Temps fort

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Envoyé spécial

  • Magazine d'information

  • Jeudi 7 septembre 2017 à 20.55

ELISE LUCET

Nouveau décor, nouvelle durée, nouvelle périodicité, et toujours la même place de choix accordée à l'investigation. Envoyé spécial fait sa rentrée pour nous aider à comprendre « un monde de plus en plus complexe ». À la tête du magazine phare de la rédaction depuis un an, Élise Lucet fait le point. Entretien.

Envoyé spécial a prouvé cette année sa capacité à créer l’événement, tout en soignant la forme (reportages à l’écriture moderne, plateaux en extérieur). Quel bilan global tirez-vous de la saison écoulée ?
La feuille de route qui nous était fixée était de remettre l'enquête au sommaire d'Envoyé spécial. À plusieurs reprises, l'émission a fait l'événement avec les dossiers Bygmalion ou l'enquête sur Pénélope Fillon mais aussi avec l'enquête sur les otages d'Arlit. C'est un axe que nous conserverons l'année prochaine sans négliger pour autant le grand reportage ou les sujets sociétaux qui interpellent les Français. Il fallait aussi moderniser l'écriture des sujets. Un gros effort a été fait dans ce sens. Bilan positif donc, même s'il reste encore des pistes d'amélioration pour la saison prochaine. 

Comment l’émission va-t-elle évoluer à la rentrée ?  
La saison dernière, l'émission était trop longue. Nous allons revenir à un format de deux heures. Nous allons aussi mieux équilibrer les sommaires. Ils ont parfois été trop sombres l'année dernière. Nous serons aussi beaucoup plus régulièrement à l'antenne, et c'est une très bonne chose. Envoyé spécial va redevenir un rendez-vous pour les téléspectateurs. Les plateaux aussi vont changer. Nous serons dans un studio où l'image aura une place prédominante. L'image est le sens. Le décryptage et l'analyse du monde, c'est vraiment la signature d'Envoyé spécial

Qu’est-ce qui, au fond, par-delà toutes ces évolutions, définit le ton, l’identité d’Envoyé spécial ?
L'envie de comprendre un monde de plus en plus complexe. Ne pas subir l'actualité mais s'en emparer. Envoyé spécial est un magazine exigeant, mais qui a pour vocation de mettre à portée de tous les faits d'actualité les plus importants.

Les dernières élections (internationales et françaises) ont démontré l’influence croissante des réseaux sociaux en matière d’information, jusque dans leurs effets les plus pernicieux (propagation de fake news ou court-circuitage / dénonciation des médias traditionnels par les politiques). Qu’est-ce que cela représente pour vous d’être à la tête de ce grand rendez-vous d’enquêtes du service public ?
Une grande fierté mais aussi une grande responsabilité. France Télévisions est la dernière oasis où la liberté d'informer a toute sa place. L'investigation est un de nos points forts et la présidente de France Télévisions nous soutient à 100 % dans ce travail d'enquête. Il faut que nous soyons conscients de cette chance et que nous soyons à la hauteur de l'exigence souhaitée par les téléspectateurs. Ils sont de plus en plus nombreux à nous demander de « porter la plume dans la plaie », comme disait Albert Londres.

Comment réaffirmer la primauté, la pertinence, le professionnalisme, la rigueur et la nécessité de l’information publique ?
En étant vraiment au service de nos téléspectateurs. En prenant des risques calculés pour aller le plus loin possible dans nos enquêtes. En étant irréprochables sur la rigueur de nos informations et de nos reportages. Je suis très fière de la rédaction d'Envoyé spécial, de la qualité de ses journalistes, de leur esprit de responsabilité. Chacun d'entre nous aura à cœur, tout au long de la saison prochaine, de hisser haut les couleurs du journalisme avec sérieux et humilité.


Propos recueillis par mail par Cyrille Latour.