Dossier de presse
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Mademoiselle de Joncquières

En AVP digitale le 12 janvier - En DVD et VOD le 16 janvier

Mademoiselle de Joncquières

Librement adapté du récit Jacques le fataliste de Diderot.

Madame de La Pommeraye, jeune veuve retirée du monde, cède à la cour du marquis des Arcis, libertin notoire. Après quelques années d’un bonheur sans faille, elle découvre que le marquis s’est lassé de leur union. Follement amoureuse et terriblement blessée, elle décide de se venger de lui avec la complicité de Mademoiselle de Joncquières et de sa mère.

 

Mademoiselle de Joncquières figure en tête des nominations des 24ème Lumières de la presse internationale, les prix annuels créés en 1995 à l’initiative de Daniel Toscan du Plantier et du journaliste anglais Edward Behr.

 

Visuel 3D

 

visuel éclaté

 

Note d'intention

Entretien avec Emmanuel Mouret, réalisateur.

MADEMOISELLE DE JONCQUIÈRES est votre neuvième long‑métrage et votre premier film en costumes.

Quand Frédéric Niedermayer, producteur de tous mes films, a évoqué l’idée d’un film en costumes, j’ai immédiatement pensé à un récit conté par l’aubergiste dans JACQUES LE FATALISTE, le roman de Diderot, récit coupé par de nombreuses digressions et parenthèses, comme tous les autres moments du livre. Un récit souvent relu, qui m’avait frappé, beaucoup ému, notamment sa fin. La modernité de cette histoire m’avait semblé saisissante, j’entends par là que ce qui est moderne est ce qui ne vieillit pas et traverse le temps. Les désirs, les sentiments, les élans, les conflits qui traversent les personnages et les questions que soulève le récit me semblent très contemporains. Les questions morales que se pose le 18e siècle sont toujours à l’oeuvre de nos jours. Pendant et après la Régence, la société est clivée comme jamais, comme la nôtre, entre l’amour profane, le goût des plaisirs, et un amour plus sacré. Libertins ou pas, ceux qui ont traversé cette époque sont aussi intérieurement clivés que nous le sommes aujourd’hui.

 

Qu’est-ce qui vous a intéressé à vous plonger dans un film d’époque ?

Plusieurs choses. D’abord, le marquis des Arcis et Madame de La Pommeraye possèdent ce mélange de démesure et de délicate civilité qui fait cette saveur et ce piquant uniques des personnages de cette époque ! Ils savent argumenter et raisonner (pour prouver ou se prouver une chose comme son contraire) si brillamment ! Même si nous parlons toujours beaucoup de nous-mêmes ou de ce que nous ressentons aujourd’hui, c’est quelque chose qui paraîtrait moins « naturel » chez des personnages contemporains que chez des personnages du 18e siècle. Une autre raison est qu’un film en costume est un peu comme un film de science‑fiction. Cette distance avec notre réel peut paradoxalement nous rapprocher plus immédiatement de notre imaginaire et de notre monde intérieur. Ce film s’adresse surtout à notre réalité sentimentale et morale bien plus qu’à notre réalité extérieure.

 

Comment juger les personnages de cette histoire ?

C’est la question qui est à l’oeuvre dans tout le film. Ce n’est pas un récit fait pour nous délivrer une pensée, mais un récit fait pour nous donner à penser. Les personnages font des choses tout aussi louables qu’haïssables. Et c’est impossible de les enfermer dans une case, dans une opinion toute faite. À l’occasion de la disparition de Philip Roth j’ai entendu ce passage : « Le fait est que comprendre les autres n’est pas la règle, dans la vie. L’histoire de la vie, c’est de se tromper sur leur compte, encore et encore, encore et toujours, avec acharnement et, après y avoir bien réfléchi, se tromper à nouveau. C’est même comme ça qu’on sait qu’on est vivant : on se trompe. Peut-être que le mieux serait de renoncer à avoir tort ou raison sur autrui, et continuer rien que pour la balade. » J’aime ce mot de « balade » car cela m’évoque aussi ce temps devant un film, le chemin sinueux de nos pensées et sentiments jusqu’à la fin... et parfois après la fin quand le film nous donne à penser.

 

On pense aux LIAISONS DANGEREUSES, texte contemporain de JACQUES LE FATALISTE. Les personnages nobles, la manipulation, la cruauté, l’opposition entre le libertinage et la dévotion existent dans les deux textes.

