Communiqué du 12 juin 2018

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Mission Aquarius

Déprogrammation

Mission Aquarius

Documentaire inédit - Mercredi 13 juin 2018 à 20.55

France Ô

En raison de l'actualité,  France Ô change le contenu de la case du mercredi en prime : Investigatiôns. Le documentaire inédit Mission Aquarius sera diffusé à 20.55, suivi de la programmation initialement prévue Spéciale Usa. 

Ils sont marins-pêcheurs, équipiers de cargo, infirmiers, et ils passent leurs vacances sur l’Aquarius, le bateau de l’ONG SOS Méditerranée, à tendre la main pour sortir des hommes, des femmes et des enfants des eaux, à les écouter raconter le sort qui a été le leur dans les camps de rétention libyens. Ensemble, ils vont être confrontés aux témoignages bouleversants des migrants, à la tension des sauvetages, et à la joie des rescapés. Par beau temps, les passeurs peuvent mettre chaque jour, des dizaines d’embarcations à la mer. Impossible de savoir ce qui attend les volontaires une fois arrivés sur zone…Une aventure humaine éprouvante à suivre à leurs côtés.

Réalisé par Hélène ECKMANN - Une production CAPA, avec la participation de France Télévisions - Durée 52' - 2018

Mission Aquarius

 

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L’équipage
Partir pour une rotation, c’est d’abord s’y préparer psychologiquement. Chaque rotation dure trois semaines, et les sauveteurs bénévoles sont mis à rude épreuve : ils sauvent des vies, mais parfois, aussi, ils en perdent. Il y a des images difficiles à oublier… comme cet océan semé de cadavres, quand L’Aquarius arrive trop tard. Au total, 32 personnes seront à bord pour cette mission.

Jean fait son retour sur l’Aquarius après des débuts difficiles.
Il a 27 ans, il est officier de marine marchande. Habituellement, il travaille sur le ravitaillement des plateformes pétrolières en Afrique.
En avril 2016, il part pour la première fois sur l’Aquarius. Il mettra des mois à s’en remettre. « Personne n’est préparé à voir ce que l’on voit. La détresse des gens, les cris quand les canots se dégonflent, les hurlements des mères qui ont lâché leur enfant avant qu’on arrive… J’ai craqué en rentrant ».
Pourtant, Jean a décidé de rempiler. Il appréhende son retour à bord, mais il veut poursuivre coûte que coûte la mission qu’il s’est fixée : faire au moins deux rotations par an.

Ludovic est le petit nouveau de l’été.
A 34 ans, cet ancien infirmier est en pleine reconversion. Il a repris ses études pour devenir officier de marine marchande. C’est la première fois qu’il effectue une rotation sur l’Aquarius. Nous verrons quelles sont ses appréhensions avant le départ, et ses réactions lorsqu’il sera pour la première fois confronté à la réalité des sauvetages en mers.

A bord, Juliette prépare sa petite salle de consultation.
Juliette est sage-femme pour Médecins sans Frontières, qui travaille en coopération avec SOS Méditerranée.
C’est la première fois qu’elle va travailler sur un bateau, la première fois qu’elle va secourir des naufragés. “Je me suis un peu demandé si c’était pas trop pour moi, c’est surtout ce qu’ils ont vécu qui va être difficile je pense, c’est ça qu’on appréhende un peu plus …”

Elizabeth, l’infirmière de Médecins sans frontières, est une volontaire expérimentée. Plus d’une dizaine de missions humanitaires à travers le monde mais jamais sur un bateau. Avec son équipe, elle s’occupe de ceux qui ont le plus souffert du voyage. Elizabeth est une habituée des terrains difficiles, mais les témoignages des migrants torturés en Libye la bouleversent : « On est pas préparé du tout, c’est beaucoup d’émotions... je crois avoir vu beaucoup de choses dans ma vie à travers mon travail mais pas ça… »

Enfin, pour coordonner tout le monde, il y a Nicola. D’origine italienne, il parle français couramment. Il a 39 ans, lui aussi est officier de marine marchande. Il a occupé tous les postes avant de devenir coordinateur.

La vie à bord
Elle est rythmée par les sauvetages, qui interviennent à toute heure du jour et de la nuit. Dès qu’un canot est repéré, les sauveteurs en zodiak se portent à leur secours, remorquant les fragiles esquifs vers l’Aquarius. Parfois, ils arrivent juste à temps pour éviter le naufrage. Parfois, ils arrivent trop tard…

Mission Aquarius

 

« Chaque sauvetage est une rencontre », raconte un bénévole.
Lors d’une précédente rotation, l’un d’entre eux raconte qu’un homme, avec sa femme enceinte, avait beaucoup insisté pour connaître son prénom, savoir quelle en était l’orthographe, et s’il existait un équivalent féminin. Alors qu’il s’en étonnait, l’homme lui a expliqué qu’il ne voulait pas oublier celui qui les avait sortis de l’eau. Et qu’il donnerait son prénom à son futur enfant.
Lorsque l’Aquarius a atteint le maximum de personnes qu’il peut avoir à son bord, il les ramène sur la côte, puis appareille de nouveau quelques heures plus tard. Les bénévoles passent donc trois à quatre semaines en mer quasiment non-stop. Une expérience humainement très forte, souvent traumatisante, dont tous sortent différents.