Temps fort

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La Case du siècle

Opération Torch — 1942, les Alliés débarquent

  • Documentaire

  • Dimanche 10 avril 2016 à 22.25

OPÉRATION TORCH

Permettant aux troupes anglo-américaines de débarquer en Afrique du Nord, le succès de l’Opération Torch a marqué un tournant décisif dans le cours de la Seconde Guerre mondiale. Elle fut aussi la première opération militaire alliée à laquelle participèrent des résistants français. Ils racontent…

« Soldats, marins, on ne sait quelle sera la réaction de l’armée française d’Afrique à notre débarquement, mais toute résistance, de qui que ce soit, doit être anéantie. Souvenez-vous : les Français ne sont ni nazis ni Japonais. » Lancé par le général Patton, l’ordre de mission des 120 000 hommes qui s’apprêtent à débarquer le 8 novembre 1942 sur les côtes du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie est clair.

L'ouverture d'un nouveau front

Préparée pendant près d’un an dans le plus grand secret par les états-majors de Churchill et de Roosevelt, l’Opération Torch (« Flambeau ») va permettre aux Alliés d’ouvrir un nouveau front en Afrique face aux forces de l’Axe, qui tiennent la Libye. De soulager aussi l’Armée rouge, dont les troupes sont assiégées par Hitler à Stalingrad. Un débarquement mal connu, mais déterminant pour la suite de la guerre, car il va rendre possible non seulement l’offensive des Alliés l’année suivante en Sicile, mais également servir de banc d’essai au débarquement de juin 1944 sur les côtes normandes. Si le général de Gaulle en a été volontairement tenu à l’écart, c’est cependant grâce à l’engagement de quatre cents résistants français d’Algérie, réunis notamment autour de Henri d’Astier de La Vigerie et de José Aboulker, qu’il doit une part de sa réussite.

La résistance de Français d'Algérie

Dans la nuit du 7 au 8 novembre, alors que la gigantesque armada est en vue des côtes algériennes, ces civils, encadrés par une poignée de militaires français dissidents, vont occuper de leur propre initiative les points stratégiques de la capitale pour retarder la riposte de l’armée vichyste. À 17 heures, le 9 novembre, les premières unités de reconnaissance américaines investissent enfin la ville. L’heure est venue de négocier un cessez-le-feu avec l’amiral Darlan, le représentant du maréchal Pétain en Afrique du Nord, mais surtout d’obtenir le ralliement de l’armée vichyste… « Les Américains ont fini par arriver en Afrique et l’armée d’Afrique a repris le combat » : c’est comme cela que l’on raconte l’histoire dans la légende de Vichy, rappelle José Aboulker. « En oubliant qu’il s’est passé cinq journées pendant lesquelles, d’abord, il a fallu obliger ces généraux à arrêter les combats, puis à se rallier… »

Christine Guillemeau