et François tenait à pouvoir filmer mes deux mains, les arpèges et l’archet en même temps. J’ai beaucoup travaillé avec un coach pour arriver au résultat final.

Pour votre rôle, vous êtes-vous documenté sur la jeunesse sacrifiée sur les champs de la guerre de 14-18 ?

Pour comprendre entièrement le choc vécu par Adrien, je me suis replongé dans ce que je savais être une guerre abominable. Les archives témoignent avec tellement de force des dégâts humains et psychiques qu’ont connus les soldats de 14-18. Allemands ou Français. Comme Adrien, énormément de soldats se sont retrouvés, très jeunes, jetés dans cette guerre d’une violence inouïe. Ce qui est bouleversant c’est aussi de voir que l’absurdité et l’horreur de cette guerre leur sont apparues parfois si clairement que des cessez-le-feu spontanés ont été proclamés entre les tranchées. Le film raconte aussi cela : comment une nation pouvait envoyer ses fils pacifistes à la mort.

Comment s’est passé le tournage avec François Ozon ?

J’ai beaucoup aimé la façon de travailler de François. Il est très attentif aux acteurs, il travaille très vite pour laisser le temps au jeu, donc on se sent privilégié et on se donne du mal en retour. J’ai adoré la façon qu’il avait d’être avec nous dans les scènes. Pour commencer, il cadre lui même tous ses plans. Il n’est donc pas assis dans une tente à côté en regardant son écran. Non, il a l’oeil rivé sur nous et murmure des
indications pendant les scènes, avec beaucoup de douceur : « Ferme les yeux », « Regarde-la »… J’avais parfois la sensation d’une répétition de théâtre où tout était possible, ouvert.

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Paula Beer

Paula Beer est la nouvelle révélation de François Ozon. Solaire et mélancolique, elle incarne avec brio Anna, la veuve de guerre au centre de Frantz

Extraits d'entretien : 

Quelle a été votre réaction à la lecture du scénario ?

C’est excitant de lire un scénario en sachant qu’on va jouer un tel personnage. J’ai été très émue par l’histoire. Par toutes les questions posées dans le scénario et les thèmes importants abordés : l’honnêteté, l’amour, la perte, le mensonge, le lâcher-prise, la volonté, l’envie de vivre - et tout ça dans un grand calme, avec une forte vulnérabilité et malgré cela une certaine légèreté qui imprègne la relation entre Anna et Adrien et qui la rend si complexe. L’évolution d’Anna elle-même est bouleversante. Au début, c’est un être paisible qui, suite à la mort de son fiancé, s’abandonne elle-même jusqu’à un certain point. C’est seulement lors de la rencontre avec Adrien qu’elle redécouvre la joie de vivre, se rappelle l’époque d’avant la mort de Frantz. Là, elle s’épanouit littéralement. Mais du coup, elle essuie un revers d’autant plus fort lorsqu’elle apprend la vérité. Dans la deuxième partie de l’histoire, elle développe une force remarquable. J’étais très heureuse de pouvoir jouer ce rôle merveilleux.

François Ozon vous a-t-il donné des références de films ?

Il nous a demandé de regarder LE RUBAN BLANC d’Haneke, pour nous plonger dans le contexte très dur et très strict de l’époque, et LA FIÈVRE DANS LE SANG de Kazan. Parce que c’est une histoire très romantique. Ces deux jeunes gens qui s’aiment sont magnifiques, François voulait sans doute retrouver quelque chose de cette jeunesse, de cet amour fiévreux, de cette atmosphère de désir, toute en tension, entravée par le monde extérieur. D’une certaine manière, François a voulu fondre les univers de ces deux films très différents dans FRANTZ. 

Comment s'est passé le tournage avec vos partenaires ? 

C’était merveilleux de jouer avec Ernst Stötzner et Marie Gruber, deux acteurs très impressionnants et en même temps tellement gentils. J’ai eu l’impression qu’ils me protégeaient. Comme des parents ! C’était aussi passionnant de travailler avec Pierre Niney, de voir combien il arrive à exprimer tant de choses uniquement par un petit changement dans le regard. Cet art de travailler ainsi dans la finesse est magnifique. Pierre et moi avons vraiment joué l’un avec l’autre, et avec tous les autres acteurs. On a réellement formé une équipe, chacun de nous a donné de vraies émotions pour faire vivre son personnage. À cet égard, je pense que FRANTZ est un film très honnête. Comme le personnage d’Anna !

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