Dossier de presse
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Plonger

En avant-première digitale le 29 mars - En VOD, DVD et Blu-Ray le 4 avril

plonger

Après Respire et Demain, le nouveau film de Mélanie Laurent.

C’est l’histoire d‘un amour total entre César et Paz. Paz, photographe espagnole, nourrit une soif de rencontres, d’expériences et de voyages, alors que César, ex-grand reporter de guerre, souhaite à l’inverse s’extraire du tumulte du monde. Paz est enceinte, cette perspective l’angoisse, l’étouffe. Elle semble s’éloigner chaque jour un peu plus de César, comme obsédée par quelque chose qui lui échappe. Jusqu’au jour où elle disparait, laissant son enfant et César sans véritable explication...

D'après l'ouvrage de Christophe Ono-Dit-Biot.

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Entretien

Avec Mélanie Laurent

Après RESPIRE, c’est la deuxième fois que vous adaptez un livre…

C’est Bruno Lévy, mon producteur qui m’a fait découvrir Plonger. Je venais à peine de terminer RESPIRE, je l’ai lu et ai aussitôt rencontré Christophe Ono-Dit-Biot. Il me donnait carte blanche pour l’adaptation.

Qu’est-ce qui vous séduisait dans son roman ?

Les thèmes qu’il aborde – les relations hommes/femmes, l’art, l’écologie – m’étaient proches, je me suis emparée du livre autant qu’il s’est emparé de moi. La dernière scène, notamment, qui donne lieu à tant d’interprétations différentes de la part des lecteurs, me fascinait. Ce sont parfois trois pages, trois lignes, trois mots qu’on aime qui donnent envie de faire un film.

À quelles difficultés vous êtes-vous heurtés ?

La première partie avec Paz a été difficile à écrire. Elle était dense, complexe. La seconde, à partir du moment où César arrive à Oman, était plus évidente : il suffisait de couper ou de raccourcir certaines scènes. À ce stade, nous nous sommes beaucoup calés sur le livre.

Le prélude en Espagne est très gai mais annonce déjà ce qui va suivre : « On n’a pas le droit de toucher l’eau, c’est sacré », dit Paz à César.

Julien et moi avions imaginé tourner ces séquences en pleine Biennale de Venise. Trop cher. J’ai dû les réécrire à trois semaines du début du tournage et les adapter au décor espagnol. Ces petites scènes autour de leur histoire d’amour servent le film bien mieux que ne l’aurait fait la Biennale : on tombe amoureux de leur couple et, en devinant ce qui peut les éloigner, on est mieux disposé à supporter ce qu’il va leur arriver.

Pour Paz, les difficultés commencent dès l’arrivée à Paris et la découverte de sa grossesse…

Elle se sent enfermée dans cette ville – elle s’y ennuie et n’y trouve pas sa place – et cette grossesse non désirée renforce ce sentiment d’étouffement. Elle a l’impression d’être prise en otage et que l’enfant à naître va l’éloigner de sa créativité. Il l’en éloigne déjà : sa deuxième exposition, qu’elle rejette totalement, lui paraît résulter du travail d’une autre.

« Je devrais être remplie, je me sens vide », dit-elle à sa mère.

J’ai collecté de nombreux témoignages de femmes durant l’écriture du scénario : beaucoup d’entre elles reconnaissent s’être senties extrêmement vides durant cette période de fécondation. Elles avaient le sentiment de ne plus exister. Je ne l’ai pas éprouvé en attendant mon propre enfant mais il est fréquent.

Pourquoi, selon vous, Paz porte t-elle tant d’intérêt à ce requin qu’elle a adopté au point de perdre littéralement les pédales lorsqu’elle perd sa trace ?

