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Soirée continue

La Soif de vivre

  • Fiction, suivie d'un débat

  • Inédit

  • Mercredi 7 février 2018 à 20.55

Claire Keim et Grégory Montel

Avec La Soif de vivre, France 2 s’attaque à un grave problème de santé publique : l’alcoolisme. Claire Keim campe Lisa, mère addict et démissionnaire malgré elle, flirtant dangereusement avec l’implosion familiale. Une chronique émouvante d’une maladie « ordinaire », suivie d'un débat animé par Julian Bugier.

Lisa (Claire Keim) et Vincent (Grégory Montel) forment en apparence le couple parfait. Elle est professeure de piano et lui, architecte à la carrière qui décolle. Parents de deux enfants, Thomas, 10 ans, et Julie, 9 mois, leur vie est celle de millions de Français. Mais voilà, Lisa est alcoolique. Emportée dans la spirale de l’addiction, elle finit par entraîner avec elle toute sa famille. Usant de tous les stratagèmes pour dissimuler sa consommation d’alcool, Lisa perd le sens des réalités et de ses responsabilités. Elle enchaîne les petites et grosses erreurs en niant farouchement son problème. Jusqu’au jour où elle finit à l’hôpital à la suite d’un coma éthylique. Vincent, étouffé par la situation, a du mal à conjuguer vie professionnelle et familiale. En l’absence de son père, Thomas hérite des responsabilités et doit s’occuper de sa petite sœur et de sa mère.

Lorenzo Gabriele réalise avec La Soif de vivre un film tout en pudeur sur un problème de santé publique qui tue près de 50 000 Français par an. L’alcoolisme de Lisa n’est jamais cité directement, Vincent et Thomas préférant parler de « la maladie de maman ». Un euphémisme qui en dit long sur l’ambiguïté d’une addiction admise culturellement dans la société française.

Claire Keim, quant à elle, livre une prestation poignante d’une mère aussi attachée à ses enfants qu’à sa bouteille de vodka. À vif et tout en impulsivité, elle parvient à faire de Lisa une figure de « l’alcoolisme domestique », celui dont on ne parle pas, celui qui tue et détruit des familles.


L. H. 

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La fiction sera suivie d'un débat présenté par Julian Bugier.

Claire Keim (Lisa)

« J’ai été profondément touchée par le fait que nous sommes ici dans le regard d’un enfant, impuissant devant la descente aux enfers de sa mère, qui, malgré tout l’amour qu’elle a pour lui, perd pied. J’ai voulu donner corps à cette femme traumatisée qui revient sans cesse vers l’alcool comme pour mieux se détruire. J’ai voulu explorer le thème de l’addiction, comprendre ses rouages et tendre une main, peut-être, à tous ceux qui se débattent avec ce drame. L’alcool a mille visages, l’addiction aussi, et j’espère sincèrement n’avoir trahi personne. Je souhaite juste que ma proposition trouve écho chez ceux qui se battent, souvent contre eux-mêmes.

Grégory Montel (Vincent)

« À la lecture du scénario, j'ai tout de suite été happé par l'histoire de cette femme alcoolique en train de détruire sa famille. L'alcoolisme est finalement un sujet très peu traité à la télévision, alors que cela touche malheureusement plus de personnes que ce qu'on imagine. Le personnage du père, que j'interprète, m'a attiré par ses nuances et son ambiguïté : si l'amour qu'il porte à sa femme est évident, on voit qu'il est complètement dépassé par l'ampleur du problème, comme dans une forme de déni. Pourquoi ne se reprend-elle pas en main ? Lorsqu'il réalise que c'est évidemment plus compliqué que cela, il est presque trop tard : la famille est en train d'exploser, les enfants sont détruits de voir leur mère dans cet état. J'ai trouvé très intéressant de me mettre dans la peau de cet homme, tout d'abord impuissant mais qui va chercher dans ses ressources intérieures et son amour profond la force de protéger ses enfants et d'aider vraiment sa femme pour la sortir du gouffre. »

Hélie Thonnat (Thomas)

« Je trouve que le scénario raconte une belle histoire, même s'il montre le quotidien difficile de certaines familles. Pour me préparer, je me suis juste demandé comment je réagirais si j’étais dans la même situation que Thomas, alors j’ai juste essayé d’être naturel. J’ai été très bien entouré et conseillé pendant le tournage et j’ai découvert tous les métiers qui permettent qu’un film se construise. Je me suis super bien entendu avec tout le monde. C’était vraiment une expérience formidable ! »