Temps fort semaine 16

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Meurtres à Grasse

  • Fiction

  • Inédit

  • Samedi 15 avril 2017 à 20.55

MEURTRES A GRASSE

Forte de son succès, la collection « Meurtres  à… » revient pour se poser à Grasse, la capitale mondiale du parfum. Lorie Pester et Annie Grégorio, un binôme détonnant, mènent l’enquête afin de stopper un éventuel meurtrier en série… ou le possible retour d’une malédiction qui frappe les parfumeurs de la ville ?

Il ne fait pas bon rechercher « la 13e note » – appelée également « le parfum de Moïse » – qui réunirait des fragrances inimaginables de pure et parfaite symbiose. Quiconque oserait se mettre à sa recherche connaîtrait un sort funeste…

À Grasse, la découverte du corps d’un parfumeur, mort dans d’atroces conditions, relance la rumeur de la malédiction liée à la 13e note, d’autant que la victime arborait le tatouage d’un mystérieux hiéroglyphe. L’enquête est aussitôt prise en charge par Marianne Dusseyre (Annie Grégorio) et son équipe. Aussi cartésienne que pragmatique, elle ne prête pas attention à la rumeur. Un meurtre reste un meurtre, et l’auteur, un meurtrier en chair et en os.

Mais c’est sans compter sur Sophie Mournel (Lorie Pester), prompte à intervenir dans l’enquête – au grand dam de Dusseyre qui lui oppose une fin de non-recevoir glaciale. Deux raisons sont avancées pour justifier ce refus catégorique : le frère de Sophie est le premier suspect, car le dernier à s’être entretenu de façon très violente avec la victime, et Sophie était la fiancée du fils de Dusseyre qu’elle a lâchement abandonné alors qu’il se mourait d’une leucémie.

Pourtant, la cohabitation se fera forcée, Sophie ayant de bonnes raisons de penser à la piste de la malédiction. Son propre père, parfumeur et ancien collaborateur de la victime, n’a-t-il pas également connu un sort tragique ? La disparition soudaine, une dizaine d’années plus tôt, d’un autre collaborateur, arrivé spécialement d’Égypte, ne serait-elle pas liée à ce sortilège ? L’enquête piétine…, et quand un nouveau meurtre a lieu, une course contre la montre s’engage. Scepticisme et croyance se font face : Marianne et Sophie confrontent leurs théories, elles se heurtent, mais chacune devra compter sur l’autre pour parvenir à débusquer celui ou celle qui se cache derrière ces meurtres… à moins que la malédiction n’ait réellement sévi. Dans cette quête, chacune n’est pas loin de se défaire de ses propres convictions.

Le duo d’enquêtrices de ce Meurtres à Grasse dénote particulièrement. L’une est une flic désabusée sur les bords, qui se désole plus de ses problèmes de jardinage que de l’espèce humaine, vu sa déjà longue carrière dans la police. L’autre est une jeune femme pas du tout flic mais plutôt versée dans le tourisme spécialisé, à défaut d’avoir fini thésarde, et qui défend bec et ongles cet héritage. Rien n’aurait pu les rapprocher, mais la recherche de la vérité, pour diverses raisons, les pousse malgré elles à faire front commun.

L’efficacité des fictions de la collection « Meurtres à… » tient à ces légendes et à ces malédictions qui ne sont souvent que le prétexte pour des crapules, sans scrupules mais assez finauds, d’assouvir leurs pulsions meurtrières. Les meurtres étant atroces, la population ne peut imaginer qu’ils soient l’œuvre d’un être humain ; mieux vaut croire à un sortilège maléfique…

Mona Guerre