Cherchez la femme
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Cherchez la femme

En VOD le 28 octobre et en DVD le 30 octobre

cherchez la femme

La nouvelle comédie insolente et audacieuse de Sou Abadi !

Armand et Leila, étudiants à Science Po, forment un jeune couple. Ils projettent de partir à New York faire leur stage de fin d’études aux Nations Unies. Mais quand Mahmoud, le grand frère de Leila, revient d’un long séjour au Yémen qui l’a radicalement transformé, il s’oppose à la relation amoureuse de sa soeur et décide de l’éloigner à tout prix d’Armand. Pour s’introduire chez Mahmoud et revoir Leila, Armand n’a pas le choix : il doit enfiler le voile intégral ! Le lendemain, une certaine Schéhérazade au visage voilé sonne à la porte de Leila, et elle ne va pas laisser Mahmoud indifférent…

Visuel 3D provisoire

 

ENTRETIEN

Avec Sou Abadi

Photo entretien

 

Comment êtes-vous passée du documentaire, en tant que réalisatrice – S.O.S. À TÉHÉRAN, remarqué en 2002 – puis monteuse, à une comédie comme CHERCHEZ LA FEMME ?

J’avais pensé que ce premier documentaire, compliqué à faire parce que tourné en cinéma-vérité à Téhéran, allait me permettre d’en faire d’autres. Cela n’a pas été le cas. J’ai longtemps espéré débloquer un projet qui me tenait à coeur : la vie d’un ancien espion israélien qui travaillait pour les Soviétiques. Mais mon producteur d’alors n’a pas trouvé les financements : on disait que mon origine – je suis née en Iran – ne me donnait pas la légitimité nécessaire pour traiter un sujet israélien…

J’ai abandonné au bout de cinq ans et, pour éviter la dépression, j’ai écrit cette fiction que j’avais en tête. J’étais pétrie de doutes, je n’avais jamais écrit de fiction, et je savais pertinemment qu’il était plus difficile d’écrire une comédie qu’un drame. Mais l’écriture de ce scénario a été un véritable plaisir, le récit découlait de lui-même avec une facilité surprenante. 

 

À l’écriture, les personnages ont-ils rapidement trouvé leur identité ?

J‘ai toujours voulu qu’Armand soit d’origine iranienne. Il était fondamental de montrer que l’obscurantisme religieux, avant de perturber nos sociétés occidentales, a d’abord bouleversé la vie des peuples des pays musulmans. Par ailleurs, Armand a été élevé par des parents politisés, ils ont été des révolutionnaires, et c’est cet engagement qui le conduit jusqu’à prendre le risque de se travestir. Ses parents ont une folie qui vient de leur jeunesse, de leurs espoirs perdus, et ils l’ont transmise à leur fils, même si celui-ci paraît gêné par leurs disputes continuelles, sur des enjeux vieux d’il y a trente ans ! Et puis l’histoire familiale et iranienne d’Armand l’aident dans son travestissement…

 

Et du côté de Leila, Mahmoud et Sinna ?

J’ai voulu éviter les clichés de la banlieue : le langage de banlieue, la jeunesse délinquante, etc. Je voulais montrer une famille d’une certaine classe moyenne. Les parents tenaient à ce que leurs enfants fassent des études, ils étaient eux-mêmes éduqués puisqu’ils ont nommé leur fils aîné en hommage au poète Mahmoud Darwich. Et puis leur disparition a causé une fêlure affective chez Mahmoud, qui le fragilise au point de se réfugier dans la religion, et de là, de se laisser embarquer vers la pente glissante de l’intégrisme. Attention, je ne ferme pas les yeux sur la réalité de la vie des Français issus de l’immigration. Certains des constats de Mahmoud sont justes, mais ses conclusions ne le sont pas.

Un autre point qui me tenait à coeur, c’était de montrer la diversité des personnes même si elles vivent dans la banlieue : on peut être musulman comme Sinna sans être pour autant un salafiste, on peut être d’origine maghrébine tout en étant athée, comme Leila. La banlieue n’est pas un bloc uniforme et homogène.

