Dossier de presse
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Dilili à Paris

En AVP digitale le 10 février - En DVD, Blu-Ray et VOD le 13 février

Dilili à Paris

La destinée d'une petite fille exceptionnelle dans un film hommage au Paris de la Belle Epoque.

Dans le Paris de la Belle Epoque, en compagnie d'un jeune livreur en triporteur, la petite kanake Dilili mène une enquête sur des enlèvements mystérieux de fillettes. Elle rencontre des hommes et des femmes extraordinaires, qui lui donnent des indices. Elle découvre sous terre des méchants très particuliers, les Mâles-Maîtres. Les deux amis lutteront avec entrain pour une vie active dans la lumière et le vivre ensemble...

 

Visuel 3D

 

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Note d'intention

Entretien avec Michel Ocelot, réalisateur.

Quel a été le point de départ de Dilili à Paris ?

Un premier point : faire enfin un film qui se passe à Paris. Tout au long de mes films, j’ai exploré les continents et les époques. Toute l’histoire et les civilisations sont aujourd’hui à notre portée. Devant cette richesse, je me sens comme un gourmand dans une confiserie. J’ai le droit de goûter à tout, je goûte à tout. Paris fait évidemment partie des lieux extraordinaires à célébrer, en plus j’y vis et je l’aime. Au début, j’y ai pensé surtout comme un décor et des costumes. J’ai choisi la Belle Époque parce que c’était le dernier moment où les femmes portaient des robes jusqu’à terre, tenue nécessaire pour faire rêver de reines, de princesses et de fées. C’était une période suffisamment éloignée pour procurer une part de rêve, et suffisamment proche pour avoir tous les documents à portée de la main. Mais en me documentant sur l’époque – ce que je fais pour tous mes travaux – j’ai constaté qu’il n’y avait pas que des froufrous dans cette période 1900, il y avait aussi des personnages d’exception. Je m’en doutais ! Mais leur nombre m’a étonné. La Belle Époque, c’est Renoir, Rodin, Monet, Degas, Camille Claudel, Toulouse-Lautrec, Le Douanier Rousseau, Picasso, Poiret, Valadon, Colette, Renan, Proust, Gide, Gertrude Stein, Anna de Noailles, Brancusi, Modigliani, Wilde, Ravel, Fauré, Reynaldo Hahn, Diaguilev, Nijinsky, Bourdelle, Jaurès, Bruant, Louise Michel, van Dongen, Anatole France – que je ne montre qu’en photo dans le film, mais je le voulais – Debussy, Satie, Clemenceau, le Prince de Galles (Edouard VII), Santos-Dumont, Pasteur, Méliès, les frères Lumière, Eiffel, Marie Curie, Sarah Bernhardt, Alphonse Mucha, Chocolat, la liste est interminable et je ne me suis pas assez penché sur les techniques. Dans cette liste, les femmes s’affirment. En France, les hommes de pouvoir ont toujours fait attention à maintenir les femmes hors du pouvoir, mais ils n’ont jamais imaginé une société sans femmes. Ce qui fait que les femmes, toujours présentes, ont toujours eu une influence sur le pays, quelque non-officielle qu’elle ait été. En 1900, petit à petit, des individualités héroïques parviennent à briser des barrières : il y a la première avocate, la première femme médecin, la première étudiante à l’université, la première professeure à l’université...

 

À quel moment avez-vous imaginé que le récit serait présenté au travers des yeux de Dilili ? Qu’est-ce qui vous a poussé à la choisir pour héroïne ?

Je me suis trouvé confronté à un petit problème pour la représentation de Paris à la Belle Époque : il n’y avait que des blancs. On n’a jamais vu ça dans mes films ! Cela me semblait un appauvrissement pour mon public et moi-même. J’ai cherché dans l’époque quelques personnes plus colorées que les Gaulois. Il était trop tard historiquement pour mettre en scène le joyeux Alexandre Dumas, dont le père noir avait épousé une fille blanche de la bonne société. J’ai cependant trouvé dans les images de Toulouse-Lautrec – dont j’apprécie autant la personnalité que l’oeuvre – un barman chinois qui venait de San Francisco je crois, un clown africain originaire de Cuba et, dans une peinture de Jaques-Emile Blanche, un poète tunisien, et encore, sur des photos d’époque, un maharadjah fasciné par la France. C’est peu… Le premier contact des Parisiens avec des êtres différents fut en fait les « villages indigènes » reconstitués dans des parcs. En lisant les souvenirs de Louise Michel, déportée en Nouvelle Calédonie, j’ai découvert qu’elle s’était intéressée au pays, à ses coutumes, à ses légendes et surtout qu’elle avait continué son métier d’institutrice auprès des petits kanakes (pendant que d’autres déportés ne les traitaient pas bien, heureux de trouver des êtres « en dessous d’eux »). Ainsi, de petits kanakes savaient lire et écrire le français et j’ai imaginé l’un d’eux dans une troupe de ces villages établis à Paris. J’ai fait de cet enfant une petite fille, puisqu’il s’agissait de défendre les petites filles (en regardant les dates, je me suis aperçu que, vingt ans après, les petits enfants n’étaient plus petits enfants – j’ai cependant gardé le jeune âge parce que cela arrangeait bien le scénariste…). J’ai en outre ajouté une particularité à l’héroïne, elle est métisse, encore une catégorie qui a souffert, rejetée par les deux côtés.

