Dossier de presse
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En Liberté !

En AVP digitale le 1er mars - En DVD et VOD le 6 mars

en liberté

Une comédie délirante, au ton complètement décalé, portée par un duo aussi drôle que touchant.

Yvonne jeune inspectrice de police, découvre que son mari, le capitaine Santi, héros local tombé au combat, n’était pas le flic courageux et intègre qu’elle croyait mais un véritable ripou. Déterminée à réparer les torts commis par ce dernier, elle va croiser le chemin d’Antoine injustement incarcéré par Santi pendant huit longues années. Une rencontre inattendue et folle qui va dynamiter leurs vies à tous les deux.

9 nominations aux César 2019 dont Meilleur Film, Meilleure Actrice et Meilleur Acteur.

 

Visuel 3D

 

Note d'intention

Entretien avec Pierre Salvadori, réalisateur.

Racontez-nous la genèse du film.

J’avais depuis longtemps en tête un personnage d’innocent, à la Hitchcock, qui décide, à sa sortie de prison, de commettre le délit pour lequel il a été condamné à tort. Je pensais à un film de genre, un polar, j’ai commencé à écrire mais le sujet était trop mince : j’allais vers film d’intrigue, une histoire de braquage… Une conversation avec ma mère l’a incidemment remis en piste. « Tu sais, m’a-t-elle dit, ce sont les mères qui font les pères. Je vous ai toujours raconté un père un peu plus glorieux, un peu plus gentil, un peu plus fort, un peu plus tout qu’il n’était peut-être… ». Cette phrase m’a poursuivi. Est née l’idée de mélanger les deux sujets : l’innocent qui sort de prison et cette femme qui essaie de dire à son fils que son père était un ripou à travers les histoires qu’elle lui raconte le soir pour l’endormir.

Yvonne, la mère (Adèle Haenel), a une montagne de tâches à accomplir : affranchir son fils mais aussi rétablir une forme de justice auprès de l’innocent que son mari a fait condamner injustement. Et se reconstruire après un veuvage d’autant plus douloureux que l’homme qu’elle a perdu n’est pas celui qu’elle a cru aimer. Par-dessus tout, elle se sent coupable : un thème qui irrigue tous vos films.

C’est un ressort de comédie merveilleux. Les gens coupables ont toujours beaucoup d’épaisseur psychologique, ils sont empathiques, émouvants et rarement tranquilles. Dans le cas d’Yvonne, c’est d’autant plus intéressant qu’elle porte les fautes d’un autre. Elle comprend qu’elle a vécu avec un inconnu, mais sait-on jamais à qui on a affaire ?

Yvonne veut réparer mais, en même temps, elle n’affronte jamais la réalité : elle pourrait parler à son fils, s’adresser au juge en charge de l’affaire d’Antoine (Pio Marmaï) ; elle choisit une autre voie.

C’est un personnage qui essaie de résoudre les problèmes en se passant de la vérité. Elle veut à tout prix la cacher : à son fils pour ne pas l’attrister, à Louis, son amoureux pour ne pas l’inquiéter (Damien Bonnard), à Antoine, injustement incarcéré, pour ne pas s’exposer. On peut faire beaucoup de choses par culpabilité. Mentir, dissimuler, manipuler, coucher. Cela produit évidemment de la comédie mais c’est surtout très humain et c’est ce qui me touche.

Elle ment, comme tous les autres personnages du film et… comme tous ceux de vos films précédents.

On pense souvent que je suis obsédé par le mensonge, le masque, mais plus simplement c’est un des ressorts de la comédie et c’est aussi un ressort de la vie. Ce qui m’intéresse ce sont les situations que cela amène. Yvonne ne dit pas à Antoine qu’elle est la femme de l’homme qui l’a fait condamner et qu’elle est flic. Et Antoine pense donc qu’elle s’intéresse à lui pour d’autres raisons. La dissimulation d’Yvonne crée aussi ce malentendu, cette confusion. Elle le suit et s’abandonne à lui par culpabilité et lui croit l’aimer parce qu’elle le comprend et le soigne. Ils sont si beaux qu’on pense forcément qu’ils vont avoir une histoire d’amour et j’adore ce malentendu. Il était important de faire accepter au spectateur que la première aime et parte avec Louis et que l‘autre retourne avec Agnès sans qu’il n’y ait rien de normatif. Je trouvais bien d’oser ce paradoxe et j’aimais qu’Antoine retrouve Agnès et son amour incroyable.

On connaît votre amour de l’absurde. Là, plus que jamais, vous multipliez les situations improbables.

Le vraisemblable ne m’intéresse pas. La vérité, oui. Quand Louis dit à Yvonne : « Viens, il y a un tueur dans la foire, on va le chercher », et qu’elle le suit aveuglément parce qu’elle a envie d’action, cela m’intéresse. Cela dit son envie de vivre et son désir d’émancipation. On lui a volé une partie de sa vie, on lui a volé son travail, elle a besoin de se libérer des morts.

 

Vous vous autorisez de longues séquences de poésie : cette scène à travers la porte de la salle de bains où le couple Antoine-Agnès se dit son amour et ses peurs est très écrite.

J’aime ça, tout simplement. J’ai le sentiment que la comédie autorise cela. Je me suis souvent permis d’introduire des dialogues écrits, un peu enlevés dans mes films. Mais je n’assumais pas totalement leur dimension littéraire. J’essayais toujours de contrebalancer cela avec un ton un peu parlé. Cette fois, j’ai décidé de l’endosser. En écrivant le scénario, je disais à mon producteur : « Si je pouvais j’écrirais tout le film en vers ».