Quelques toutes petites scènes suffisent pour comprendre qu’elle s’inquiète davantage pour lui que pour son enfant : alors qu’elle traîne pour consoler son bébé qui pleure, elle se met à courir dans tout l’appartement quand elle découvre que le GPS n’émet plus. Mais si elle réagit ainsi, ce n’est pas parce qu’elle n’aime pas son enfant : elle est happée par une force supérieure qui la voue à créer. En perdant la trace de ce que symbolise le requin, c’est comme si tout à coup elle se perdait elle-même.

Une réaction très mal vécue par César : « Il n’y a pas de place avec toi, lui dit-il. Il n’y a que toi qui existes – ton inspiration, ton manque d’inspiration… ». PLONGER est à la fois un hommage à l’art et à l’artiste et un plaidoyer contre l’incompréhension à laquelle ce dernier est en butte.

Cette incompréhension existe, elle a toujours existé ! La réflexion de César est très injuste : les artistes ont besoin des autres pour être inspirés. Pour autant, il n’est pas facile d’accepter de vivre avec quelqu’un qui va s’enfermer pendant des heures dans sa bulle pour créer. Cela ne signifie pas qu’il s’éloigne des gens ou qu’il ne les aime pas – seulement qu’il a réussi à créer un espace artistique qui le rend fort et heureux… C’est difficile de vivre cela dans un couple et d’autant plus lorsque c’est la femme qui est l’artiste. Dans ce domaine aussi, les femmes sont beaucoup moins comprises que les hommes.

Paz disparue, on comprend que sa quête n’a pas été vaine : elle a trouvé ce qu’elle cherchait…

Et c’est important de le comprendre à travers le regard de César – c’était ce que je recherchais à travers cette construction en deux parties. On ne s’explique sa souffrance puis son accomplissement que parce qu’il fait tout ce chemin. En se mettant dans ses pas, il découvre véritablement qui était la femme qu’il a aimée.

Parlez-nous de María Valverde qui interprète Paz et qu’on connaît peu…

J’ai longtemps cherché l’actrice qui allait l’incarner. J’ai rencontré énormément de comédiennes espagnoles et ai même envisagé de prendre une actrice anglo-saxonne – une Anglaise ou une Américaine… Je m’éloignais de Paz mais je gardais l’idée d’un couple avec une double culture. Au fond, ce qui comptait, c’est que la femme qu’aime César vienne d’ailleurs, qu’elle se sente enfermée à Paris et n’y trouve pas sa place. Et puis alors que j’étais toujours en quête de ma comédienne, j’ai revu, presque par hasard, un essai de María que je n’avais pas visionné : coup de foudre. Nous avons pris rendez-vous. Notre rencontre a été merveilleuse, très intense ; j’ai su aussitôt que c’était elle.

Le choix de Gilles Lellouche peut sembler assez inattendu…

Gilles est arrivé assez tôt dans le film : lui et moi souhaitions travailler ensemble depuis longtemps et j’avais très envie de le voir dans un rôle d’homme sensible, un homme éperdument amoureux de sa femme qui ne sait pas toujours comment lui montrer son amour, très loin des emplois de séducteurs dans lesquels on le cantonne souvent.

Comment avez-vous travaillé avec vos comédiens ?

Le travail de María, qui ne parle qu’anglais et espagnol, a surtout consisté à apprendre phonétiquement son texte. C’est une grande travailleuse : en trois semaines, elle le maîtrisait parfaitement. Gilles et elle se sont également entraînés à plonger tous les jours dans un bassin de la région parisienne. Je prépare très peu mes films avec les comédiens : je préfère qu’ils gardent leur instinct, leur naturel. Mais je m’adapte à chacun : si l’un d’eux manifeste le désir de faire une lecture, je me cale à leur demande. J’ai beaucoup parlé avec María, pas du tout avec Gilles.

Beaucoup de scènes sont réalisées sous l’eau : comment les avez-vous conçues ?

Je ne savais absolument pas comment les filmer : jusqu’à ce film, non seulement je n’avais jamais plongé de ma vie mais j’ai une peur phobique de l’eau. J’ai dû me faire violence : dès mon arrivée à Oman, j’ai fait mon baptême de plongée et là, j’ai vu mes cadres : c’est en plongeant que j’ai eu l’idée de ces plans en top shot.