La grande différence est qu’il n’y a aucun cynisme chez Diderot, les personnages ne sont pas désabusés. Cependant Madame de Merteuil et Madame de La Pommeraye ont indéniablement des points communs. Diderot comme Laclos font des portraits de femmes dont l’intelligence surpasse celle des hommes et ce n’est pas un trait courant dans la littérature d’antan. En outre elles sont toutes les deux des femmes indépendantes car nobles et veuves. Il ne faut pas oublier que les veuves nobles et les riches courtisanes sont les premières femmes qui ne dépendent pas de l’autorité d’un mari.

 

Nous n’avons jamais vu Cécile de France interpréter un tel personnage. Comment vous est venue l’idée de travailler avec elle ?

Je dois avouer que je n’en ai pas eu l’idée tout de suite, et lorsque j’y ai songé ça ne m’a pas semblé une évidence. Mais après avoir fait une lecture, je n’avais plus aucun doute. J’étais convaincu qu’elle allait être grandiose. Et elle l’a été au-delà de mes attentes ! Elle a travaillé son personnage pendant trois mois avec une assiduité que je n’avais jamais vue. Nous avons beaucoup travaillé tous les deux sur chaque scène. Puis arrivé sur le tournage, je ne lui ai plus donné aucune consigne de jeu, tout était là, dès la première prise. Le personnage lui appartenait totalement. Nous n’avions plus à nous concentrer que sur les déplacements, le jeu avec la caméra... la mise en scène.

 

Le naturel d’Edouard Baer est confondant, il parle la langue du 18ème siècle comme si c’était la sienne.

Mais c’est un peu la sienne. Quand on l’écoute, quand on le voit, c’est un marquis ! Edouard était une évidence. Son élocution, sa distinction, sa décontraction font que tous les dialogues lui allaient comme un gant.

 

Pourquoi ce titre ?

D’abord parce que le texte n’ayant pas de titre, il fallait en trouver un. Ensuite parce que j’avais envie, dès le début du film, de donner une grande importance à ce personnage (Mademoiselle de Joncquières) qui peut longtemps paraître secondaire. C’est une façon de préparer la fin, sans la révéler. Le personnage est dessiné en creux, suffisamment mystérieux pour alimenter nos projections, comme celles du marquis. Je crois que, plus cette jeune femme reste insondable à ses yeux, plus on comprend son attirance irraisonnée, et, plus le retournement final peut être poignant et troublant.

 

Le siècle des Lumières est obsédé par les pouvoirs de la raison. En ce qui concerne les affaires du coeur et du désir tout se complique. Ici les personnages semblent être pris au piège de leurs propres désirs.

Mais est-ce que les choses ont changé depuis ? À quelle loi soumettre la raison en amour ? Et aime‑t‑on vraiment lorsqu’on est raisonnable ? Il semble que le jeu des questions est peut-être plus important que celui des réponses. Et c’est peut-être sur nos troubles que les Lumières ont jeté le plus de clarté.

Bande-annonce

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Critiques

La presse en parle !

Une passionnante et moderne radiographie des amours assassines au XVIIIème siècle. - Bande à Part

 

"Mademoiselle de Joncquières" est un film en état de grâce. - Culturopoing.com

 

Si chaque film est un rêve, celui de Mouret en a la merveilleuse fluidité. - Marie Claire

 

[...] le résultat est savoureux. Son neuvième long métrage se révèle même le plus abouti. - Studio Magazine

 

L’élégance des mots rivalise avec l’élégance des décors pour nous conter délicatement cette exquise histoire de vengeance sur fond de féminisme. - aVoir-aLire.com

 

Emmanuel Mouret est ici au sommet de son art, où, plus que jamais, la délicatesse des sentiments s'exprime par une symphonie de formes raffinées. - Critikat.com

 

On se réjouit et on se régale de cette variation brillante et cruelle des jeux de l'amour, aussi bien écrite que jouée. - Femme Actuelle

 

Dans des décors somptueux et avec un sens du cadre aussi sobre qu’élégant, le réalisateur orchestre une guerre des sexes jubilatoire, où la cruauté le dispute à la candeur, la rancœur à la passion. - Le Journal du Dimanche

 

Emmanuel Mouret adapte avec bonheur un épisode du roman « Jacques le Fataliste » de Diderot. - Le Monde

 

La mise en scène est d’une élégance surprenante. - Télérama