 

Comment les autres héros du film sont-ils nés ? Et les méchants ? Les Mâles-Maîtres ?

Avec Dilili, j’avais une petite fille parfaite pour cette histoire. Mais il me fallait le compagnon qui pourrait lui montrer tout Paris sans difficultés. J’ai donc imaginé Orel, un grand garçon livreur en tricycle. Il peut aller partout avec Dilili installée dans le caisson et peut lui présenter énormément de monde, car, comme tout jeune premier qui se respecte, il est beau et tout le monde l’aime. Il est passionné par Paris et les grandes personnalités qui le peuplent. Le troisième personnage est une bonne fée qui intervient chaque fois qu’on a besoin d’aide. J’ai d’abord pensé à Sarah Bernhardt, mais j’ai finalement choisi la cantatrice Emma Calvé, qui fut presque aussi célèbre qu’elle en son temps – même si on l’a oubliée aujourd’hui. Elle a fait le tour du monde et triomphé dans le rôle de Carmen, une héroïne 1900 par excellence et l’opéra le plus joué au monde. Passons aux méchants. J’ai représenté les hommes qui maltraitent les femmes par une secte, les Mâles-Maîtres, qui vit sous terre. Je dois préciser au passage que ces enlèvements de petites filles, cette secte terrible, la complicité des hauts dirigeants de la police, sont de pures inventions pour exposer mon message. Rien de tel n’a eu lieu à Paris. Incidemment, le mauvais préfet de police est ma plus grave entorse à la vérité historique : le grand préfet Lépine était brillant, audacieux, courageux, passionné. Quand j’ai cerné cette personnalité d’exception, je n’ai su qu’en faire. Il n’aurait fait qu’une bouchée des Mâles-Maitres… Le quatrième personnage inventé, c’est Lebeuf, le faux méchant.

 

Vous avez inclus dans le récit et dans les paroles des chansons différentes paraboles sur le racisme, la misogynie et autres formes de rejet. Considérez-vous que c’est une de vos responsabilités, en tant que conteur qui s’adresse à la jeunesse et au public familial ?


Bien sûr. Tous les auteurs de livres, de spectacles, de jeux divers ont du pouvoir, le pouvoir de faire du bien ou du mal. Devinez de quel côté je penche. Avec nos créations, nous, les auteurs, nous nous faisons nous-même, et nous aidons les autres. Nous leur procurons un plaisir pendant le spectacle et un enrichissement pour après. C’est une belle chose que de faire du bien aux autres et à soi-même. Dans DILILI, je montre clairement des personnes qui font bien leur travail, et « enrichissent » les autres. Une des recherches de DILILI est l’exploration de tous les métiers possibles et l’élection de celui qui va la passionner. J’évoque bien des choses mauvaises. Sachant qu’il y aura des enfants devant l’écran, je veille à ne pas les blesser, mais je veille à tout dire, les enfants sont là pour absorber, sans perdre de temps, des tonnes d’information.

 

Aviez-vous aussi en tête les fameux bateaux en forme de cygne que Louis II de Bavière avait fait construire pour voguer dans la grotte artificielle de son château ?

Bien sûr, j’ai pensé à la barque de Louis II de Bavière dans son lac sous le château (et son goût pour l’opéra). J’ai pensé aussi au Fantôme de l’Opéra imaginé par Gaston Leroux. J’ai métamorphosé le réservoir d’eau qui se trouve sous l’Opéra, répondant aux fantasmes des gens et aux miens. J’ai donc mis un vrai lac sous l’Opéra. De même, j’ai joué avec le fantasme de faire avancer un objet volant en pédalant, même si je sais que nos muscles ne sont pas suffisants pour entrainer une hélice utile. Vingt petites filles qui pédalent pour faire avancer l’aéronef qui les délivre, cela fait du bien. Je m’autorise ces licences poétiques de temps en temps, mais la plus grande partie du récit est basée sur des faits historiques.

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Critiques

La presse en parle !

Ocelot n’est pas seulement un artiste, il est aussi un fabuleux astrophysicien des sentiments humains. - La Septième Obsession

 

Michel Ocelot reste fidèle à ses convictions: défendre avec malice les opprimés dans des films d'animation qui s'adressent au plus grand nombre, et en aucun cas uniquement aux enfants. - 20 Minutes

 

Toujours en quête d’innovations visuelles et esthétiques, Michel Ocelot suit les aventures mouvementées d’une fillette Noire à la Belle Époque avec un travail pictural en hommage aux tableaux de maîtres. - aVoir-aLire.com

 

"Dilili à Paris" tend une corde de plus à l’arc de ce magicien du film pour enfants où les parents trouvent aussi leur compte. - Culture Box

 

Œuvre ouvertement féministe, engagée avec ferveur contre toute forme d’oppression masculine, "Dilili à Paris" met en avant de grandes figures féminines de l’époque. Culturopoing.com

 

Un jeu de piste captivant à travers le Paris de la Belle Epoque. - Femme Actuelle

 

Michel Ocelot, le créateur de "Kirikou", repousse une fois de plus les limites de l'enchantement et du merveilleux grâce à une époustouflante créativité picturale et chromatique. - Le Nouvel Observateur

 

On aime beaucoup ce nouvel opus de Michel Ocelot tant pour sa forme -des photos repeintes de Paris qui servent de décors aux personnages animés qui s’y animent- que son fond. - Le Parisien

 

Enquête mystérieuse, couleurs féeriques, propos féministe… Un régal. - Télérama