 

Vous aviez déjà tourné deux fois avec Audrey Tautou. « En liberté ! » est votre première collaboration avec Adèle Haenel. Elle est inénarrable lorsqu’elle empêche l’arrestation d’Antoine après la bagarre près de la boite de nuit en agitant son insigne de flic.

On est en plein dans le burlesque et c’est un des territoires vers lesquels elle voulait aller ; même s’il me semble qu’elle en avait peur. Un jeu aux antipodes du réalisme et du naturalisme qu’elle peut avoir dans certains films. J’ai adoré travaillé avec Adèle. C’est quelqu’un qui va spontanément vers les auteurs et qui se bat pour le film, qui lui insuffle beaucoup d’énergie. Une combattante ! Elle ne se contente pas de jouer un rôle, elle intègre la forme du film, elle l’épouse. Cela n’a pas toujours été évident pour elle : elle a dû apprendre en faisant... Je lui avais demandé de regarder Julia Roberts dans « Erin Brockovich » qui vraiment à un corps burlesque. Adèle est très intelligente. Dix jours après le début du tournage, elle avait tout compris. La sincérité nécessaire dans des situations improbables, l’abandon, l’accentuation et la technique que cela demande. Rupture, « double-take »… je pouvais tout lui demander.

Elle est extrêmement féminine dans le film. Lui aviez-vous donné des références particulières ?

Je lui avais demandé de visionner deux films de Lubitsch et deux de Jonathan Demme et d’étudier particulièrement Katharine Hepburn, pour sa rapidité, et aussi Lauren Bacall, parce que, effectivement, je voulais qu’elle ait un look très féminin. Mais bon, peut-être que c’était juste pour lui demander de voir des films que j’aime, comme une façon de me présenter. Je ne travaille jamais avec les comédiens avant le tournage, je ne fais pas de répétitions et préfère passer directement de l’écriture à la séquence tournée – je ne veux pas avoir le choix de la réécriture. Il faut aller au film. Les comédiens arrivent sur le plateau et l’impératif comique dicte le rythme, les déplacements, les tonalités.


Vous retrouvez également Pio Marmaï que vous aviez dirigé dans « Dans la cour ».

Sur le tournage, j’avais pressenti qu’il pouvait devenir une sorte d’alter ego, de collaborateur régulier. Il est entier, précis et inspirant. Il a une immense technique et énormément de présence. Il comprend mon travail, l’apprécie et c’est réciproque. J’ai l’impression que l’on peut, l’un et l’autre s’apporter beaucoup, compter l’un sur l’autre et j’aime cette idée d’alliance.

 

Aviez-vous des références en tête pour le film ?

J’aime la mise en scène, le style, l’ellipse, la litote. Mes admirations ne changent pas. Lubitsch, La Cava, les grands cinéastes américains classiques. Sur ce film en particulier, il y aussi Jonathan Demme et ses deux comédies des années 80 : « Something Wilde » et « Married to the Mob ». Des comédies très stylisées, colorées et loufoques ; des récits d’émancipation, avec des personnages féminins forts. Avant le tournage, j’ai aussi montré ces deux films au chef Opérateur et à Adèle. Pour « En liberté ! », l’aiguillon des séries m’a peut-être piqué : que lui opposer ? Qu’opposer à cette sur-scénarisation, ces digressions ou ces rebondissements, ce foisonnement de personnages ? Une fausse intrigue, une linéarité, une ironie sur le récit, une forme. C’est ce que j’ai essayé de faire. A l’arrivée, le sujet de « En liberté ! » porte peut-être d’abord sur l’importance de la fiction et du cinéma dans nos vies et sur la croyance en mon métier et en son utilité. Ce thème l’irrigue.

 

Bande-annonce

Bande-annonce

Critiques

La presse en parle !

Une grande comédie. - CinemaTeaser

 

Cette folle comédie très originale, délirante et burlesque, est une réussite. - Closer

 

La meilleure comédie de l'année. - Femme Actuelle

 

Il faut remonter loin pour trouver un polar rieur qui prenne avec autant d’invention tous les risques, dépoussière le burlesque à coups de torchon et, sur le rire qu’il provoque, décalque avec une histoire d’amour et de paternité. - Le Parisien

 

Pierre Salvadori signe une grande comédie, pétillante et enchanteresse. - Les Fiches du Cinéma

 

Une comédie policière haut de gamme où les héros se coursent dans un ballet burlesque, en quête du droit d’être et de paraître. Explosif. - Les Inrockuptibles

 

[...] une comédie savoureuse, rutilante et décomplexée. - Libération

 

En liberté ! montre qu'il peut encore y avoir de la poésie et de la profondeur dans la comédie. - Marianne

 

Un fabuleux chassé-croisé amoureux.​​​​​​​ - Premiere

 

Il faut être un génie de la mécanique, un orfèvre des situations, un artiste des dialogues pour réaliser une "bonne" comédie. Pierre Salvadori a relevé ce défi. Avec "En liberté !", son neuvième film, il livre un modèle du genre. - Studio Magazine

 

Un festival de cafouillages aussi poétiques que burlesques.​​​​​​​ - Télérama

 

Si En liberté ! touche en plein cœur, ce n’est pas seulement par sa virtuosité (…). C’est parce qu’il tisse ses aventures extravagantes avec la matière même des mille petites légendes familiales et sentimentales qui tapissent nos vies.​​​​​​​ - Cahiers du Cinéma

 

De cette imbrication du dramatique et du burlesque, l'un renforçant l'autre, surgit un ton complètement original qui va durer tout le temps du film sans jamais lasser. - Culturebox

 

Pierre Salvadori mène sa mise en scène tambour battant. Burlesque et déjantée. - Le Figaro

 

Salvadori mélange les genres, du polar au burlesque, dans un rythme effréné et une écriture décomplexée. Le film est roublard et plein d’idées. Jouissif. - Paris Match