 

Quels ont été les partis pris de réalisation ?

Pour moi, le rythme était essentiel : je voulais que mes personnages parlent vite, courent, n’aient pas deux secondes de répit. Et que les spectateurs soient aussi essoufflés qu’eux. Après chaque prise, je me tournais vers ma scripte : « combien de secondes, ce plan ? » Une comédie ne devrait pas durer 2h30… En post-production, la musique de Jérôme Rebotier a été écrite dans ce sens : apporter du rythme et de l’humour. Je ne sais pas si ça existe, de la « musique de comédie », mais sans aller dans la caricature, il faut mettre quelques éléments qui font sourire.

CHERCHEZ LA FEMME est pour moi une fable réconciliatrice. De qui je me moque ? De moi même. Et des communistes, des féministes, des Iraniens, de l’élite intellectuelle et des intégristes. Avec l’espoir, qu’à la fin, on puisse rire tous ensemble.

 

C’est comment, un tournage de comédie ?

Compliqué quand il pleut du premier au dernier jour – le dernier jour se transformant même en inondation. On a tourné au printemps 2016, et un jour on a même eu de la neige ! [...] Autre problème : filmer une poursuite entre barbus et femmes voilées en plein aéroport d’Orly Sud sans créer une panique générale. On était très inquiets de ne pas avoir les autorisations – alors que je tenais à ce décor, j’avais écrit toute cette scène finale en pensant à Orly où j’avais attendu un nombre incalculable de visiteurs venant de Téhéran ! Et une fois que l’aéroport a dit « oui », comme il était impossible de le fermer rien que pour nous, il fallait prendre soin de ne pas terrifier les passagers, qui ne voyaient pas tous les grands panneaux « Ceci est un tournage ».

BANDE-ANNONCE

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CRITIQUES

La presse en parle !

Le pari était plutôt culotté et le sujet sensible, mais cette comédie vaudevillesque enlevée réussit à nous faire rire tout en épinglant les intégristes de tout poil. - Femme Actuelle

Premier long-métrage de fiction de la réalisatrice Sou Abadi ("SOS à Téhéran"), "Cherchez la femme" déploie un casting engageant pour aborder les thèmes de la liberté et de l'extrémisme, avec humour et sans clichés. - Direct Matin

Une sympathique comédie, plus fine qu'elle en a l'air, portée par un duo de comédiens de talent : Camélia Jordana et Félix Moati. - Elle

Sans haine ni discours bien-pensant, Sou Abadi dénonce l'obscurantisme en évitant savamment l'écueil des archétypes. Les interprètes y sont pour beaucoup, avec une mention spéciale à William Lebghil, méconnaissable en barbu perdu, et à Anne Alvaro, qui a chopé on ne sait où un authentique accent iranien. - L'Express

La comédie prend des risques. Slalomant entre divers périls allant de l’invraisemblance aux bons sentiments et les évitant tous grâce à une mise en scène gracieuse, des personnages solides et des comédiens inspirés qui s’amusent avec sérieux. - Sud Ouest

Intelligent et juste, "Cherchez la Femme" devrait être la grande comédie de l’été : celle qui vous fait passer un bon moment tout en initiant une réflexion bienvenue. - Rolling Stone

À partir d'une intrigue faite de quiproquos bien menés, "Cherchez la femme" se révèle aussi gonflé que drôle. - Studio Ciné Live

[...] mais le film montre aussi, et sans rire cette fois, l'origine de la rage de Mahmoud : l'abandon par la République des jeunes de son ancienne cité, la mosquée s'imposant à eux comme le dernier espoir de sociabilité. - Télérama

Faire rire avec un premier long-métrage, de surcroît sur l'intégrisme, la réalisatrice Sou Abadi l'a fait. - Le Figaro

La réalisatrice Sou Abadi réussit à éviter la caricature et le simplisme. - Le Monde

[...] la comédie de Sou Abadi fonctionne en puisant dans les clichés politiques plutôt que racistes. - Libération