La lumière du film est très différente selon qu’on est dans la première ou la deuxième partie : claire-obscure dans la première, éclatante dans la seconde.

Dans la première, on devait éprouver le mal-être de Paz et la noirceur dans laquelle elle se débat : la lumière manque, je filme beaucoup les silhouettes dans le noir – nous avons d’ailleurs encore énormément retravaillé ce côté sombre à l’étalonnage. Je tenais à ce que l’on soit au contraire ébloui, comme César l’est lui-même, en arrivant à Oman : qu’on ait presque mal aux yeux quand il sort de l’aéroport.

Les cadres changent eux aussi beaucoup d’une période à l’autre…

Durant les dix premières minutes du film, on devait montrer l’intimité et la sensualité de ce couple qui n’arrête pas de faire l’amour et qu’on sent très proche tout en anticipant leur éloignement. On est donc à la fois dans des plans serrés et des plans très larges où on les perd presque. La partie sur Paz est tournée avec des focales plus ou moins serrées, souvent moyennes. Et ce n’est qu’à partir du moment où l’on arrive à Oman que je m’amuse à nouveau à opposer plans serrés et plans larges : on est à la fois très proche de César dont on partage le désarroi mais on est aussi face à l’immensité de son chagrin. C’est pour ces choix que j’aime faire des films : il n’y a pas un mouvement de caméra qui est laissé au hasard. Il y a toujours une réflexion derrière.

PLONGER a un ton très particulier. Comment le jugez-vous par rapport à vos deux précédents longs métrages de fiction ?

Sans la complexité du personnage de Paz, sans son envie de brûler la vie, sans son regard ouvert sur le monde, le film ne réussirait pas à lier ensemble les thèmes qu’il embrasse. C’est un film que je voulais simple, sans clés pour essayer de comprendre absolument les événements qui se jouent ; juste les vivre à travers Paz, me mettre à la place de son oeil et partir avec elle vers le grand large. J’ai le sentiment qu’il est à la fois le plus personnel et le plus complet que j’ai réalisé. Le plus mature aussi.

Bande-annonce

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Critiques

La presse en parle !

Entre passion amoureuse, descente aux enfers et exploration des fonds marins, les deux héros César et Paz nagent en eaux troubles. Et nous avec. - Elle

Un joli portrait de femme porté par le talent de la comédienne María Valverde. - Femme Actuelle

A cette quête d'une femme libre Mélanie Laurent ajoute aujourd'hui son interprétation féminine. Son film est surprenant, visuel et radical. - Le Point

Entre Le Grand bleu et 37°2 le matin, entre la mythologie simpliste et le baroque too much, Plonger se mouille et tente une synthèse impossible. Ca vaut le coup de se jeter à l’eau. - Premiere

Mélanie Laurent avec ce film confirme avec audace les qualités d'écriture et de mise en scène que laissaient entrevoir ses premières fictions. - Transfuge

Dans le rôle de la femme insaisissable, Maria Valverde est la plus ravissante des énigmes. - Voici

La comédienne-réalisatrice dit avoir réalisé avec "Plonger" son film le plus personnel et le plus mature. Pas le plus facile, en tous cas. Intense et tragique, "Plonger" ne trahit pas le livre dont il s'inspire. - Culturebox - France Télévisions

Entre romance et drame, on plonge dans ce récit porté par deux excellents comédiens. [...] - Le Journal du Dimanche

[...] bourré d'audaces visuelles. - Studio Ciné Live

C’est cette crise conjugale et ses conséquences que Mélanie Laurent capte : sa mise en scène moins heurtée qu’au début, mais plus intense, traque l’incommunicabilité naissante de ce couple dans le huis clos de leur appartement. - Télérama

Un film qui ne manque pas d’ambition dans sa volonté de capter la force de l’amour face à la force du mal-être [...] - Le Dauphiné Libéré